Philippe Lajoie: le juge rejette les requêtes

Philippe Lajoie pourrait bien devoir témoigner pour décrire... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Philippe Lajoie pourrait bien devoir témoigner pour décrire ce qui a pu se passer lors de son intervention auprès d'un conducteur ivre sur le stationnement de l'UQAC.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Même si quelques minutes sont manquantes, les images vidéo de l'intervention du policier Philippe Lajoie sur le stationnement de l'UQAC auprès d'un homme en état d'ébriété décrivent clairement la scène et peuvent être admises en preuve.

Le policier est accusé de voies de fait simple. Il aurait utilisé une force excessive pour maîtriser un individu en état d'ébriété dans son véhicule à la suite d'une fête universitaire.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a rejeté les requêtes présentées par Me Dominic Bouchard, en défense, sur la chaîne de possession des images vidéo et de l'impact des minutes manquantes des deux vidéos. 

Dans la nuit du 5 au 6 novembre 2015, les gardiens de sécurité de l'Université du Québec à Chicoutimi contactent la Sécurité publique de Saguenay (SPS) pour signaler que deux individus dorment dans leur voiture et qu'ils semblent en état d'ébriété.

Selon les images captées par la caméra du pavillon principal de l'université, les agents arrivent sur les lieux et réussissent à faire sortir le conducteur. 

Celui-ci est complètement ivre. Le policier Lajoie parvient à lui mettre les menottes et à le coucher au sol. Quelques instants plus tard, l'homme est relevé et placé près de la voiture. 

Geste inexpliqué

Dans la seconde vidéo, dont les images sont prises à partir de la caméra du pavillon de la Santé, on peut voir l'agent projeter l'accusé au sol. Personne n'en connaît la raison, car entre les deux séquences vidéo, il manque environ trois minutes d'images. 

Me Bouchard a plaidé que ces minutes de vidéos auraient pu fournir une explication sur la manoeuvre effectuée par l'agent Lajoie.

Le juge Lortie a indiqué que la chaîne de possession des images n'a pas été altérée. 

« Concernant les minutes manquantes, elles ne sont pas fatales à leur recevabilité. La poursuite a démontré que les vidéos décrivent clairement la scène », de dire le magistrat, tout en précisant qu'il évaluera éventuellement la valeur probante de la preuve administrée.

Le capitaine aux normes professionnelles de la SPS, Marc Sénéchal, avait reçu les images vidéo du service de sécurité de l'université. Il a témoigné en disant qu'il ne pouvait croire ce qu'il voyait de la part du policier, que ce n'est pas comme ça que le métier lui avait été montré à l'école de police.

À la suite de son enquête interne, M. Sénéchal a soumis le dossier à Me Mathieu Rochette, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Celui-ci a déposé des accusations de voies de fait simple. 

Témoignage possible

La décision du juge Lortie pourrait amener le policier à témoigner et à préciser ce qui s'est produit dans les minutes manquantes des bandes vidéo.

Philippe Lajoie est suspendu de ses fonctions depuis que les accusations ont été déposées en février 2016. Il reçoit la moitié de son salaire hebdomadaire.

Les parties discuteront sous peu de la suite des choses. Les deux procureurs prévoient trois autres journées pour conclure le procès du policier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer