Séquestration sur la Côte-Nord: le Devils Ghosts reste incarcéré

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Les trois individus sont accusés d'avoir enlevé une femme, le 23 décembre dernier, sur la Côte-Nord. Ils l'ont amenée de force à Chicoutimi, menacée et frappée. Elle a subi de nombreuses blessures.

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Le tribunal s'est assuré que François Gagné, accusé d'avoir séquestré une femme pour obtenir des informations sur un réseau de trafiquants de drogue sur la Côte-Nord, ne puisse menacer et s'en prendre à quiconque en le gardant en détention.

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Il a été démontré que François Gagné est la tête dirigeante du groupe. Il possède de nombreux antécédents judiciaires.

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Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a rendu, jeudi après-midi, sa décision à la suite de l'enquête de remise en liberté de François Gagné et Anne Pearson (voir autre texte).

Cette affaire d'enlèvement est digne d'un scénario de film hollywoodien. Gagné, considéré comme un membre des Devils Ghosts (groupe affilié aux Hells Angels), Anne Pearson et Francis Lavoie sont accusés de séquestration, d'emprisonnement, de complot, de voies de fait, de voies de fait avec lésions, d'utilisation d'une arme à feu, d'utilisation d'un coupe-cigare dans un dessein dangereux, d'avoir déchargé une arme à feu et d'avoir défiguré la victime.

Ils font face à des accusations d'invasion de domicile (3), de port d'un déguisement, de possession de stupéfiants, de trafic de drogue et de possession d'armes prohibées sans avoir les permis. Des accusations graves et importantes qui pourraient valoir des peines minimales de quatre années de pénitencier.

Les événements se sont déroulés le 23 décembre 2016. Les individus se trouvent sur la Côte-Nord et une personne soupçonne la victime d'avoir parlé à la police.

Ils décident de l'interroger afin de connaître les noms des revendeurs de drogue, les caches de drogue et les clients. La dame a dû se déshabiller afin que l'on s'assure qu'elle ne cachait rien de compromettant.

« Ils l'ont ramenée à Chicoutimi. Elle a été attachée sur une chaise et Anne Pearson a tenté de la faire parler. La victime a été frappée avec une botte au visage. Elle a reçu des menaces », a résumé le juge Boudreault.

« Après l'interrogatoire, le groupe est retourné sur la Côte-Nord et voulait collecter chez des gens. Ils ont menacé la victime de lui couper un doigt avec un coupe-cigare si elle ne parlait pas. On lui a tiré des plombs à la cuisse. La victime a reçu un plomb dans une joue aussi », a poursuivi le magistrat.

Les trois accusés ont été arrêtés le 28 mars à la suite d'une enquête serrée de la Sûreté du Québec.

Il a été démontré que François Gagné est la tête dirigeante du groupe. La SQ dit qu'il est membre des Devils Ghost, un groupe associé aux Hells Angels. Gagné, 45 ans, possède de nombreux antécédents judiciaires, dont des accusations pour des bris de condition.

« Les accusations sont graves, importantes et multiples contre François Gagné. Il a fait usage de violence, a commis des invasions de domicile. Un enregistrement témoigne de la violence utilisée contre la victime. Même la caution de M. Gagné a refusé de l'héberger en apprenant ce pour quoi il était accusé. Il n'a donc pas réussi à démontrer au tribunal qu'il pouvait reprendre sa liberté. Il a offert uniquement 500 $ en dépôt. C'était insuffisant. Il lui restait juste sa parole et elle n'est pas très fiable. Il y a aussi une probabilité marquée de dangerosité et la détention est souhaitable et nécessaire », de noter le juge Boudreault.

Me Gitane Smith, qui représente les intérêts de Gagné, avoue que son client est déçu de la tournure des événements.

« Il était conscient que la côte était dure à remonter. On devait démontrer qu'il pouvait reprendre sa liberté et c'était plus difficile à faire. On verra pour la suite des choses. Nous n'avons pas encore analysé toute la preuve et nous ne sommes pas au stade de déterminer qu'un procès se tiendra », note Me Smith.

Selon le juge Michel Boudreault, tout indique qu'Anne... (Tirée de Facebook) - image 2.0

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Selon le juge Michel Boudreault, tout indique qu'Anne Pearson aurait agi sous les ordres de François Gagné.

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Anne Pearson: libérée malgré des gestes de violence

Même si Anne Pearson est accusée d'avoir battu sa victime et d'avoir menacé de lui couper un doigt avec un coupe-cigare, le tribunal a accepté de la remettre en liberté, estimant que ses cautions étaient crédibles, sérieuses et importantes.

Dans la preuve administrée lors de l'enquête de remise en liberté, le juge Michel Boudreault indique que rien ne démontre que la femme de 37 ans soit membre d'une organisation criminelle et tout indique qu'elle aurait agi dans cette affaire sous les ordres de François Gagné.

« Même si la preuve est à parfaire, il ne faut pas oublier que Mme Pearson a été la première à entrer dans des domiciles et à commettre des gestes de violence. Mais je ne suis pas là pour la condamner ou l'acquitter », a expliqué le juge.

« L'accusée a collaboré à l'enquête et a même fait une déclaration inculpatoire. Elle n'a aucun antécédent et sa criminalité est récente. Je crois qu'elle pourrait bien respecter ses conditions de remise en liberté. En plus, les gens qui se portent cautions pour elle sont prêts à l'aider, mais aussi à la dénoncer dès le moment où elle ne respectera pas ses conditions. Je crois qu'elle a eu sa leçon, surtout que sa fillette lui a dit ne pas être fière d'elle », a indiqué le juge.

Une caution a déposé 5000 $ pour assurer la liberté de Pearson et sa bonne conduite. L'accusée s'est engagée pour 3000 $ sans dépôt. Elle devra respecter un couvre-feu sauf exception. Elle ne pourra avoir de cellulaire et ne doit pas être en contact avec une quinzaine de personnes.

« Elle est satisfaite de la décision du juge. Elle reprend sa liberté en attendant le procès. Nous ne sommes pas encore rendus à l'étape du procès, surtout que l'enquête n'est pas terminée », note Me Olivier Théorêt, avocat de l'Aide juridique.

« Il est encore trop tôt pour déterminer quel genre de défense l'on peut avoir. Nous allons analyser la preuve et nous allons nous attaquer à la préparation du procès. »

Me Théorêt ne cache pas qu'il y a une certaine inquiétude quant à la sécurité d'Anne Pearson étant donné que son présumé complice, François Gagné, l'a menacée alors qu'ils étaient en prison, mais il croit que les interdictions seront respectées pour tous. L'adresse où elle va demeurer reste secrète.

Quant au troisième accusé, Francis Lavoie, son avocat, Me Julien Boulianne, tiendra l'enquête de remise en liberté en début de semaine prochaine.




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