Dossier Yves Martin: la police de Saguenay satisfaite

Yves Martin a écopé 14 ans de pénitencier... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Yves Martin a écopé 14 ans de pénitencier le 26 janvier.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les membres de l'état-major de la police de Saguenay se montrent très satisfaits du travail de leur personnel dans le dossier d'Yves Martin. Ça ne les empêchera cependant pas de tout faire pour améliorer les façons de faire.

Le reconstitutionniste Pierre Girard a offert des conclusions... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.0

Agrandir

Le reconstitutionniste Pierre Girard a offert des conclusions inattaquables au juge et au jury au procès d'Yves Martin.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

L'inspecteur en administration policière, Pierre Girard, estime que... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 1.1

Agrandir

L'inspecteur en administration policière, Pierre Girard, estime que le travail de ses effectifs a été très bien fait du début à la fin du dossier Yves Martin.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

L'inspecteur en administration policière, Pierre Girard, et l'inspecteur aux enquêtes, Denis Gilbert, ont tracé un bilan officiel de l'affaire du chauffard qui a fauché la vie d'une petite famille le 1er août 2015, alors qu'il conduisait en état d'ébriété.

« Nous avions dit que nous étions pour regarder la manière dont avait été menée cette affaire. Au cours des dernières semaines, nous avons fait le tour du dossier une première et une deuxième fois. Denis (Gilbert) a rencontré tout le personnel qui a touché à ce dossier. Nous l'avons décortiqué au complet. La conclusion est que le travail a été bien fait et digne de mention. Nous avons eu l'engagement de tout le monde. Ils ont été professionnels et ont mis une coche de plus », de dire Pierre Girard.

« Nous y tenions à ce dossier. Nous voulions que ça se conclue de façon positive, surtout pour les familles des victimes. Nous n'avons pas ménagé nos efforts », ajoute-t-il.

Autant en enquête préliminaire qu'au procès, le travail du reconstitutionniste Pierre Girard (un autre) a été malmené par la défense. L'avocat a tenté de miner sa crédibilité auprès du jury.

Me Jean-Marc Fradette a contreinterrogé l'expert en scène de collision durant plus de deux jours dans l'espoir de démontrer des failles dans son travail.

« La défense s'est attaquée à sa crédibilité, mais elle n'a pas réussi. En plus, la défense n'a fait entendre aucun autre expert ou un témoin susceptible de remettre en question les conclusions de Pierre Girard. Il a répondu avec précision aux questions multiples de l'avocat. Les conclusions étaient inattaquables aux yeux du juge. »

« Les commentaires du juge (François Huot), du procureur de la Couronne (Me Michaël Bourget) et des familles des victimes à l'endroit de notre personnel témoignent de l'excellence du travail accompli. On doit être fiers de notre personnel », indique M. Girard.

Éléments à améliorer

Maintenant que le dossier semble classé, les membres de l'état-major entendent tout de même analyser les points faibles et forts de l'enquête afin d'être meilleurs pour les dossiers à venir.

« Nous allons nous asseoir avec tous les intervenants et en compagnie du procureur de la Couronne. Il faut voir si des améliorations sont possibles. Je fais le parallèle avec un match de hockey que tu gagnes par 3-0. En analysant la vidéo, tu vas voir que tu as des choses à améliorer. C'est la même chose ici », précise Denis Gilbert.

« Le but est d'être constructifs et meilleurs une prochaine fois. Nous verrons à corriger le tir là où c'est nécessaire », ajoute-t-il.

Libération conditionnelle: le chauffard devra montrer patte blanche

Si Yves Martin souhaite bénéficier de permissions de sorties ou d'une libération conditionnelle, il devra montrer patte blanche.

Fanny Therrien, gestionnaire des communications au Québec pour la Commission des libérations conditionnelles du Canada, précise que des règles strictes et nombreuses entourent la remise en liberté d'un condamné.

Mme Therrien n'a pu analyser le dossier particulier d'Yves Martin. Comme la décision du juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, a été rendue jeudi dernier, le dossier n'est pas encore arrivé aux bureaux de la commission.

« Il est vrai que l'individu pourrait être admissible à une libération conditionnelle au tiers de sa peine (quatre ans et six mois des 14 années imposées) et il pourrait demander des permissions de sorties six mois auparavant (après quatre ans) », mentionne Mme Therrien.

« En général, il faut savoir que la personne doit répondre à plusieurs critères avant d'obtenir une autorisation. Il faut un rapport positif de son équipe de gestion pour que la commission puisse aller de l'avant », note Fanny Therrien.

Parmi les critères à considérer, il y a d'abord et avant tout la sécurité du public. C'est l'élément important.

Yves Martin devra avoir participé à des thérapies à l'intérieur des murs de la prison. Son équipe de gestion analysera sa compréhension des actes qu'il a commis.

« Les familles des victimes et le public en général ont aussi le droit d'émettre des commentaires et des témoignages auprès de la commission. Ils peuvent réagir à l'éventuelle remise en liberté d'un détenu. »

« Les membres de la commission ne sont pas insensibles à l'opinion publique. Ils vont même tenir compte de certains de ces commentaires dans leur décision, comme interdire à un détenu de s'approcher à moins d'un ou deux kilomètres d'une résidence », de dire la porte-parole de la commission.

Et même si Yves Martin montre patte blanche, qu'il offre un plan de sorties solide, qu'il a fait des efforts lors de sa détention, rien ne garantit qu'il obtiendra une oreille attentive à sa première demande auprès des membres de la commission des libérations conditionnelles du Canada.

« Non, ce n'est pas un automatisme. Le dossier sera analysé de fond en comble. Les membres tiendront compte des antécédents, des accusations et des impacts du dossier », conclut Mme Therrien.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer