Procès de Philippe Lajoie: Marc Sénéchal témoigne

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Le policier Philippe Lajoie fait face à des accusations de voies de fait simples.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le procès du policier Philippe Lajoie, de la Sécurité publique de Saguenay, accusé de voies de fait simples sur un étudiant de l'UQAC à la suite d'événements survenus le 5 novembre 2015, s'est poursuivi pour une troisième journée au Palais de justice de Chicoutimi. Le capitaine et enquêteur Marc Sénéchal, responsable de l'administration policière et de l'application des normes professionnelles, était appelé à témoigner.

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Le capitaine et enquêteur Marc Sénéchal (à droite), responsable de l'administration policière et de l'application des normes professionnelles, était appelé à témoigner.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Cette soirée-là, vers 4 h du matin, l'étudiant en état d'ébriété avancé, accompagné d'un ami, a été mis en état d'arrestation par les policiers Philippe Lajoie et Valérie Desgagné. Une vidéo de surveillance installée sur le stationnement de l'UQAC montre que l'individu a été projeté au sol à deux reprises. La seconde fois, l'individu aurait reçu un coup d'avant-bras ou de poing, d'où l'accusation de voies de fait simples portée par la Couronne.

Lors de l'enquête en voir-dire, Me Dominic Bouchard a interrogé longuement M. Sénéchal sur les démarches d'enquête qu'il a entreprises à la suite du visionnement de la vidéo. M. Sénéchal a relaté qu'un coup aurait été porté par le policier et qu'en vertu de la Loi sur la police, il se devait d'enquêter, et ce, en collaboration avec le ministère de la Sécurité publique et de la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Me Bouchard a tenté d'interroger le témoin sur d'autres enquêtes en déontologie qu'il mène actuellement sur d'autres policiers de son service, des questions auxquelles s'est opposé le représentant de la Couronne, Me Mathieu Rochette. 

Le coeur du débat en voir-dire a porté sur une rencontre de M. Sénéchal avec le policier Lajoie, le 1er décembre 2015, où le policier a été informé de ses droits constitutionnels l'informant qu'il a droit au silence et à l'assistance d'un avocat. Me Bouchard a tenté de convaincre le juge que cette mise en garde aurait dû être émise de nouveau au policier Lajoie lors d'une seconde déclaration du policier Lajoie le 10 décembre à la suite d'une demande de précisions déposée par M. Sénéchal.

Le juge Pierre Lortie en est arrivé à la conclusion que même si une seconde mise en garde aurait été préférable, la première mise en garde suffisait et qu'aucune pression n'a été exercée sur le policier Lajoie puisque le tout s'est déroulé dans un climat correct, a commenté le juge.

L'enquête en voir-dire a permis d'apprendre que la policière Desgagné a fait l'objet d'une rencontre d'une dizaine d'heures au cours de laquelle elle a été longuement été interrogée par M. Sénéchal accompagné du capitaine Denis Turcotte, et ce, entre 7 h 52 et 17 h 44 le 18 novembre 2015. M. Sénéchal a relaté que Mme Desgagné avait pu bénéficier de périodes de pauses pour consulter son avocat et son représentant syndical. Vers la fin de l'après-midi, la policière aurait fait savoir qu'elle devenait mal à l'aise d'avoir à juger du travail de son collègue Lajoie et aurait laissé entendre à ses interrogateurs qu'on voulait la traiter de menteuse.

Me Bouchard a tenté de mettre en doute la crédibilité de M. Sénéchal face à son rôle d'enquêteur sur le travail de ses collègues et de responsable de l'application du code de déontologie.

À la suite de l'admission en preuve des deux déclarations, l'étudiant concerné a témoigné pour affirmer sous serment qu'il avait subi un black-out et n'avait aucun souvenir de son arrestation en raison de la consommation de boissons alcooliques fortes à partir de 22 h en soirée. Du cannabis aurait été consommé à bord du véhicule. Ce dernier a visionné le vidéo le 17 décembre 2015 après que M. Sénéchal lui ait téléphoné pour lui demander de remplir une déclaration en relation avec une enquête qu'il dirigeait. Le témoin a affirmé n'avoir subi aucune blessure sérieuse outre des douleurs au dos, une petite cicatrice à la main ainsi qu'une arcade sourcilière légèrement amochée à l'oeil gauche. L'individu a témoigné que les lunettes qu'il portait à l'époque n'ont pas été brisées.

Le procès se poursuit mardi matin avec le témoignage en vidéo-conférence de la policière Valérie Desgagné.




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