Procès d'Yves Martin: «Il ne consommait pas chaque jour»

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Catherine Cloutier dit ne pas avoir remarqué qu'Yves Martin était alcoolique ou qu'il avait besoin d'une thérapie durant le temps qu'elle a vécu avec lui.

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Catherine Cloutier ne croit pas que son ex-conjoint, Yves Martin, est un alcoolique, du moins du temps qu'elle a été avec lui, soit durant un peu plus de 30 mois. Elle ne pense pas qu'une thérapie soit nécessaire, et ce, même si son identité Facebook était «Ivre Martin».

Mme Cloutier a passé une bonne partie de la journée du 1er août 2015 à échanger des textos avec son ex-ami de coeur et à discuter avec lui au téléphone en début de soirée.

«Nous avons discuté de notre séparation et je lui ai dit qu'il devait commencer à se détacher de moi, qu'il devait m'envoyer moins de textos.»

«Je n'ai rien remarqué de spécial dans notre conversation téléphonique. S'il avait été ''feeling'', ça aurait paru dans son timbre de voix et il aurait eu la bouche plus molle», a indiqué la témoin.

Questionnée sur la possibilité qu'Yves Martin puisse avoir un problème de consommation, Mme Cloutier ne croit pas.

«Il n'avait pas de problème d'alcool durant le temps que je l'ai fréquenté. Il ne consommait pas chaque jour.»

Elle a répondu positivement à l'affirmation de la Couronne que le nom utilisé sur sa page Facebook était bel et bien Ivre Martin.

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Michel Bilodeau a été le cinquième témoin à être appelé à la barre par la défense.

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«Il avait bu un peu, par l'odeur»

(Julien Renaud) - Yves Martin s'est rendu au dépanneur Super Sagamie BGP du rang Saint-Paul environ une heure avant l'accident. Il y a rencontré une connaissance, Michel Bilodeau, chez qui il s'est invité. Sur place, il n'a pas pris de consommation alcoolisée, mais le témoin de la défense s'est «douté qu'il avait bu un peu, par l'odeur».

Michel Bilodeau a été le cinquième témoin à être appelé à la barre - et le seul en après-midi - à la première journée de la présentation de la preuve de la défense. En avant-midi, une vidéo du passage d'Yves Martin au dépanneur avait été présentée.

Dans la brève vidéo, Michel Bilodeau arrive en camionnette rouge et pénètre dans le dépanneur. Un deuxième individu entre et sort. Puis, on aperçoit Yves Martin, une cigarette à l'oreille, qui se stationne et qui entre pour acheter un paquet de cigarettes. Lorsqu'il sort du dépanneur, l'accusé discute avec M. Bilodeau, avant que ce dernier ne quitte les lieux.

«Il m'a demandé: ''Je peux-tu venir chez vous.'' On n'est pas des amis proches. Il est resté environ 15 minutes. Il m'a parlé de sa séparation. Il semblait triste. On n'a rien consommé», a-t-il partagé.

Questionné sur l'état d'Yves Martin par la Couronne, M. Bilodeau a ajouté: «Je me doutais qu'il avait bu un peu, par l'odeur. Mais pas tant que ça. Il n'avait pas une patate chaude dans la bouche, il ne tombait pas par terre et il n'avait pas la bouche molle.»

Dans sa déclaration aux policiers, Michel Bilodeau avait dit qu'«Yves Martin était pas si plein que ça» et que l'accusé lui aurait dit avant de partir qu'il «allait se saouler chez lui», ce qu'a soulevé Me Michaël Bourget.

Éric Bouchard dit avoir été dépassé à vive... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 3.0

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Éric Bouchard dit avoir été dépassé à vive allure dans le rang Saint-Paul, à Laterrière.

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Dépassé «à vive allure»

(Stéphane Bégin) - Sans dire qu'il a craint pour sa vie, Éric Bouchard dit avoir été dépassé à une vitesse folle par le camion d'Yves Martin à peine 20 secondes avant l'impact fatal du rang Saint-Paul, à Laterrière.

Le témoin de la défense circulait à vélo en direction de la résidence de son père le soir du 1er août 2015 lorsque l'événement tragique est survenu. Même s'il n'a pas eu vraiment peur, il ne fait plus de vélo dans le rang à la brunante.

«Je me suis fait dépasser à vive allure. J'ai même dit qu'il devait avoir atteint plus de 120 km/h. Il flyait. Ce n'est pas une conduite sécuritaire.»

Éric Bouchard dit avoir été dépassé de façon courtoise, car le camionneur s'est tassé d'un pied ou deux à gauche et est revenu dans la voie.

«Ensuite je l'ai vu sur une distance d'environ 15 à 20 mètres avant de le perdre de vue. Environ 20 secondes plus tard, j'ai entendu un boum et j'ai vu de la fumée et de la poussière. J'ai eu peur que mon père soit impliqué, car il devait sortir pour un souper chez ma soeur.»

L'accident est arrivé en face du domicile familial.

Interrogé sur la distance entre le moment du dépassement et celui de l'impact, M. Bouchard l'a évaluée à environ 400 mètres. Me Bourget, de la Couronne, a laissé voir que ce serait plutôt de 650 mètres selon une mesure de GPS.

«Je crois que c'est trop (650 m), mais à 400 m, ce n'est qu'une estimation de ma part. Si on me le dit, c'est que ça peut être vrai», dit-il.

Éric Bouchard a raconté avoir vu la voiture des victimes se retrouver contre l'arbre du terrain de son père. Il a remarqué qu'une partie de l'écorce était tombée.

«Cette marque n'était pas là avant. J'ai planté cet arbre avec mon père et il ne manquait pas d'écorce», a-t-il ajouté, contredisant la version du reconstitutionniste Pierre Girard.

Les constables spéciaux portaient des vêtements de camouflage.... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 4.0

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Les constables spéciaux portaient des vêtements de camouflage.

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Les constables spéciaux chassés de la salle 3,09

(Stéphane Bégin) - Yves Martin a suivi son procès derrière une grande fenêtre de la salle 3,09 du Palais de justice de Chicoutimi en raison de l'absence des constables spéciaux. Le juge François Huot a constaté qu'ils ne portaient pas l'uniforme réglementaire et il les a invités à sortir en leur souhaitant une bonne journée puisque l'ordre et le décorum n'étaient plus respectés. En raison de leur absence, les règles de sécurité obligent le détenu à ne plus être assis dans la salle d'audience et il a dû retourner dans l'espace réservé à ceux qui sont en détention, soit le box des accusés. «Si M. Martin n'est plus dans la salle, ce n'est nullement dû en raison d'un mauvais comportement de sa part. C'est uniquement en lien avec la décision de l'uniforme. Vous (membres du jury) ne pouvez tirer aucune inférence à cette situation», a expliqué le magistrat.

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