Yves Martin: les conclusions de Pierre Girard attaquées

Le contre-interrogatoire du reconstitutionniste de la police de... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le contre-interrogatoire du reconstitutionniste de la police de Saguenay Pierre Girard s'est conclu jeudi après-midi au procès du présumé chauffard Yves Martin.

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À la quatrième journée du procès devant jury du présumé chauffard Yves Martin, la défense a continué d'attaquer le reconstitutionniste de la police de Saguenay Pierre Girard sur tous les fronts, afin de discréditer ses conclusions. Et le témoin a maintenu qu'il a bien fait son travail.

En contre-interrogatoire de M. Girard, l'avocat de l'accusé, Me Jean-Marc Fradette, a tenté de relever des manquements et des éléments de négligence dans l'expertise menée par l'expert en collision. La défense soutient que le reconsitutionniste, de niveau 3, aurait dû faire appel à un expert de niveau 4 pour pouvoir recréer, entre autres, la scène par modélisation 3D.

Ainsi, la défense tente de susciter un doute raisonnable dans la tête des jurés quant à l'exactitude des conclusions de Pierre Girard et à la qualité de son travail.

M. Girard est le troisième témoin de la Couronne au procès d'Yves Martin, accusé de conduite dangereuse, de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite avec un taux d'alcoolémie supérieur à ,08 causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Viger-Tremblay (enceinte) et leur fils Patrick (4 ans) le soir du 1er août 2015 dans le rang Saint-Paul à Laterrière.

Pierre Girard aura passé près de trois journées complètes à la barre des témoins.

Jeudi, la défense est revenue sur le fait que Pierre Girard n'a pas fait analyser la pièce jugée responsable du point d'impact (marque au sol). Me Jean-Marc Fradette a ensuite prétendu que d'autres pièces auraient pu être en cause. «Vous n'avez pas vérifié physiquement si la pièce concordait avec la marque sur l'asphalte. Et vous n'avez pas pensé envoyer ça au laboratoire judiciaire de Montréal», a répété l'avocat de l'accusé.

D'autres pièces du casse-tête sont manquantes ou incomplètes dans l'analyse de Pierre Girard, prétend la défense, notamment la perception visuelle des conducteurs avant l'impact et le comportement automobile possible sur les quelque 500 mètres précédant la collision.

La défense a aussi relevé que l'expert avait utilisé de la peinture en aérosol bleue - couleur du véhicule des victimes - afin de délimiter la zone d'impact et en a conclu que la scène d'accident avait pu être contaminée par des éclats de peinture. «Des fois, j'en ai sur les bottes», a reconnu Pierre Girard. Puis, il a ajouté: «J'ai trois choix de couleurs. Ce n'est pas une boîte de Crayola.»

«La principale qualité d'un expert est d'être curieux et sceptique», a lancé Me Fradette.

Pierre Girard persiste et signe

Le reconstitutionniste Pierre Girard s'est dit persuadé de n'avoir négligé aucun élément crucial et juge les preuves évidentes et cohérentes. Il défend bec et ongles les conclusions de ses rapports d'expertise, à savoir que l'accident résulte d'un facteur humain et que l'accusé circulait dans la voie inverse au moment de l'impact.

«Je suis convaincu de l'angle de collision et du positionnement du véhicule des victimes. [...] Les dommages seraient incompatibles avec le scénario que les victimes tournaient dans une entrée», a-t-il soutenu lorsque le procureur de la Couronne, Me Bourget, l'a réinterrogé, en fin de journée.

«Ce qui s'est produit à 650 mètres de l'impact ne change rien pour moi», a-t-il complété.

«Yves Martin n'a pas freiné avant l'accident»

Enfin, Pierre Girard a précisé son interprétation des données de la boîte noire du véhicule. Selon lui, Yves Martin n'aurait pas freiné 1,7 seconde avant l'impact, mais plutôt de façon subite en réaction à la collision.

Place à l'interrogatoire policier

En toute fin de journée, l'enquêteuse Nancy Blackburn de la Sécurité publique de Saguenay a été appelée à la barre des témoins pour mettre la table à l'interrogatoire policier qu'elle a mené le lendemain de l'accident impliquant Yves Martin. Le 2 août 2015, Mme Blackburn a interrogé l'accusé pendant plus de deux heures. L'enregistrement vidéo et audio sera donc mis en preuve vendredi matin.

L'entrée du jury à 11h

Un huis clos et une période de questions de droit hors jury ont été tenus, jeudi matin, de sorte que les douze jurés ont fait leur entrée en salle d'audience vers 11h. Il a été question de la disponibilité de deux témoins de la Couronne et d'une question de droit, sous une interdiction de publication. L'ordre des témoins du ministère public pourrait donc changer.

Peu de sièges vacants

Un record d'assistance a été observé, jeudi matin, au procès du présumé chauffard Yves Martin. Près de 60 personnes, incluant les familles des victimes et de l'accusé, étaient présentes en salle d'audience.

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