André Tremblay, en prison 43 ans plus tard pour attentat à la pudeur

Le juge Richard P. Daoust a retenu comme... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le juge Richard P. Daoust a retenu comme facteurs atténuants le plaidoyer de culpabilité d'André Tremblay, l'absence d'antécédent judiciaire, le fait qu'il a été un actif pour la société et qu'il est âgé de 63 ans.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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André Tremblay, de Saint-Honoré, prend le chemin de la prison pour les 14 prochains mois pour avoir commis des attentats à la pudeur sur un adolescent au cours des années 1970 et 1973, il y a plus de 43 ans.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a analysé longuement le dossier de cet ancien chauffeur d'autobus scolaire de 63 ans avant de rendre la sentence.

Il impose d'abord une peine de deux mois de détention ferme pour le premier événement alors que Tremblay était lui aussi d'âge mineur, soit 17 ans. Il ajoute une sentence consécutive de 12 mois de prison pour le dossier de 1973 alors que l'accusé était âgé de 20 ans et que sa victime, la même, avait alors 14 ans.

Il estime que les gestes posés sont plus que des attentats à la pudeur et s'inscrivent dans la fourchette des gestes sexuels graves.

Me Mélanie Paré, de la Couronne, avait demandé six mois de détention dans le premier dossier et deux ans moins un jour pour le second pour un total de 30 mois de pénitencier. Me Luc Tourangeau, en défense, suggérait plutôt des travaux communautaires et une sentence de six à douze mois de prison en société.

«Je ne peux pas donner du temps en collectivité pour les deux accusations auxquelles vous avez plaidé coupable. Les gestes ont été posés avec préméditation. Vous avez amené l'enfant dans un chalet, vous vous êtes baignés et vous l'avez masturbé et lui avez fait une fellation. La deuxième fois, il y a eu violence, car il y a eu une sodomie, et ce, sur la même victime. Vous avez continué même si l'adolescent vous disait d'arrêter, car ça lui faisait mal. Il a dû vous frapper au corps pour que ça arrête», a indiqué le juge Daoust.

«En plus, il y a peu de regrets perceptibles de votre part. Il y a eu un abus de confiance et d'autorité, sans oublier la vulnérabilité de la victime. Les séquelles sont encore présentes chez elle aujourd'hui», ajoute le magistrat.

Facteurs atténuants

Ce dernier a retenu comme facteurs atténuants le plaidoyer de culpabilité, l'absence d'antécédent judiciaire, le fait qu'il a été un actif pour la société et qu'il est âgé de 63 ans.

«Pour revenir au dossier mineur, même si vous aviez 17 ans, vous saviez très bien ce que vous faisiez et encore plus rendu à l'âge adulte pour le deuxième dossier. Même si l'affaire remonte à plusieurs années, la société n'accepte plus aujourd'hui ces comportements», a repris le juge.

Quant à l'homme victime des abus, il a mentionné en début de semaine être devenu un fraudeur et avoir fait de la prison en raison de son passé d'enfant à Saint-Honoré. Les gestes commis par Tremblay ont été la goutte qui a fait déborder le vase.

«M. Tremblay n'est pas l'unique responsable des déboires de la victime. Elle a mentionné avoir été traitée de bâtard à Saint-Honoré (avait été adoptée) et avoir été attachée et battue par sa mère. L'homme reproche à André Tremblay d'avoir profité de la situation pour assouvir ses pulsions sexuelles sur lui», a conclu le magistrat.

En plus de devoir fournir un échantillon d'ADN, Tremblay sera sur la liste des délinquants sexuels pour le reste de ses jours, ne pourra avoir de contacts avec la victime et sera soumis à une probation de 24 mois à sa sortie de prison. Il devra se soumettre aux thérapies suggérées.

«Mon client était au fait de la situation. J'aurais préféré une peine en société, car il était admissible. Mais le juge avait fait savoir qu'il était plus rare que des peines de collectivité soient applicables dans ces cas», de dire Me Tourangeau.

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