Chassé voulait juste se défendre

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Richard-Yves Chassé

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Richard-Yves Chassé a agi en légitime défense, car il craignait pour sa sécurité et celle de son bétail. C'est du moins la prétention de son avocat, Me Charles Cantin, qu'il a fait valoir, lundi matin, au juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, lors des plaidoiries à la suite du procès de l'homme de 64 ans.

L'individu du chemin du Cap, à Saint-Honoré, est accusé d'avoir abattu volontairement Goliath, le bouledogue américain de ses voisins, d'utilisation négligente d'une arme à feu, de manipulation d'une arme à feu et de mauvais entreposage. Les événements reprochés se sont produits le 10 octobre 2013 sur le terrain de M. Chassé. Celui-ci a utilisé sa carabine de calibre .22 et a tiré en direction du molosse d'une centaine de livres, qui venait de s'attaquer à son veau et qui menaçait, selon la version de l'accusé, sa propre sécurité.

« Je crois qu'il y a quatre défenses possibles. La légitime défense, la légitime défense de ses biens (animaux), l'excuse légitime et ce qu'un homme raisonnable aurait fait dans les mêmes circonstances », indique Me Cantin.

« Je pourrais ajouter que les intentions de M. Chassé n'étaient pas de tuer Goliath. Il voulait tirer un coup de feu dans les airs pour l'éloigner, lui faire peur. Mais lorsque le chien a foncé sur lui, il n'a pas eu le choix de se défendre et a tiré un seul coup. Il ne s'est pas acharné sur l'animal », poursuit le criminaliste.

Me Cantin estime donc que son client n'a jamais voulu agir de façon négligente. 

Il croit que M. Chassé aurait pu agir autrement, comme d'aller se réfugier dans sa résidence plutôt que d'aller chercher son arme dans le garage.

« Dans les circonstances, il a pris la décision qui s'imposait. Même s'il avait été dans la maison, il aurait pu prendre l'une des armes qu'il possède et aurait pu sortir pour tenter d'effrayer l'animal », a admis Me Cantin.

Quant au fait qu'il ait nié son implication, le criminaliste prétend que ce fut fait en raison de l'hystérie entourant cette affaire, mais que ça ne change rien aux motifs.

« Il y a un point où l'on s'interroge. Certains disent que le chien a été tiré à 50 pieds du garage, alors que les policiers placent plutôt l'animal à 15 ou 20 pieds du bâtiment au moment des événements. Notre expert, le vétérinaire Yves Dubord, assure que la balle tirée par M. Chassé est entrée par le museau et non pas latéralement (par l'arrière). Cela démontre que le chien fonçait sur mon client et que celui-ci n'a pas eu le choix de se défendre. La scène parle d'elle-même », a indiqué l'avocat de la défense.

Me Karen Inkel... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Me Karen Inkel

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Jimmy Dorval

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Pas crédible, dit la Couronne

Richard-Yves Chassé ne présente pas une grande crédibilité en raison des mensonges invoqués pour sa défense et il aurait pu choisir une autre option que celle de tirer envers le chien de ses voisins. Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), est catégorique. L'accusé est responsable de la mort du chien Goliath et il doit être reconnu coupable des accusations déposées contre lui.

« Je dois mettre en doute la crédibilité de l'accusé. Il a dit ne pas avoir tiré sur le chien, qu'il ne savait pas ce qui s'était passé. Il l'a dit aux propriétaires de l'animal et ensuite aux policiers. Il a menti, car il est venu dire à son procès qu'il avait tiré sur le chien pour se défendre », a soutenu Me Inkel, lors de sa plaidoirie devant le juge Richard P. Daoust. 

« Lorsqu'il dit que le chien lui faisait face, ce n'est pas le cas. La preuve démontre que la balle est entrée de façon latérale et non pas par le museau. En plus, M. Chassé a tiré sur l'animal sans viser, sur l'heure du midi, au moment où il y a des enfants dans le secteur. Ce n'est pas arrivé dans une région sauvage. Il y a de la construction résidentielle dans le secteur », a ajouté Me Inkel.

Celle-ci croit aussi que M. Chassé aurait pu se diriger dans la maison afin d'assurer sa sécurité. À la place, il est entré dans son garage, a pris son arme et a tiré sur le chien.

Même si l'accusé prétend qu'il voulait protéger ses propres animaux d'une attaque du chien, la procureure de la Couronne ajoute qu'il n'a démontré aucune preuve de ce qu'il avance.

« Selon le témoignage de l'accusé, il aurait remarqué que son veau présentait une morsure à une patte. En voyant ça, il a voulu protéger son animal en agissant comme il l'a fait. Pourtant, il n'a présenté aucune photo de cette blessure. Rien ne corrobore ce qu'il prétend. »

« Quant au fait qu'un voisin lui a dit, au lendemain de l'événement, qu'il avait dû utiliser du poivre de Cayenne pour éloigner le chien, l'accusé ne peut dire qu'il avait alors peur du chien, car au moment où il a tiré, il n'était pas au courant de ce fait », de présider Me Inkel.

Les deux témoins de la défense, qui sont venus dire que le veau avait été mordu, n'ont fait que rapporter ce qui leur avait été mentionné par M. Chassé, soutient Me Inkel.

Le juge Richard P. Daoust rendra sa décision sur la culpabilité ou non de Richard-Yves Chassé vendredi après-midi au Palais de justice de Chicoutimi.

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