Entre 10 et 20 ans de pénitencier pour Yves Martin

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Yves Martin

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Le chauffard Yves Martin prendra le chemin du pénitencier pour une période de 10 à 20 ans.

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Ariane Tremblay-Viger, accompagnée de sa mère Johanne, a livré un témoignage empreint d'émotions.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, rendra sa sentence le 20 décembre lors de son retour au Palais de justice de Chicoutimi.

Jeudi matin, Me Michaël Bourget, de la Couronne, a demandé une peine variant de 15 à 20 ans (moins 744 jours de détention préventive, soit 496 jours x 1,5 jour). Il recommande une interdiction de conduire à vie.

En défense, Me Jean-Marc Fradette croit qu'une peine de 10 ans lancerait un message à la société (voir autre texte), moins les jours de détention préventive également.

Yves Martin a été reconnu coupable le 2 décembre, par un jury de 12 personnes, de conduite dangereuse causant la mort, de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort et de conduite avec un taux de plus de .08 causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Tremblay-Viger et de leur fils Patrick le 1er août 2015.

Me Bourget estime que Martin est le seul et unique responsable de l'accident mortel et que le tribunal doit envoyer un message clair aux citoyens.

Il a notamment fait valoir des statistiques inquiétantes sur le nombre de dossiers ouverts au Québec concernant la conduite avec les facultés affaiblies. Il y a de 13 000 à 14 000 cas annuellement, dont près de 670 pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Parmi les facteurs atténuants, il a eu le soutien de sa famille tout au long des procédures judiciaires. Il a aussi participé à quatre ou cinq rencontres sur la toxicomanie en 496 jours de détention», a d'abord mentionné Me Bourget.

«Pour les facteurs aggravants, il y a l'ampleur du drame. Deux générations ont été décimées en une fraction de seconde. Il y a le taux qui pouvait se situer entre .186 et .234 au moment de l'infraction selon l'expert Bernard Mathieu. Il a été démontré qu'il a conduit son véhicule pendant 70 minutes avant l'accident et qu'il a eu le temps pour se remettre en question, ce qu'il n'a pas fait. Il a aussi conduit de façon dangereuse. Il a roulé jusqu'à 127 kilomètres à l'heure dans les secondes qui ont précédé l'impact», a précisé le procureur de la Couronne.

Me Bourget a aussi indiqué que le fait d'avoir tenu un procès ne peut être considéré contre un facteur aggravant et qu'il s'agit même d'un droit fondamental, mais il ajoute que l'accusé n'a démontré aucune marque de compassion pour les victimes.

Le représentant du ministère public ajoute que l'accident est survenu six mois seulement après le retrait de l'appareil éthylométrique qu'il avait depuis cinq ans. Il retient aussi que les problèmes de consommation d'alcool de Martin étaient connus, mais qu'ils n'ont pas été réglés au cours des 16 dernières années.

Denis Perron, père de Mathieu, a montré la... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Denis Perron, père de Mathieu, a montré la photo des trois victimes au juge et à l'accusé Yves Martin durant le témoignage de sa conjointe Danielle Tremblay.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

«J'ai cru que je vivais un cauchemar»

Les proches des victimes du chauffard Yves Martin demandent au tribunal de lui interdire de reprendre un jour le volant d'un véhicule à moteur.

Ariane Tremblay-Viger, la soeur de Vanessa, et Danielle Tremblay, la mère de Mathieu Perron et grand-mère du petit Patrick, ont livré des témoignages empreints d'émotion, exprimant leur douleur.

«L'homme qui se trouve devant vous a gâché nos vies. Nous ne serons plus jamais les mêmes. Je ne dors plus, je ne mange plus et je n'ai plus la joie de vivre. Nos familles sont traumatisées. Leur départ a créé un grand vide», a raconté Mme Tremblay, pendant que Martin gardait la tête basse, sans broncher.

«Tous nos espoirs se sont envolés. Nous désirons un message clair afin que les gens se responsabilisent. La personne devant vous n'a pas su les prendre. J'espère qu'il ne pourra plus jamais conduire pour le restant de ses jours», a noté la mère de Mathieu Perron.

Celle-ci a rappelé que les trois victimes étaient des survivants. Mathieu avait vaincu un cancer du rein, Vanessa a été malade toute sa vie et Patrick a commencé la sienne aux soins intensifs.

Danielle Tremblay voulait aussi que l'accusé connaisse mieux les enfants qu'il a tués, précisant que son fils n'était pas un délinquant.

«Quant à sa prise de parole, il aurait dû fermer sa bouche. Ce n'était pas de la compassion. C'était encore juste lui avec des ''je vais, je vais''. Il aurait dû parler avant. Il a dit des paroles pour paraître fin», ont indiqué Johanne Tremblay (mère de Vanessa) et Danielle Tremblay (maman de Mathieu Perron) à leur sortie de la salle de cour.

Quant à Ariane Tremblay-Viger, son témoignage n'a pas été facile à rendre, tellement l'émotion a pris le dessus. Elle a remarqué qu'Yves Martin n'avait démontré aucune émotion durant les procédures judiciaires.

«J'ai cru que je vivais un cauchemar et que je finirais par me réveiller. Non c'était bien réel. Cet accident a enlevé la vie des trois personnes les plus aimantes et les plus respectables du monde», a difficilement raconté Ariane.

«Ma soeur était toute petite, à 5 pieds et 1 pouce, mais était une fonceuse. Rien ne pouvait la freiner. La meilleure infirmière auxiliaire que l'on pouvait avoir. Mathieu était quelqu'un d'ambitieux dans la vie. Il était ''top'' côté de la sécurité. Pour mon amour de Patrick, c'était un rayon de soleil et un fan des Trois Accords et chantait en boucle J'aime ta grand-mère. Nous sommes détruits. Il nous a enlevé notre famille sans que l'on puisse leur dire je t'aime une dernière fois du plus profond de notre coeur», a mentionné Ariane, remerciant les gens du CAVAC, les procureurs de la Couronne et les policiers au dossier.

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