Un ex-militaire risque deux ans pour du GHB

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Olivier Côté-Vachon recevra sa sentence le 26 juillet, la même journée où il sera officiellement congédié des Forces armées canadiennes.

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La procureure de la Couronne, Me Karen Inkel, croit que l'ex-militaire Olivier Côté-Vachon, qui a fourni du GHB à des amis le soir du 31 décembre 2015, devrait passer les deux prochaines années derrière les barreaux et être soumis à une probation de 36 mois.

La représentante du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a fait cette suggestion à la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec, mardi matin.

Lors de ses plaidoiries, Me Inkel a plaidé qu'il fallait donner une peine dissuasive et dénonciatrice en raison de la gravité objective des gestes posés par le jeune homme de 28 ans.

Il faut se souvenir que le GHB donné par Côté-Vachon a amené deux individus à être transportés d'urgence à l'hôpital, qu'ils ont été intubés et que l'un d'eux a dû être réanimé à la suite d'un arrêt cardiaque.

Me Inkel a revu à la baisse la peine de détention, car au départ, elle songeait plutôt à 30 à 36 mois de pénitencier. Elle a notamment tenu compte de l'âge de l'accusé.

La procureure de la Couronne a notamment fait valoir qu'elle ne croit pas que l'accusé se soit complètement réhabilité, car il a commis deux bris de condition durant sa liberté, notamment de s'être trouvé dans des débits de boisson alors que ça lui était interdit.

« Il y a eu du trafic de stupéfiants, de la négligence causant des lésions, qui ont été importantes, car une personne a eu un problème cardio-respiratoire. Et il y a eu des bris », note Me Inkel.

La procureure de la Couronne croit qu'il faut imposer une peine dissuasive en raison de l'importance que prennent les infractions reliées aux stupéfiants.

« Les stupéfiants sont malheureusement un fléau et cela en est réellement un. On voit de plus en plus de GHB consommé chez les jeunes de façon récréative, ce que l'on ne voyait pas auparavant. C'est un message que l'on doit envoyer aux jeunes et à la société en général », note-t-elle.

De plus, le ministère public a précisé que l'accusé aurait dû aviser les victimes des conséquences possibles de la consommation de cette drogue aux effets rapides et importants. 

« Les victimes ne savaient pas vraiment ce qu'elles prenaient. Elles avaient demandé du fort (boisson forte) et se sont retrouvées avec du GHB. »

« Quant aux impacts de la médiatisation, l'accusé est un militaire et les gens sont en droit de s'attendre à un meilleur comportement de ceux-ci, comme c'est le cas avec les policiers et les avocats. Et il y a aussi eu la situation dans laquelle l'histoire s'est produite », a repris Me Inkel, précisant que la médiatisation n'avait pas été invoquée dans le dossier du multirécidiviste de l'alcool au volant, Yves Martin.

La juge Boillat rendra sa décision le 26 juillet, le jour même où Côté-Vachon sera officiellement congédié de l'armée.

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Me Karen Inkel

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Me Charles Cantin, avocat

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Sorti de l'armée pour déshonneur

Olivier Côté-Vachon ne quittera pas les Forces armées canadiennes par la grande porte. Il ne sera plus à leur emploi à compter du 26 juillet, car il a été sorti pour déshonneur.

L'individu de 28 ans s'est présenté à la barre des témoins afin de livrer ses commentaires à la juge.

Conséquences

Interrogé par son avocat, Me Charles Cantin, sur les conséquences de sa culpabilité, le Jonquiérois a avoué qu'il sera sorti de l'armée sous peu. 

« Je suis militaire jusqu'au 26 juillet et ensuite je serai libéré des Forces armées canadiennes. Après mon plaidoyer de culpabilité, mon dossier a été envoyé à Ottawa. Un comité a analysé mon dossier et les membres ont pris la décision de mettre un terme à mon contrat. Ils sont sensibles aux affaires de drogue », a d'abord expliqué l'accusé.

« Comme j'étais dans l'armée depuis 11 ans, j'avais le grade de caporal et j'avais un salaire d'environ 70 000 $. Je le perds, de même que mon régime de retraite. J'aurais été admissible à une retraite à 43 ans », a-t-il ajouté.

En contre-interrogatoire, Me Karen Inkel (Couronne) lui a demandé, concernant son départ de l'armée, s'il avait été sorti pour déshonneur. « Oui », a confirmé l'accusé.

Pardon

Avant de quitter le tribunal, Olivier Côté-Vachon a tenu à demander pardon aux deux victimes de la malheureuse soirée.

« Il est probablement vrai qu'elles n'étaient pas des consommatrices habituées. Je veux leur demander pardon. J'ai fait preuve d'imprudence et de négligence. Heureusement, tout le monde est encore là pour en parler », d'ajouter le Jonquiérois, dont l'avocat a demandé une peine de 240 heures de travaux communautaires.

Côté-Vachon a hâte que cette mauvaise histoire soit chose du passé. Il ne se considère pas comme un criminel, du moins pas comme ceux qui vivent de leur crime ou qui veulent monter les échelons d'une organisation criminalisée.




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