Yves Martin: MFradette doute du point d'impact

Le reconstitutionniste Pierre Girard.... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le reconstitutionniste Pierre Girard.

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Le reconstitutionniste de la police de Saguenay, Pierre Girard, maintient avoir pris le temps de bien faire son travail d'analyse de la scène d'accident impliquant Yves Martin. Il n'a d'ailleurs pas jugé nécessaire d'utiliser les technologies modernes ou de faire appel à un technicien de niveau 4 pour confirmer ses conclusions.

Après avoir terminé son témoignage principal (voir autre texte), le policier de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) a été longuement contre-interrogé par l'avocat de la défense, Me Jean-Marc Fradette, au troisième jour du procès d'Yves Martin.

Ce dernier est accusé de conduite dangereuse, de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite avec un taux supérieur de .08 causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Tremblay-Viger et de leur garçon Patrick, le soir du 1er août 2015 dans le rang Saint-Paul, à Laterrière.

ressortir certains manques dans les rapports du reconstitutionniste de niveau 3. 

Me Fradette l'a bombardé de questions. « Pourquoi n'avez-vous pas demandé l'aide d'un reconstitutionniste de niveau 4 (Sûreté du Québec) ? Pourquoi ne pas avoir demandé des analyses au laboratoire de science judiciaire ? Et pourquoi ne pas avoir réalisé une modélisation de la scène d'accident ? »

« J'ai fait plus de 400 enquêtes d'accidents et je n'ai jamais envoyé de pièces au laboratoire de science judiciaire. Et si je ne l'ai pas fait dans ce dossier précis, c'est que j'étais satisfait des réponses obtenues. Je me suis servi de ma logique. J'avais une preuve évidente. Je me suis servi de mon esprit de déduction et de l'intelligence humaine. Je n'avais pas besoin d'un niveau 4, car j'ai les compétences pour faire le travail », indique M. Girard.

« Je prends le temps de bien faire les choses. Je ne suis pas ingénieur, ni médecin, mais je ne suis pas un fou non plus. Je fais mon travail. Et la journée où je vais négliger des choses ou que je déterminerai qu'un conducteur est responsable simplement parce qu'il est jeune ou qu'il porte une calotte, je vais remettre ma démission », a lancé M. Girard en regardant les 12 membres du jury.

Ces réponses n'ont pas semblé satisfaire Me Fradette. Il aurait aimé que l'expert puisse relier les égratignures trouvées au sol et la peinture laissée sur l'asphalte au camion d'Yves Martin. M. Girard a mentionné que Saguenay ne possédait pas cette technologie. 

« Ce n'était pas nécessaire non plus, car la peinture était fraîche et correspondait à la couleur du camion. »

L'avocat de la défense a aussi remis en question le point d'impact établi par l'expert. Il a essayé de lui faire dire qu'il fallait d'abord déterminer le point d'engagement, là où les véhicules se sont touchés, car cela pourrait changer les choses.

L'expert n'a pas déterminé ce point d'engagement, mais estime qu'il doit être situé à proximité du point d'impact, là où la force de la collision a laissé ses traces sur le bitume.

Deux analyses avec les mêmes conclusions

Afin de s'assurer que ses premières analyses étaient exactes, le reconstitutionniste en scène d'accident, Pierre Girard, a refait une étude de la tragédie du rang Saint-Paul. Et ses conclusions sont exactement les mêmes. Le véhicule d'Yves Martin se trouvait dans la voie inverse avant de heurter l'automobile des trois victimes.

Près d'une année après l'accident, Pierre Girard a effectué des recherches afin de retrouver la pièce qui a marqué l'asphalte au point d'impact de la collision. Il a identifié la patte du moteur du Honda Civic des victimes. 

Pour s'assurer que ses premières analyses avaient été faites correctement, il s'est rendu dans une rue de la Base des Forces armées canadiennes, à Bagotville, afin de revoir le dossier et effectuer des tests. 

« J'ai fait un supplément d'enquête à la suite de l'enquête préliminaire, car je n'ai pas vu de lueur dans les yeux de Me Fradette et du juge. Je remercie Me Fradette de m'avoir amené à le faire afin de déterminer la pièce qui a marqué le point d'impact au sol. Ça m'a permis d'identifier la patte retenant le moteur de la Honda Civic », note M. Girard.

« Mes conclusions sont les mêmes. Devant l'ensemble des faits, il est important de démontrer que ceux établis lors de la première enquête n'ont pas changé. Si je l'ai fait, c'était pour valider ce que j'avais et bien desservir la justice. Ce supplément d'enquête ne détruit pas le premier rapport au contraire », a ajouté le reconstitutionniste en regardant le jury.

S'il a choisi de faire les tests ailleurs que sur la scène d'accident, c'était pour une question de sécurité et pour éviter qu'on lui reproche de s'être retrouvé en face du domicile de Bernard Bouchard.

« Je ne voulais pas que l'on me reproche d'avoir tenté de l'intimider ou de lui faire peur, car je sais que la relation avec la police n'est pas à son meilleur. Et dans le rang, ça roule vite, à 100, 110 (km/h) », de dire le reconstitutionniste.

Ce qu'ils ont dit

« Souvent, dans des accidents comme ça, les composantes se détériorent, ce qui fait qu'au final, on ne pourra pas faire rentrer parfaitement les pièces l'une dans l'autre, comme... comme papa dans maman. »

-Pierre Girard

Le criminaliste Jean-Marc Fradette.... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 6.0

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Le criminaliste Jean-Marc Fradette.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

« Si un des conducteurs a évité une marmotte, pensez-vous qu'elle vous aurait attendu au bord du chemin ? »

« Une auto, ce n'est pas un crapaud. »

- Me Jean-Marc Fradette

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Yves Martin

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Yves Martin fait un clin d'oeil à son avocat

(Julien Renaud) - Après avoir été discret tout l'avant-midi, Yves Martin a été plus expressif en après-midi. L'accusé a notamment fait un clin d'oeil à son avocat, Me Jean-Marc Fradette, lorsque le témoin Pierre Girard a dit que beaucoup d'automobilistes « roulent à 90-100-110 km/h dans le secteur » de l'accident. Par ailleurs, Yves Martin a porté quelques regards vers sa famille, toujours en après-midi.

Un procès ouvert au public

Sur les médias sociaux, plusieurs internautes s'interrogent à savoir s'il leur est permis d'assister au procès d'Yves Martin. La réponse est oui. En effet, le public peut s'asseoir en salle d'audience pour assister à la présentation de la preuve. L'horaire habituel - qui demeure sujet à changements - est de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30. Les audiences commencent toutefois à 9 h 30 le lundi et se terminent à 12 h 30 le vendredi. Seules quelques règles de bonne conduite sont observées : interdiction de boire ou de manger, téléphone fermé, discrétion quant aux déplacements, silence lors des représentations, etc.

Une bonne école

Les procès devant jury sont assez rares dans la région. Pour cette raison, la tenue d'un tel procès suscite un grand intérêt, notamment pour les étudiants de certains domaines d'études. Mercredi, une dizaine d'étudiants en radio étaient  présents, de même que d'autres en techniques policières. Certains avocats, qui ne sont pas impliqués dans ce dossier, viennent aussi assister aux audiences. Avec les curieux et les familles, environ 40 personnes étaient présentes en salle d'audience, une assistance relativement stable depuis lundi.

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