Accusé de tentative de meurtre, Carl Lussier est remis en liberté

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Après cinq mois en détention, Carl Lussier reprend sa liberté en attente de la suite des procédures judiciaires.

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Accusé de tentative de meurtre, Carl Lussier a pu reprendre sa liberté après avoir passé les cinq derniers mois sous les verrous. Le tribunal estime même que les probabilités de condamnation sont en bas de la moyenne.

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Julie Morissette est aussi accusée de tentative de meurtre sur son ex-conjoint, Martin Duchesne.

Le Quotidien, Michel Tremblay

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a penché du côté de Me Charles Cantin, en défense, qui est parvenu à soulever quelques doutes sur les témoignages contradictoires de la victime, Martin Duchesne, et d'autres personnes dans cette affaire.

Le 17 avril dernier, Duchesne se retrouve à l'hôpital après avoir été battu pratiquement à mort. Lorsqu'interrogé plusieurs semaines plus tard par la Sécurité publique de Saguenay (SPS), il confesse que son agresseur est Carl Lussier et que son ex-conjointe, Julie Morissette (nouvelle flamme de Lussier), a tout manigancé.

Le 23 juin, le couple Lussier et Morissette est arrêté et amené au Palais de justice de Chicoutimi pour y comparaître. Les accusations sont importantes. En plus de la tentative de meurtre, ils sont aussi accusés de séquestration, d'emprisonnement et d'utilisation négligente d'une arme à feu.

Quelques jours plus tard, Julie Morissette, qui est enceinte, a pu reprendre rapidement sa liberté, mais ce ne fut pas le cas pour Lussier.

Dans sa décision, le juge Daoust convient que les accusations sont graves, très graves et sont passibles de la prison à perpétuité.

«Carl Lussier n'est pas un ange, comme le démontrent ses antécédents judiciaires. Mais il faut se demander, à la lueur de ce que j'ai entendu à l'enquête de remise en liberté, s'il a été impliqué dans cette agression sauvage», s'est interrogé le magistrat.

À écouter le résumé de cette affaire, la victime et ses témoins n'auraient pas raconté toute la vérité aux enquêteurs et à la Couronne. Le juge Daoust parle même de mensonges.

Avec les premières informations détenues par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), tout portait à croire que Lussier et Morissette avaient été impliqués dans cette affaire.

Mais les témoignages ont changé en cours de route. Et le juge Daoust a noté les contradictions.

«Il y a eu plusieurs mensonges de la part de la victime et ça pose une problématique sur les probabilités de condamnation de l'accusé. En plus, un deuxième témoin a dit ne pouvoir reconnaître l'accusé, pour ensuite l'identifier avec une photo sur Facebook, alors qu'un troisième témoin a raconté que Lussier lui avait dit vouloir tuer Duchesne, pour ensuite avouer que c'était faux.»

«Même à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), Martin Duchesne leur aurait dit que Carl Lussier ne l'avait jamais battu. Et la victime a mentionné la même chose à un codétenu. Autre élément, même si Carl Lussier voulait le tuer, selon ce que prétend M. Duchesne, celui-ci a continué à le fréquenter. Sans vouloir évaluer la preuve, car je ne suis pas le juge du procès, je crois que les probabilités d'une condamnation ne sont pas au maximum. C'est plutôt en bas de la moyenne», a indiqué le juge Daoust.

Ce dernier n'a pas de boule de cristal pour savoir ce que fera Carl Lussier en liberté. Il souhaite qu'il mette en branle son projet de lancer un commerce de débosselage et de reprendre des études en construction.

Pour assurer le tribunal que Lussier, qui a écopé une peine de 60 mois de pénitencier en 2012, montrera patte blanche dans les mois à venir, six personnes se sont portées garantes de l'accusé en déposant 2500$ et en s'engageant, sans dépôt, pour 52 000$. L'accusé devra se rapporter à la police de Saguenay chaque lundi et sera soumis à un couvre-feu de 21h à 7h.

Les parties devraient se retrouver aux termes des assises criminelles en Cour supérieure du Québec, le 15 décembre, pour choisir un procès devant juge et jury.

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