Un vélo Devinci... pour 10 $

Claude Charbonneau a racheté un vélo Devinci semblable... (Archives Le Quotidien)

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Claude Charbonneau a racheté un vélo Devinci semblable à celui-ci d'un individu qui l'avait dérobé dans un garage privé.

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Des offres comme ça, plusieurs personnes en prendraient. Claude Charbonneau a cru faire une bonne affaire en achetant un vélo Devinci d'une valeur de 6000 $ pour la somme de 10 $. L'histoire était trop belle pour durer.

Lorsque les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) ont aperçu l'homme, qui est très bien connu de leurs services, au guidon de ce vélo de couleur rouge et blanc de grande valeur, ils se sont posé quelques questions.

« Je viens de l'acheter, a répondu Charbonneau, à une question des agents. Je l'ai payé 10 $. »

Il va sans dire que la situation a suscité de nombreuses interrogations chez les patrouilleurs de Saguenay, surtout que Charbonneau était connu pour vivre à la Maison des sans-abri de Chicoutimi et qu'il était peu probable qu'il puisse avoir les moyens d'en posséder un.

Au tribunal lundi matin, Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, a mentionné que l'accusé s'était retrouvé avec une connaissance à consommer des stupéfiants. À un certain moment, l'individu lui a offert le vélo pour la faible somme de 10 $.

La bicyclette avait été dérobée dans le garage d'une résidence privée.

Au bout du compte, Charbonneau a été accusé de recel de moins de 5000 $ (on a évalué la valeur du vélo à 4999,99 $). Le vélo a été remis à son propriétaire.

« Mon client a fait de l'aveuglement volontaire, c'est certain », a indiqué Me Jean-François Têtu.

Drogue à la prison

En plus de l'achat illégal du vélo, Charbonneau, qui est âgé de 59 ans, a reconnu sa culpabilité à une possession de stupéfiants et à des menaces faites à l'endroit d'un intervenant de la Maison des sans-abri de Chicoutimi.

« Dans un dossier précédent, il devait se présenter à la prison pour y purger sa peine. Lorsqu'il a été temps de vider le contenu de ses poches, les gardiens de prison ont aperçu un petit sac. Ils ont découvert 0,65 gramme de cannabis dans le sac », a expliqué Me Lebel.

Et comme si ce n'était pas suffisant, l'individu a été expulsé de la Maison des sans-abri de Chicoutimi.

« À la suite d'une discussion, il est devenu agressif à l'endroit d'un des intervenants. Il lui a fait des menaces. Il lui a dit : attends mon gros criss, je vais te passer », a mentionné Me Lebel devant le juge Lortie.

Une fois que les plaidoyers de culpabilité ont été enregistrés officiellement, l'avocat de la défense a laissé entendre qu'il demanderait la confection d'un rapport présentenciel afin de mieux évaluer l'accusé.

« Mon client a été absent du tribunal depuis 2012. Il semble s'être repris en main et je crois que la confection d'un rapport présentenciel pourrait être intéressante », a soumis Me Têtu.

« De plus, il ne demeure plus au Sans-Abri. Il a obtenu un loyer dans un HLM de la rue Lafontaine », a ajouté le criminaliste.

Les représentations sur sentence devraient avoir lieu le 22 mai, le temps que la probation rencontre l'accusé, lui pose des questions et rédige ensuite le rapport qui sera soumis aux avocats et au juge Lortie.

Les deux procureurs plaideront alors les sentences qu'ils estiment appropriées pour les crimes commis au cours des derniers mois.

« Dans mon cas, en tenant compte des antécédents judiciaires et des accusations, j'ai l'intention de demander de la détention », a fait savoir Me Jean-Sébastien Lebel.

Du côté de la défense, Me Jean-François Têtu n'a pas encore fait valoir ce qu'il entendait suggérer au juge Pierre Lortie. Il va attendre les conclusions du rapport.

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