Boies délinquant dangereux?

Le Chicoutimien Léopold Boies demeurera derrière les barreaux encore un bout de... (123RF/Sakhorn Saengtongsamarnsin)

Agrandir

123RF/Sakhorn Saengtongsamarnsin

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le Chicoutimien Léopold Boies demeurera derrière les barreaux encore un bout de temps. Il reste à savoir s'il y sera selon une peine de détention attribuée par le tribunal ou parce qu'il sera déclaré délinquant à contrôler ou dangereux.

L'individu de 51 ans de la rue Hôtel-Dieu est détenu depuis août 2014 après avoir agressé sexuellement son ex-conjointe à deux reprises dans une chambre du 21 rue Price, à Chicoutimi, et dans les toilettes d'un café de la rue Racine à l'été 2014. Il venait alors à peine de sortir de l'une de ses nombreuses peines d'incarcération. 

Comme si ce n'était pas suffisant, durant sa détention, il a commis des voies de fait sur une agente correctionnelle. Il lui a lancé le contenant d'un sceau, soit ses matières biologiques (excréments, urine, sang, eau et savon), à la figure. Depuis, l'agente a dû prendre de la médication pour combattre des possibles maladies, a été opérée et est tombée malade.

Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, devrait rendre une décision dans les mois à venir. 

« Il est effectivement assez rare de demander à ce qu'un individu soit déclaré délinquant dangereux. Mais monsieur remplit les critères du Code criminel canadien pour l'être en raison des gestes qu'il a commis et de son passé. À ce stade-ci, nous avons l'information qu'il est dangereux. »

« Généralement, le tribunal peut déclarer un accusé comme délinquant dangereux s'il a commis des gestes de violence ou d'agressions sexuelles. Dans le cas de M. Boies, il a les deux », soutient Me Nicole Ouellet, du bureau de la Couronne.

La représentante du ministère public estime que le passé de l'accusé pourrait bien être garant de l'avenir, ce dont doit tenir compte le tribunal.

Me Ouellet croit que l'accusé est dangereux s'il est laissé à lui-même et que les risques de récidive en matière sexuelle et de violence sont élevés. 

« Il a notamment commis 21 bris d'engagement ou de probation dans sa carrière. Il ne respecte pas les conditions émises », ajoute la procureure de la Couronne.

Du côté de la défense, Me Luc Tourangeau s'interroge sur le cas de son client. Il convient qu'il est un individu au passé trouble, mais se demande s'il doit être considéré comme un cas d'exception. Il suggère plutôt une peine de cinq années de pénitencier.

« Le message que je lance au juge, c'est qu'il faut analyser le caractère d'exception. Je ne voudrais pas que le ministère public utilise ça à toutes les sauces. Ça ne peut être appliqué de façon systématique. Il faut faire attention. Je ne pense pas que ce caractère d'exception s'applique à mon client, car il peut être aidé », note le criminaliste.

« S'il est un cas d'exception, je pourrais comprendre qu'il soit déclaré délinquant à contrôler, mais pas un délinquant dangereux. Les gestes qu'il a posés ont un caractère important, mais est-ce que ça mérite une telle déclaration ? Il doit recevoir une sentence pour les crimes qu'il a commis et non pour ce qu'il a fait dans le passé », indique Me Tourangeau, qui ne demande pas la remise en liberté immédiate de son client.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer