Mgr Couture appelé à témoigner mardi

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Le témoignage de monseigneur Jean-Guy Couture pourrait être capital sur la connaissance de l'Évêché de Chicoutimi concernant les agissements de Paul-André Harvey.

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Un juge de la Cour supérieure du Québec (chambre civile) entendra, lundi et mardi, les témoignages du docteur Jean-Paul Fortin et de monseigneur Jean-Guy Couture dans le dossier du recours collectif de 14 millions de dollars intenté contre l'Évêché de Chicoutimi et l'ancien curé Paul-André Harvey.

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L'abbé Paul-André Harvey a abusé de plusieurs dizaines de jeunes filles, entre les années 1963 et 1987, dans plusieurs paroisses de la région. Il a été condamné à six années de pénitencier.

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Ce dernier a reconnu sa culpabilité pour avoir abusé sexuellement de 39 victimes âgées de 8 à 10 ans, entre les années 1963 et 1987, alors qu'il était prêtre dans différentes paroisses du territoire de l'évêché de Chicoutimi.

Il a reçu une peine de pénitencier de six années en septembre 2015.

Au terme des procédures judiciaires criminelles, les victimes ont intenté une poursuite contre l'abbé Harvey et la Corporation épiscopale catholique romaine de Chicoutimi au montant de 14 millions $. Une fois que l'affaire a été ébruitée, le nombre de plaignants est passé de 39 à plus de 60. Chaque victime réclame 175 000 $. Même si le procès civil est encore loin d'être planifié devant le tribunal, les parties impliquées participeront à une procédure un peu particulière, le Ad futuram memoriam (la mémoire du futur).

Les procureurs au dossier souhaitent obtenir les témoignages avant que leur état de santé ne se détériore et qu'ils ne puissent le faire au moment où le procès sera ouvert.

« Cette procédure permet à des témoins d'être entendus devant un tribunal en raison de leur âge et qui fait craindre qu'ils puissent ne plus être en mesure de le faire au procès. Les deux témoins sont d'un âge avancé », explique Me Estelle Tremblay, procureure de l'Évêché de Chicoutimi.

Ainsi, le médecin Jean-Paul Fortin, qui a eu l'abbé Harvey comme patient durant sa carrière, livrera son témoignage, lundi après-midi, dans une salle de l'hôtel Delta, à Jonquière.

Quant à la journée de mardi, elle sera réservée en matinée à de la gestion et à une demande procédurale. Et en après-midi, le témoignage de monseigneur Jean-Guy Couture sera entendu.

Le témoignage de monseigneur Couture pourrait s'avérer capital dans ce dossier de pédophilie impliquant l'abbé Harvey.

Celui qui a été à la tête de l'Évêché de 1983 à 1997 est considéré comme un témoin important afin de déterminer si les autorités du diocèse étaient au courant des frasques de l'ancien curé. Monseigneur Couture a toujours nié avoir été au courant de ces gestes.

Quant au témoignage du médecin à la retraite, il pourrait être basé sur une lettre qu'il a fait parvenir aux autorités religieuses, en particulier à monseigneur Marius Paré, en 1969.

Il écrivait que l'abbé Harvey était très malheureux, dépressif et vivait dans un presbytère où il existait un malaise.

Le docteur craignait que Paul-André Harvey commette des choses irréparables si personne n'intervenait. Mais il ne semblait pas faire allusion à des agressions sexuelles.

Les parties ont aussi demandé à l'abbé Harvey d'autoriser son ex-médecin à renoncer au secret professionnel lors de son témoignage.

Assurances

Au-delà de ces témoignages, un autre aspect retiendra l'attention, dans cette poursuite contre le diocèse et l'abbé Harvey. Il s'agit d'une couverture d'assurance.

La Mutuelle d'assurances des fabriques essaie de faire valoir une clause d'exclusion dans le dossier du Diocèse de Chicoutimi en prétextant que les autorités étaient au courant des agissements de Paul-André Harvey afin de réduire la facture.

La compagnie prétend aussi que l'organisation religieuse n'est plus assurée pour 2 millions de dollars pour chaque accusé, pour chaque fabrique et le diocèse pour des cas comme celui de Paul-André Harvey, mais plutôt de deux millions de dollars pour l'ensemble des requêtes.

Si cela devait s'avérer, cela ferait en sorte de placer la corporation dans une fâcheuse situation financière. Elle ne pourrait assumer la facture du recours collectif.




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