La défense veut éviter la prison pour le militaire

Le militaire Olivier Côté-Vachon perdra son emploi dans... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le militaire Olivier Côté-Vachon perdra son emploi dans les Forces armées canadiennes au terme des procédures judiciaires.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Les gestes posés par le militaire Olivier Côté-Vachon, qui a donné du GHB à des invités, ne devraient pas lui valoir plus que 240 heures de travaux communautaires, un sursis de sentence et une probation de trois années. C'est la suggestion faite par Me Charles Cantin, qui représente l'accusé, à la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec.

L'homme de 28 ans a plaidé coupable à des accusations de trafic de stupéfiants (GHB), de négligence criminelle causant des lésions et de bris d'engagement.

Dans la nuit du 29 au 30 décembre 2015, Côté-Vachon a invité des gens à terminer la soirée, entamée dans des bars, à son domicile de la rue Saint-Hubert, à Jonquière.

Durant la célébration, des « shooters » au GHB ont été servis aux convives sans que ceux-ci sachent véritablement ce qu'ils consommaient. Quatre personnes ont été intoxiquées, deux ont été conduites à l'hôpital et une a subi un arrêt respiratoire.

Au moment de plaider sur la sentence, Me Charles Cantin a justifié sa demande de travaux communautaires sur le fait que les victimes ne vivent pas de conséquences de cet événement et que l'accusé n'est pas un trafiquant de stupéfiants.

« Il est accusé de négligence criminelle causant des lésions. Il y a eu intubation le soir même, mais les victimes n'ont gardé aucune séquelle de cette soirée. Elles sont venues le confirmer. »

« Concernant le trafic, mon client a fourni du GHB ce soir-là, mais ça ne fait pas de lui un trafiquant de drogue pour autant. Il n'a pris personne au piège, car il a dit qu'il offrait du ''GH'' à ses invités », précise Me Cantin.

Celui-ci a aussi insisté sur la réhabilitation de Côté-Vachon, sur le bon rapport présentenciel et les résultats positifs de tests de dépistages d'alcool ou de stupéfiants afin d'éviter de l'incarcérer.

Quant à Me Karen Inkel, de la Couronne, elle fera ses représentations sur la sentence vendredi matin.

Emploi perdu

Des témoins de la défense sont venus dire au tribunal que le jeune homme s'était repris en main depuis les événements de décembre 2015 et qu'il semblait être dans la bonne direction, malgré deux bris de condition au cours des derniers mois.

De plus, Olivier Côté-Vachon a appris qu'il perdrait éventuellement son poste dans les Forces armées canadiennes à la suite de ces événements.

De la drogue du viol sans le savoir

Deux victimes du militaire Olivier Côté-Vachon ont confirmé avoir consommé du GHB, la drogue du viol, mais ne savaient pas ce qu'elles buvaient. Les deux hommes ont fini leur soirée à l'hôpital et l'un d'eux a subi un arrêt respiratoire.

« J'ai bien vu que les gens s'apprêtaient à prendre des shooters. J'ai demandé ce que c'était et j'ai cru entendre que c'était du gin. Je n'avais jamais pris ça de ma vie et je ne savais pas ce que ça pouvait goûter », a répondu un premier témoin aux questions de Me Inkel. « J'ai pensé que c'était safe, car tout le monde en prenait. Mais cinq ou dix minutes plus tard, je me suis senti entièrement chaud. Je suis allé à la salle de bain, car je ne filais pas. À partir de là je n'ai aucun souvenir, sauf lorsque j'étais à l'hôpital », a ajouté le jeune homme, qui a subi un arrêt respiratoire et qui a dû être réanimé.

En contre-interrogatoire, Me Charles Cantin s'est informé s'il avait été question de GHB lors de la soirée.

« Oui, il y a eu des commentaires sur le GHB. Je n'avais aucun doute qu'il y en avait. Mais je ne savais pas que ça pouvait être liquide. J'ai toujours pensé que c'était en comprimé ou en poudre. Il est possible qu'Olivier Côté-Vachon ait dit que c'était du GH dans les verres de shooters, mais moi j'ai entendu du gin », a conclu la victime.

Quant au premier témoin, il a avoué avoir consommé de la boisson (bières et shooters) dans des bars, où se trouvait Côté-Vachon, mais ne savait pas que le shooter de GH, consommé au domicile de l'accusé, était en fait du GHB.

« Lors de la soirée, j'ai demandé à prendre du fort et Côté-Vachon est arrivé avec une bouteille au liquide transparent. Il ne s'est pas caché pour dire que c'était du GH. Comme je ne prends aucune drogue, alors je n'ai pas pensé que c'était du GHB. »

« C'est moi, je crois, qui ai versé les verres aux autres. Lorsque j'ai goûté au shooter, j'en ai pris la moitié et je n'ai pas aimé ça. J'ai commencé à me sentir mal. J'étais euphorique, mais à un moment donné je ne pouvais plus parler. Ensuite je me suis retrouvé à l'hôpital », a admis la seconde victime, précisant ne plus avoir de séquelles de cette mésaventure.




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