Après le dépanneur, la prison

Le commerçant d'Alma Raynald Régnier a été condamné... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Le commerçant d'Alma Raynald Régnier a été condamné à 18 mois de prison.

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Raynald Régnier, propriétaire d'un dépanneur sur la rue Melançon, à Alma, reçoit une sentence de 18 mois de détention pour avoir possédé, distribué et rendu accessible de la pornographie juvénile entre 1998 et 2015.

Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a rendu la sentence, mardi matin, au Palais de justice d'Alma. La Couronne réclamait 36 mois de pénitencier, alors que la défense demandait une sentence de deux ans moins un jour en société, une probabilité rapidement écartée par le juge.

L'homme de 55 ans a été arrêté le 25 février 2015 à la suite d'une perquisition menée par les policiers de la Sûreté du Québec. Au fil des recherches, ils ont trouvé 71 548 fichiers graphiques et 2407 fichiers animés d'enfants âgés de quelques mois seulement à une douzaine d'années.

Les images ont été catégorisées « pédopornographiques », ce qui implique des actes sexuels allant de la pénétration anale et vaginale à la fellation, en passant par la masturbation et les attouchements aux parties génitales.

D'autres fichiers ont été identifiés comme de la nudité impliquant des jeunes filles dans des positions sexuelles explicites. « Le tribunal a visionné certaines images qu'il aurait aimé ne pas voir, qui sont dégradantes, dégoûtantes et qui dépassent l'imagination. L'avocat de M. Régnier (Me Jean-Marc Fradette) n'a pas voulu les regarder », écrit le juge Hudon.

Régnier n'a pas fait que télécharger les documents, il les a partagés et distribués.

Marié depuis 27 ans, sans enfant, l'accusé a subi l'opprobre de ses proches et amis. Il a été démontré que le visionnement de la pornographie juvénile provoquait un intérêt sexuel chez lui.

Pas conscience

« Pour M. Régnier, en visionnant ce type de pornographie, il ne fait de mal à personne et il n'abuse pas d'enfant, étant même d'avis que tout le monde le fait. Ces actes délictuels ont été commis dans le but de satisfaire ses pulsions sexuelles sans considération des conséquences sur les jeunes personnes apparaissant sur les fichiers », poursuit le magistrat.

Si Régnier ne semblait pas ressentir les conséquences de ses actes, il en fut plus conscient lors de son arrestation. Il en a pris conscience et a débuté un suivi sexologique.

Dans son analyse, le juge Hudon est d'avis que la peine en collectivité ne pouvait s'appliquer, même si celle-ci était possible pour les infractions commises entre 1998 et 2005.

Le juge précise que le ministère public a déposé des actes d'accusation séparés pour diverses périodes d'infraction, ce qui permettait de prévoir la peine minimale de 12 mois que prévoit le Code criminel canadien depuis 2012.

Pour imposer la sentence de 18 mois, le juge Hudon a retenu le nombre de fichiers, la durée des infractions, soit près de 17 ans, l'âge des enfants impliqués, les actes commis sur ces victimes, la connaissance de la problématique de l'accusé, mais l'absence de recherche de service pour régler cette problématique.

En revanche, le magistrat a retenu des éléments positifs comme le plaidoyer de culpabilité, l'absence d'antécédents judiciaires, les regrets et qu'il est un actif pour la société, sans oublier sa participation volontaire à un suivi sexologique.

Si le juge a écarté la peine en société, il est aussi d'avis qu'il ne peut lui infliger une peine de pénitencier.

Le DPCP analysera la décision

« Le juge a rendu une décision écrite assez longue. Nous allons la reprendre et l'analyser davantage afin de voir de quelle manière il a motivé sa décision », a mentionné Me Sirois. « Pour nous, la peine en collectivité n'était pas envisageable en raison de la gravité du crime et des mesures législatives en place (qui prévoient 12 mois minimums d'emprisonnement). Si le juge en a parlé, c'est que Me Fradette avait laissé voir que c'était possible pour son client », a poursuivi Me Sirois.

À sa sortie de prison, l'accusé devra se soumettre à une probation et un suivi de 36 mois, fournir un échantillon d'ADN, s'inscrire au registre des délinquants sexuels.

Les plus vieux fichiers retrouvés dans l'ordinateur de Régnier remontaient au 16 juin 1998 et les derniers ont eu lieu au moment de la perquisition.

Lors de la perquisition policière, Régnier était justement en train de télécharger des images de pornographie juvénile.

Même si l'accusé n'a pas abusé physiquement des jeunes victimes, il y a des enfants qui ont servi d'objets sexuels, a dit le juge ; des traumatismes qui les suivront toute leur vie.

La sergente de l'équipe sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet, Mélanie Bélanger, a qualifié la quantité et la qualité des images de même que la durée des infractions comme représentant un des cas les plus importants qu'elle a eu à traiter depuis les quatre dernières années.




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