Pascal Pilote plaide coupable et songe à démissionner

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Pascal Pilote

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Le conseiller municipal et homme d'affaires d'Alma, Pascal Pilote, a plaidé coupable aux accusations de harcèlement criminel envers son ex-conjointe et de bris de promesse. Il recouvre sa liberté pour quelques jours avant d'entreprendre une thérapie de 30 jours à la maison Le Futaie, de Saint-Fulgence.

L'homme de 41 ans avait été arrêté le jeudi 9 mars par les policiers de la Sûreté du Québec à la suite d'une plainte de la femme qui a partagé sa vie durant une quinzaine d'années.

Pilote n'avait alors pas été en mesure de convaincre le tribunal de le libérer immédiatement, l'obligeant à passer six journées derrière les barreaux.

Mardi, le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, devait entendre l'enquête de remise en liberté du client de Me Charles Cantin, mais ce dernier et Me Mélanie Paré, de la Couronne, ont plutôt annoncé que l'accusé était pour régler ces deux dossiers.

« Le harcèlement a duré à peu près six années. La situation a commencé à dégénérer en 2012 alors que M. Pilote a tenu des paroles menaçantes envers la plaignante et des gens de son entourage. Ce fût plus marqué dans les derniers mois au point où la dame a enregistré les conversations », a expliqué Me Paré.

« Le couple est séparé depuis 2013. Madame ne travaille pas et se trouve sous un régime de dépendance et de violence verbale et psychologique », a résumé la procureure de la Couronne.

En défense, Me Cantin a fait savoir que son client reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés.

« Nous ne nions pas les faits, mais lors des représentations sur sentence (7 septembre), nous aurons des éléments à faire valoir de notre côté. Nous demandons la confection d'un rapport présentenciel afin de permettre au tribunal de mieux connaître M. Pilote », a précisé Me Cantin.

Me Paré a d'ailleurs abondé dans le même sens pour le rapport prédécisionnel.

« Bien des gens connaissent M. Pilote par le biais de ses activités publiques, mais moi je ne le connais pas vraiment », indique Me Paré.

En plaidant coupable, Pascal Pilote peut recouvrer sa liberté à la condition de suivre une thérapie de 30 jours à Le Futaie à compter du 19 mars.

Entre-temps, il subira son procès le jeudi 16 mars pour une affaire de menaces et de voies de fait causant des lésions lors d'une altercation survenue en juin 2016 en face du restaurant-bar Mario Tremblay, à Alma. À moins que les parties en viennent à une entente.

Pascal Pilote a déposé une somme de 3000 $ pour assurer sa liberté et rassurer le tribunal voulant qu'il respecte les conditions de remise en liberté. Une proche a aussi déposé 2000 $. Il lui sera interdit d'entrer en contact avec son ex-conjointe et d'autres présumées victimes dans d'autres dossiers. Il ne peut discuter avec son coaccusé, Jeffrey Chenard, dans le dossier de voies de fait causant des lésions.

Il ne pourra consommer de l'alcool et des stupéfiants et voir un psychologue à sa sortie de la thérapie.

« Je vais probablement démissionner »

Selon toute vraisemblance, le conseiller municipal Pascal Pilote quittera le monde politique dans les prochaines heures.

Sans dévoiler la teneur d'un communiqué de presse qui devrait être publié mercredi par la Ville d'Alma, M. Pilote a laissé voir qu'il ne voulait plus être une personnalité publique.

« Je vais rencontrer le maire Marc Asselin mercredi afin de faire le point sur mon avenir politique. La Ville devrait ensuite publier un communiqué de presse en lien avec la rencontre. Mais cela ne signifie pas que je vais quitter », a d'abord mentionné l'élu municipal, lors d'une brève conversation téléphonique avec le journaliste du Quotidien.

« En fait, je vais probablement remettre ma démission, a-t-il immédiatement repris. Je ne serai alors plus une personnalité publique. Je pourrai me reposer et me rapprocher de mes quatre enfants », a poursuivi Pascal Pilote, qui dit comprendre le malaise qui peut subsister au sein du conseil municipal d'Alma.

Ce dernier ne cache pas que les derniers mois et plus particulièrement les derniers jours ont été difficiles pour lui et sa famille. Au tribunal, il avait les traits tirés par la fatigue.

Maintenant qu'il a un casier judiciaire officiel (culpabilité pour harcèlement criminel et bris de promesse), le président du Centre des drones d'Alma et conseiller municipal pourrait d'ailleurs ne pas avoir le choix de quitter l'arène politique. Un casier judiciaire peut avoir une influence négative sur un élu.

À la Ville d'Alma, Audrey-Claude Gaudreault, du bureau des communications, a mentionné que le maire Marc Asselin a pris acte des plaidoyers de culpabilité du conseiller municipal et qu'il devrait procéder à une analyse dans les heures à venir.

Il veut se reprendre en main

« Oui j'admets ce que j'ai fait. Je veux me reprendre en main. Ce séjour en prison m'a permis de réfléchir. Ça m'a réveillé. Je n'acceptais pas ma séparation. Je l'ai acceptée maintenant. Je vais prendre mes distances avec madame (ex-conjointe). Je suis conscient qu'il y aura des conséquences, mais je veux tout de même redevenir un actif pour la société. Je m'engage à respecter les conditions et je veux me replacer. »

Pascal Pilote n'a pas caché que la période de six jours derrière les barreaux l'a amené à réfléchir et à songer à ce qu'il voulait faire. Il a démontré certains regrets envers la situation lorsqu'il s'est adressé au juge Hudon.

Même si l'accusé semble vouloir reprendre le droit chemin, cela n'empêchera pas le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de demander une peine d'emprisonnement ferme pour le harcèlement criminel, qui aura duré près de six années auprès de son ex-conjointe.

« Les propos de M. Pilote se confirmeront par des rapports détaillés de la thérapie. Les garanties offertes pour la remise en liberté nous ont satisfaits. Nous sommes devant une situation où monsieur a peut-être compris, par la détention, le sérieux du message des accusations déposées contre lui », note Me Mélanie Paré, de la Couronne.

Celle-ci n'a pas voulu s'avancer sur la peine qui sera demandée, mais laisse voir qu'elle pourrait demander du pénitencier (plus de deux ans) en raison du crime et de la durée de celui-ci.

En défense, Me Charles Cantin était confiant d'en venir à une entente avec la Couronne. Il indique que les parties avaient entamé des négociations dès vendredi dernier afin de trouver un terrain d'entente sur les dernières accusations.

« Cela nous a amenés à régler les dossiers afin d'assujettir des conditions qui respectent la remise en liberté de mon client. Je ne pense pas que le séjour en prison a été un facteur d'influence direct de la décision, mais cela a pu l'amener à une réflexion. »

« Mon client a vécu une période difficile récemment. Il veut maintenant se réorganiser », a précisé Me Cantin.




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