Criminaliste recherché à l'Aide juridique

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Me Marie Fillion, directrice générale de l'Aide juridique, veut s'assurer que le service à la clientèle demeure primordial. ­

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Le service de l'Aide juridique du Saguenay-Lac-Saint-Jean embauchera un nouveau criminaliste afin de répondre à une demande grandissante de dossiers criminels. Une décision qui suscite tout de même des réactions (lire autre texte).

Une annonce a été publiée dans les dernières heures sur le site Internet Droit.inc, précisant que le Centre communautaire juridique du Saguenay-Lac-Saint-Jean est à la recherche d'un avocat pour un poste permanent au bureau de Chicoutimi.

Cet ajout sera effectif au plus tard le 11 septembre. Ce nouvel avocat et l'embauche récente de deux employés de soutien permettront de donner un coup de main aux avocats de la pratique privée.

« Plusieurs des personnes accusées au criminel recourent à l'aide juridique. Il faut du personnel pour répondre à la demande. Lorsque la Cour suprême du Canada a rendu sa décision dans l'arrêt Jordan (délai de 18 mois en Cour du Québec et de 30 mois en Cour supérieure), le ministère de la Justice a autorisé l'embauche de nouveaux juges et de nouveaux avocats à la Couronne », explique Me Marie Fillion, directrice générale de l'Aide juridique régionale.

Dans un deuxième temps, le ministère de la Justice a analysé les besoins dans les différents services d'aide juridique du Québec. 

Les bureaux régionaux ont déposé des demandes et celles-ci ont été analysées en tenant compte des statistiques de chaque bureau.

« Il n'y avait rien eu pour l'Aide juridique lors de la première attribution. Aujourd'hui, le ministère a jugé bon de créer des postes à la Commission des services juridiques, qui chapeaute les 11 services d'aide juridique au Québec. Nous avons fait nos représentations et l'organisation a déterminé que nous avions besoin d'un criminaliste de plus et de deux personnes en soutien. Nous en sommes très heureux, car il est très difficile d'avoir du personnel supplémentaire », ajoute Me Fillion.

Celle-ci précise que ce personnel supplémentaire devrait donner un coup de main aux avocats du privé, qui remplissent des mandats de l'aide juridique.

« Car même si un avocat au privé prend un client à l'aide juridique, il doit en obtenir le mandat auprès de notre bureau. Il y a des recherches à faire pour s'assurer que le client est admissible. Le personnel de soutien et l'avocat permettront de lancer les mandats plus rapidement afin de respecter les délais », note la directrice générale de l'aide juridique régionale.

Me Fillion est consciente que les cas touchant l'arrêt Jordan ne sont pas monnaie courante.

« Nos avocats doivent être prêts au respect des délais. »

« Il n'y a pas eu beaucoup de cas Jordan dans la région, mais il pourrait y en avoir dans le futur », note Me Fillion.

Les avocats au privé se questionnent

Les criminalistes de la pratique privée ne comprennent pas la nécessité de créer un poste d'avocat à à l'Aide juridique pour combattre les délais de l'arrêt Jordan, alors que les jeunes peinent à trouver des clients.

Cette annonce a soulevé quelques interrogations au cours des derniers jours.

En plus de la volonté d'embaucher un nouvel avocat, le fait que l'annonce insistait pour dire que ce criminaliste permettrait de réduire les délais en lien avec l'arrêt Jordan a soulevé des critiques. 

« On a l'impression que l'on veut faire valoir au public que le gouvernement fait des efforts pour contrer Jordan, alors qu'il n'y a encore eu aucun ou à peu près pas de cas au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce n'est pas justifié », note un criminaliste saguenéen.

« Autre élément qui est décevant, c'est que des jeunes criminalistes du privé ont déjà de la difficulté à se trouver une clientèle. Ils tentent de faire leur place, mais ce n'est pas facile. Je ne peux pas croire qu'il manque de criminalistes dans la région », ajoute l'avocat au privé, qui préfère ne pas être identifié.

Celui-ci préférerait des ajouts au sein du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), là où les procureurs sont débordés. 

« Il manque de ressources et certains procureurs ne peuvent avoir de poste à temps complet. Ça n'aide pas le département à respecter les délais », reprend l'avocat au privé, qui préfère ne pas être identifié.

Une avocate de la relève abonde dans le même sens. 

« Une chose est certaine, il ne manque pas de criminalistes dans la région. Et cette embauche n'a pas de lien avec l'arrêt Jordan. Que l'on nous parle d'un manque de juges, de procureurs de la Couronne, de salles d'audience ou de personnel pour Jordan, je peux comprendre, mais il ne manque pas de criminalistes. C'est étonnant de lire ça », dit-elle.

« Les jeunes avocats s'arrachent la tête souvent pour avoir du travail. Un avocat de plus à l'Aide juridique va nous enlever des clients. On se fait couper l'herbe sous les pieds », a-t-elle conclu.




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