La prison à vie pour Asselin

David Asselin... (Archives Le Quotidien, Louis Potvin)

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David Asselin

Archives Le Quotidien, Louis Potvin

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Le Dolmissois David Asselin est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité d'une libération conditionnelle avant 15 ans pour le meurtre au deuxième degré de Gilles Samson. Asselin a même été qualifié de « jaune » par le magistrat.

Le 27 janvier 2016, Asselin a commis un acte d'une grande violence en s'en prenant à une victime qui fait deux fois son âge et il a menacé de mort et de voies de fait des témoins. 

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Julie Lajoie (Couronne) et de Me Dominic Bouchard (défense) pour cet événement survenu dans une maison de chambres du boulevard Walberg de Dolbeau-Mistassini.

Le soir des tragiques événements, Asselin jouait à des jeux vidéos dans son appartement avec deux connaissances. À un certain moment, la victime de 60 ans est venue cogner à sa porte pour se plaindre du bruit. Durant la discussion, le ton est monté et Gilles Samson a aspergé Asselin avec une bonbonne aérosol. 

L'accusé s'est impatienté, a poussé la victime dans le corridor et a entrepris de la frapper. 

« Il lui a cassé une grosse bouteille de vitre sur la tête et l'a frappé à plusieurs reprises à coups de pied et de poing à la tête. Il lui a asséné au moins 10 coups selon le légiste », a raconté Me Lajoie lors du résumé des faits.

Après cette attaque d'une dizaine de minutes, David Asselin est revenu à son appartement et a indiqué aux deux témoins que s'il n'était pas déjà mort, ça ne devrait pas être long avant que ce soit le cas. Il a ensuite menacé les deux personnes, les enjoignant à ne pas parler avant qu'elles ne quittent l'appartement. 

Asselin a envoyé un message texte à l'un des témoins disant qu'il avait communiqué avec le 911 et que la victime avait été transportée à l'hôpital.

Les deux jeunes témoins ont raconté l'histoire à une tierce personne et celle-ci s'est montrée inquiète pour l'état de santé du sexagénaire. Le trio a décidé de retourner à l'appartement afin de s'assurer que tout était vrai. 

En entrant dans l'immeuble, ils ont aperçu le corps inanimé de la victime et ont revu Asselin.

Lorsqu'ils ont quitté l'appartement, Asselin leur a envoyé un message très clair s'ils osaient parler. « Ça ne me dérange pas d'en avoir tué un et je pourrais bien en tuer trois autres. »

Comme si ce n'était pas suffisant, le meurtrier est retourné auprès du corps de Gilles Samson à deux ou trois reprises durant la soirée. Voulant s'assurer qu'il ne s'en sortirait pas, Asselin lui a asséné deux coups de couteau à la nuque.

Et à 0 h 45, Asselin a poursuivi ses frasques en s'en prenant à des passants sur la rue qui faisaient trop de bruit à son goût. Il a battu un homme et a résisté à son arrestation. Il avait sur lui un poing américain.

Il a été arrêté en lien avec cette dernière affaire. Quant au corps de la victime, il n'a été retrouvé que le lendemain par un autre occupant de la maison de chambres.

« Vous vous êtes comporté en jaune »

« J'espère que vous êtes fier de ce que vous avez fait. Vous avez fait preuve d'une grande démonstration de courage en vous en prenant à un homme qui fait deux fois votre âge. Je suis vraiment impressionné et je souhaite que vous fassiez preuve du même courage dans votre futur environnement où vous serez pour les 15 prochaines années. Il y a une expression qui décrit ce que vous avez fait comme du jaunisme. Vous vous êtes comporté en jaune. »

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, n'a pas été tendre à l'endroit de David Asselin. L'individu de 32 ans venait de reconnaître sa culpabilité au meurtre au deuxième degré de Gilles Samson et à une foule d'accusations de menaces, voies de fait et entrave au travail des policiers.

Après avoir entériné la suggestion commune de la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 15 ans, le magistrat s'est adressé à Asselin, même s'il venait à peine de prendre connaissance des faits qui lui avaient été reprochés.

« Vous n'avez pas tardé à entreprendre votre carrière criminelle. À 18 ans, vous étiez condamné pour des introductions par effraction et des bris. Et vous êtes revenu à intervalle régulier devant la justice pour des possessions de stupéfiants, pour conduite avec facultés affaiblies et conduite pendant interdiction. »

« Mais force est de constater que vous êtes passé à un niveau supérieur. Le soir des événements, j'aurais pu comprendre, sans l'accepter, que vous auriez pu pousser la victime dans le corridor après qu'elle vous ait aspergé. Mais ce n'est pas le portrait de ce que j'ai. Vous êtes un jeune homme bien bâti qui s'en est pris pendant 10 minutes à un homme plus vieux. Vous l'avez frappé et lui avez cassé une bouteille sur la tête. Ce n'était pas un grand défi ça, monsieur », a ajouté le juge.

Le magistrat ne s'est pas arrêté là. Il en a ajouté, tellement il n'était vraiment pas impressionné pas le récit.

« Comme si ce n'était pas suffisant, vous êtes allé contempler votre oeuvre à trois reprises dans la soirée. Vous y êtes retourné pour lui administrer deux coups de couteau supplémentaires. Un jet d'air ne peut expliquer le geste. Il n'y a pas d'explications logiques à un tel comportement. »

« La seule chose qui me suggère un espoir, c'est votre âge. Vous avez encore le temps de vous reprendre, car éventuellement vous allez reprendre votre liberté. J'espère que vous allez faire un examen de conscience et j'espère que cette peine vous dissuadera de revenir devant le tribunal », a repris le juge Huot.

Ce dernier souhaite qu'Asselin puisse se pardonner un jour ce qu'il a fait, même s'il en doute.

Il a aussi mentionné que l'accusé était chanceux d'avoir pu compter sur un bon avocat, car à procès, il aurait probablement été reconnu coupable de meurtre au premier degré sans possibilité de libération avant 25 ans.

Le magistrat a tenu à offrir ses condoléances aux membres de la famille de Gilles Samson.

Me Dominic Bouchard et Me Julie Lajoie... (Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin) - image 3.0

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Me Dominic Bouchard et Me Julie Lajoie

Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin

Les procureurs satisfaits de la sentence

Les procureurs de la Couronne et de la défense se disent satisfaits que leur suggestion commune ait été acceptée par le juge François Huot.

« Après une analyse approfondie du dossier et en tenant compte de toutes les considérations importantes, nous en étions venus à la conclusion qu'il s'agissait d'une façon très raisonnable de régler le dossier et que ça rencontrait les intérêts de la justice », a mentionné Me Julie Lajoie, du bureau du ministère public.

« Oui les faits sont très durs, ce sont des circonstances difficiles pour un meurtre. C'est la raison pourquoi l'admissibilité a été fixée à 15 ans pour une libération conditionnelle (le minimum est 10 et le maximum 25). Quant aux commentaires du juge, je ne peux que trouver qu'ils sont appropriés. En même temps, le juge a donné de l'espoir à l'accusé. C'était correct et adéquat dans les circonstances », a renchéri la procureure de la Couronne.

En défense, Me Dominic Bouchard est satisfait du résultat final, surtout que le juge Huot a laissé voir que l'accusé aurait pu se retrouver avec un verdict de meurtre au premier degré dans un procès.

« Les faits sont violents, oui, mais il faut savoir que monsieur avait un état d'esprit envers la victime. Ça n'excuse pas le geste, mais il y avait déjà plusieurs événements antécédents à cette situation qui ont amené beaucoup de colère, mais qui ne justifiaient pas le résultat final », indique Me Bouchard.

« Je ne veux pas faire le procès de la victime, mais elle était quelqu'un de turbulent et qui avait été expulsé de plusieurs endroits. La table était mise pour un résultat en tenant compte de ce qui s'était passé avant », dit-il.

David Asselin semble être satisfait de la finalité du dossier, surtout qu'il était initialement accusé d'un meurtre au premier degré et que sa période de détention minimale aurait alors été de 25 ans.

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