Les 12 jurés du procès d'Yves Martin sélectionnés

Yves Martin, à son arrivé au palais de... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Yves Martin, à son arrivé au palais de justice de Chicoutimi, lundi matin.

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Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, a donné congé aux membres du jury jusqu'au mercredi 2 novembre à la suite de leur sélection, lundi, à la salle 3.09 du Palais de justice de Chicoutimi.

Les jurés ont indiqué être en mesure d'agir de façon impartiale dans cette cause dont tout le monde a entendu parler jusqu'à présent. Ils ont confirmé au magistrat qu'ils se baseront uniquement sur la preuve entendue et vue au tribunal pour déterminer si l'accusé est coupable ou acquitté des chefs d'accusation.

D'entrée de jeu, lundi matin, Yves Martin a enregistré, sans surprise, des plaidoyers de non-culpabilité aux accusations de conduite dangereuse, de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite avec une alcoolémie de plus de 80 milligrammes par 100 millilitres de sang causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Tremblay-Viger et de leur fils Patrick, le 1er août 2015 dans le rang Saint-Paul, à Laterrière.

«Vous avez une occasion de participer à l'exercice de la justice de votre pays. À partir de maintenant, il n'y a pas un juge dans cette affaire, mais 13. Je vais être le juge qui va administrer la preuve, mais vous êtes les juges des faits. C'est vous qui aurez à trancher sur le sort de M. Martin, à déterminer sa culpabilité ou son innocence», a lancé le juge Huot après la sélection des jurés.

«De plus, je vous donne une première directive. Vous devez vous comporter comme un juge et vous ne pourrez consulter aucune source d'information en lien avec cette affaire. Vous ne pouvez écouter les reportages à la télévision ou à la radio et je vous interdis de lire des articles de journaux qui traiteront de cette affaire. Je compte sur votre éthique», a repris le magistrat, en demandant aux jurés de décliner les discussions avec les proches.

La suite

Au retour du jury la semaine prochaine, le juge donnera ses directives en droit et il y aura l'exposé de la Couronne et le début de la preuve du ministère public.

Le procès est prévu pour une durée d'environ trois à quatre semaines.

Durant leur passage au tribunal, des candidats ont été exemptés en raison d'un casier judiciaire, pour avoir eu des contacts avec l'accusé ou parce qu'ils avaient une idée arrêtée et préconçue du dossier.

Quelques candidats ont aussi mentionné connaître l'accusé, des membres des familles des victimes ou encore des avocats au dossier et des témoins au procès.

«Il semble que beaucoup de gens se connaissent entre eux ici», a lancé le juge Huot.

Le magistrat souhaite que tous les jurés demeurent en bonne santé. Il convient que les deux jurés suppléants pourraient remplacer des collègues tombés malades.

«Mais je vous demande de prendre soin de vous. C'est un ordre de la Cour. En perdre un ou deux, on peut toujours les remplacer, mais à trois, ce serait plus problématique. Il faudrait recommencer», a conclu le président du tribunal.

Mandat d'arrestation contre une candidate

(Stéphane Bégin) - Un mandat d'arrestation a été lancé à l'endroit d'une candidate à la sélection du jury au procès d'Yves Martin.

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, en a émis l'ordonnance, car la dame ne s'est pas présentée au tribunal pour la sélection du jury, même si elle avait reçu une convocation officielle.

La dame était la 87e candidate appelée lundi en début de soirée au Palais de justice de Chicoutimi, mais elle était absente. Elle avait été remplacée par une personne, envoyée par son employeur, dont il a été impossible d'obtenir l'identité, pour dire qu'elle ne serait pas disponible.

«J'émets un mandat d'arrestation à la dame parce qu'elle ne s'est pas présentée. Lorsqu'il y a une ordonnance de la Cour, les gens doivent s'y conformer. Et vous direz à l'employeur qu'il ne peut outrepasser la juridiction de la Cour», a exprimé le magistrat.

Ce n'est pas la première fois que le juge Huot agit de la sorte. Il a posé le même geste récemment au procès de Simon Royer-Bonneau, à Québec, accusé d'agression sexuelle et de menaces de mort.

Il avait visé 12 candidats. Quatre avaient été arrêtés, avaient passé une nuit en cellule avant de comparaître pour outrage au tribunal.

Des sentiments ambivalents pour les candidats

(Julien Renaud) - Les candidats jurés ont exprimé des sentiments ambivalents, lundi, lors de la sélection des membres du jury. Certains avaient des préjugés défavorables envers l'accusé et ne souhaitaient pas être retenus; d'autres se sentaient fin prêts pour vivre cette expérience qui n'est pas donnée à tous.

Le Quotidien est allé à la rencontre de plusieurs candidats, lors des pauses de la sélection des jurés, pour tâter le pouls. «Je vais demander d'être rejetée parce que j'ai deux enfants, je vais à l'école à temps plein et je travaille. Mais j'aurais aimé y participer, ça doit être une expérience quand même le fun», a d'abord lancé une jeune dame, avec un peu de regret.

«Je suis en conflit d'intérêts indirect, a renchéri une autre. Mais je ne sais pas si j'aurais aimé ça. Ç'aurait été quelque chose de pénible, je pense.»

Certains ont même été très catégoriques: «Ça ne me tente pas. Point final.»

S'ils étaient un peu plus rares, il y avait des candidats qui espéraient être sélectionnés, par curiosité notamment. «Moi, j'aimerais ça, comme expérience, ça doit être spécial de vivre ça. Ça n'arrive pas souvent qu'il y a des gros procès comme ça dans la région», a partagé une dame.

Sa voisine de siège était du même avis: «C'est une expérience de vie, et ça peut être enrichissant.»

Mais tous étaient sur la même longueur d'onde sur un élément: «On trouve ça long.» En effet, l'attente a été longue pour plusieurs, le jury étant complété peu avant 19h. Si la fébrilité était perceptible en matinée, l'impatience avait pris le relais en soirée.

Yves Martin de marbre

Bien habillé, le présumé chauffard Yves Martin a été présent dans le box des accusés tout au long de la procédure. Après avoir enregistré ses plaidoyers de non-culpabilité en matinée, il est demeuré plutôt discret et peu expressif.

«On ne s'attendait pas à ce que l'accusé soit là. C'était impressionnant. Quand il a plaidé non coupable, c'était spécial», a commenté une candidate jurée.

Les parents de l'accusé ont assisté à la sélection, dans la salle d'audience, mais ont refusé de s'entretenir avec les médias. Ils ont échangé quelques murmures entre eux et des regards avec l'accusé, mais sans plus

Jury

  • Juré no 1 : Homme, charpentier menuisier
  • Juré no 2 : Homme, mécanicien
  • Juré no 3 : Femme, à la maison
  • Juré no 4 : Homme, électrotechnicien
  • Juré no 5 : Homme, domaine des cylindres hydrauliques
  • Juré no 6 : Femme, horticultrice
  • Juré no 7: Femme, domaine de la vente
  • Juré no 8 : Homme, orthophoniste à la retraite
  • Juré no 9 : Homme, retraité du domaine des arts contemporains
  • Juré no 10 : Homme, commis de magasin grande surface
  • Juré no 11: Homme, chauffeur privé
  • Juré no 12: Femme, caissière
  • Juré suppléant no 1 : Femme, fonctionnaire fédérale
  • Juré suppléant no 2 : Homme, chauffeur de transporteur

Questions posées par le juge aux candidats jurés

  1. Où vivez-vous?
  2. Quelle est votre profession?
  3. Avez-vous des antécédents judiciaires?
  4. Connaissez-vous des personnes impliquées dans ce procès (avocats, juge, victimes, accusé, familles)?
  5. Avez-vous entendu parler du dossier?
  6. Avez-vous déjà été impliqué ou un de vos proches a-t-il déjà été impliqué dans un accident mettant en cause un chauffeur en état d'ébriété?
  7. Pensez-vous être capable de rendre un verdict impartial basé uniquement sur la preuve présentée?

Moments cocasses

1- Une dame qui répond à la question du juge François Huot «Avez-vous des antécédents judiciaires?» : «Non! Mais je me suis déjà fait arrêter parce que j'étais stationnée au mauvais endroit. J'ai eu un ticket.»

2- À la question «Connaissez-vous des personnes impliquées dans ce procès?», la réponse est : «Je connais Me Fradette à cause de la télévision.» Et le juge répond : «Un peu comme vous connaissez Obama?»

3- «Nous prendrons la précaution de nommer deux jurés suppléants qui devront se présenter également à la date que j'énoncerai. Si jamais par malheur la foudre devait s'abattre sur l'un de nos 12 premiers candidats jurés, nous aurions un 13e candidat. Et si, comble de malheur, un deuxième candidat juré était frappé par la foudre ou victime d'un éboulement, le 14e remplacerait.» - Le juge François Huot

4- «À l'âge où je suis rendue là, je ne fais rien! Je fais mon ménage dans la maison pis c'est toute. Et je m'occupe de mon chien.» - Une candidate

5- «Quand j'étais jeune», a dit un candidat de 19 ans.

En bref

Le conseiller municipal et président de l'arrondissement de La Baie, François Tremblay, s'est présenté devant le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, et a finalement été récusé en raison d'un antécédent en matière de conduite avec les facultés affaiblies, qui remonterait à 1999.

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