Procès d'Yves Martin: «Il était saoul, c'est sûr»

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Yves Martin

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La Couronne a appelé cinq témoins civils à la barre, mardi avant-midi, à la septième journée du procès d'Yves Martin qui se tient devant le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, et devant jury. Ces témoins ont été «dépassés rapidement» ou «suivis de près» par l'accusé sur la route, l'ont vu dans les minutes précédant l'accident ou ont été les premiers répondants civils sur les lieux de la tragédie. Compte-rendu de leur témoignage.

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Selon Marie-Ève Bouchard, serveuse au bar Saint-Paul, Yves Martin n'a pas consommé lorsqu'il s'est présenté au bar quelques minutes avant l'accident mortel.

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Yves Martin n'a pas consommé au bar

Yves Martin n'a pas consommé lorsqu'il s'est présenté au bar Saint-Paul quelques minutes avant l'accident mortel, et la serveuse n'a pas remarqué s'il était en état d'ébriété. Voilà les faits saillants du témoignage de Marie-Ève Bouchard, une jeune serveuse du bar Saint-Paul.

Troisième témoin du jour, Marie-Ève Bouchard a raconté qu'Yves Martin s'est présenté au bar vers 20 h. L'accusé ne lui a pas répondu lorsqu'elle lui a demandé « s'il voulait quelque chose ».

« Il avait l'air blasé un peu, triste. Il se tenait la tête. Il est resté maximum 20 minutes », a-t-elle affirmé, à la barre des témoins.

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Christian Pearson a été suivi de près par Yves Martin, quelques minutes avant l'accident.

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Suivis de près

Le quatrième témoin civil à la barre, Christian Pearson, a rapporté avoir été suivi de près par Yves Martin sur la route et lui avoir cédé le chemin, avant d'arriver sur les lieux de l'accident et de constater l'ampleur du drame. « Un véhicule nous suivait de très près. J'ai décidé de me ranger sur le côté parce que je me sentais intimidé », a-t-il témoigné.

« À peu près cinq minutes plus tard, on est arrivés sur les lieux d'un accident », a-t-il ajouté, lors de l'interrogatoire réalisé par le procureur de la Couronne, Me Michaël Bourget.

M. Pearson s'est dirigé vers le véhicule des victimes, pendant que sa conjointe alertait les services d'urgence, puis vers le véhicule de l'accusé. Il a constaté une odeur d'alcool émanant de la camionnette de l'accusé, en plus d'entendre Yves Martin dire qu'il était dans le pétrin, sans pouvoir rapporter des propos exacts.

En contre-interrogatoire, Me Fradette est revenu sur le comportement de l'accusé au volant. « Vous rouliez en bas de la limite de vitesse. Il n'a pas cherché à vous dépasser avant que vous ne vous tassiez pour lui laisser le chemin », a-t-il soulevé, un fait qu'a reconnu le témoin. « Ma femme a l'habitude de dire que je chauffe comme un vieux bonhomme », a affirmé Christian Pearson.

Un dépassement dangereux

Plus tôt dans l'avant-midi, les deux premiers témoins à la barre, Magella Villeneuve et sa conjointe Louise Côté, ont rapporté un dépassement « dangereux » réalisé par Yves Martin en empruntant la voie inverse. Cette manoeuvre serait survenue un peu après 20 h, le soir du 1er août 2015.

« Il nous a dépassés vivement. Il était proche, proche, proche [...] J'ai dit : ''Je pense que si je sortais mon bras, je pourrais lui toucher''. Je tenais mon volant à deux mains », a partagé Louise Côté.

« Il a freiné brusquement et a tourné à gauche. Il s'est stationné au fond de la cour du bar Saint-Paul », a ajouté la dame.

En contre-interrogatoire, les deux témoins ont reconnu qu'il n'avait pas identifié le conducteur ou le véhicule. « C'est un pick-up rouge comme un autre pick-up rouge. Si je vous disais qu'il y a sept pick-up rouges dans le rang », a soulevé l'avocat de la défense, Me Jean-Marc Fradette.

« Je suis saoul ben raide »

Dernier témoin de la journée, Marie-Philippe Denniss était à l'extérieur chez la tante de sa conjointe, qui habite à proximité du lieu de l'accident, quand elle a entendu le bruit de la collision impliquant Yves Martin.

« J'ai dit que je trouvais que les voitures roulaient vite. J'ai terminé ma phrase et tout de suite, on a entendu le bruit de la collision », a relaté Marie-Philippe Denniss.

« J'ai couru jusqu'à l'accident. [...] Il [Yves Martin] m'a dit : ''Je suis saoul ben raide. Il faut que je m'en aille d'ici. Je vais m'en aller en prison.'' Quand il est sorti du véhicule, ça sentait l'alcool. Quand il parlait aussi. Il était saoul, c'est sûr. Quand il est sorti du camion, il avait de la misère à marcher », a-t-elle rapporté à la barre.

En contre-interrogatoire, Me Fradette a relevé un segment de la déclaration de Marie-Philippe Denniss dans lequel elle dit qu'Yves Martin était « malheureusement » en bon état.

Les faits

Yves Martin, âgé de 36 ans, est accusé de conduite dangereuse, de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite avec un taux d'alcoolémie supérieur à 80 mg d'alcool par 100 ml de sang causant la mort de Mathieu Perron, de Vanessa Tremblay-Viger - qui était enceinte - et de leur fils Patrick, âgé de 4 ans.

En bref

Les jurés excusés jusqu'à jeudi

Le jury a été excusé pour l'après-midi de mardi et la journée de mercredi, en raison de l'indisponibilité du dernier témoin de la Couronne, un toxicologue. Ce dernier devrait témoigner jeudi. Mercredi, des questions de droit seront débattues hors jury, sous une ordonnance de non-publication. Dans ces circonstances, la défense devrait commencer la présentation de sa preuve lundi.

Yves Martin attentif

Yves Martin est demeuré très attentif pendant les témoignages des témoins civils appelés à la barre par la Couronne. Il a pris des notes à plusieurs reprises, en plus de discuter avec son avocat, Me Jean-Marc Fradette, à l'occasion. L'accusé a également remis une note au criminaliste, dont les consoeurs étaient absentes en salle d'audience, mardi. Aussi, Yves Martin a entouré certains éléments dans les documents de preuve à sa disposition.

Une affirmation qui fait rire

Lors de son témoignage, la serveuse du bar Saint-Paul Marie-Ève Bouchard a dit: «Quand je travaillais, c'était toujours calme... Je ne sais pas si c'est moi...» Cette affirmation en a fait rire plus d'un dans la salle. D'ailleurs, mardi, la salle 3,09 du Palais de justice de Chicoutimi était encore une fois bondée. Julien Renaud

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