Encore beaucoup d'action à Saint-Jean-Vianney

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Plusieurs automobilistes étaient présents à Saint-Jean-Vianney, vendredi midi, et quelques-uns ont amorcé des discussions.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Le secteur de Saint-Jean-Vianney est encore très fréquenté par les hommes en quête de rapports sexuels. En quelques minutes à peine, Le Quotidien a constaté la présence de plusieurs individus qui s'y étaient donné rendez-vous sur l'heure du midi, jeudi et vendredi. La journaliste et le photographe du Quotidien ont même été témoins d'un échange de billet de 20$ entre un homme d'âge mûr et un plus jeune individu, lors de leur visite sur les lieux.

Depuis mardi, les activités sexuelles qui auraient cours dans certains parcs de Saguenay font jaser. Le parc de la Colline de Chicoutimi-Nord a d'ailleurs été ciblé par les autorités municipales, en début de semaine, lorsque le conseiller Marc Pettersen a fait une sortie à cet effet. Alors que ce parc, situé à proximité de l'École secondaire Charles-Gravel, semble maintenant désert, il en va tout autrement des sentiers de Saint-Jean-Vianney.

Les rapports sexuels en plein air qui s'y déroulent sont maintenant un secret de Polichinelle. Plusieurs reportages ont été réalisés à cet effet et le maire de Saguenay, Jean Tremblay, avait promis, en mars dernier, de «mener la vie dure» aux amateurs de sexe et d'y envoyer la police.

Mais les avertissements des autorités municipales ne semblent pas avoir fait peur aux visiteurs des sentiers de Saint-Jean-Vianney. Jeudi, vers 12h15, sept véhicules ont été dénombrés par Le Quotidien, en une dizaine de minutes. Le manège est toujours le même. Deux automobilistes se croisent, ils s'arrêtent et échangent un peu, puis s'isolent ensuite dans les bois.

La journaliste et le photographe ont d'ailleurs circulé dans un sentier, où un échange de billet de 20$ entre deux hommes, dont un jeune et un autre plus âgé, a été aperçu. Mis au fait de la situation, le porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay, Bruno Cormier, a affirmé que des enquêteurs allaient être informés.

Shipshaw

En 2009, les activités sexuelles qui avaient lieu dans le secteur du chemin Wilson, à Shipshaw, avaient également été dénoncées. Le Progrès-Dimanche s'y était d'ailleurs rendu, par un après-midi d'été. Des hommes nus, pratiquant la masturbation ou la fellation dans les herbes hautes, avaient été aperçus.

Avec le développement domiciliaire situé à proximité, les rencontres semblent moins fréquentes à cet endroit.

Google

Les activités sexuelles à Saint-Jean-Vianney ont fait le tour du monde, en 2013, lorsqu'une caméra de Google Street View a capté deux hommes, les pantalons aux genoux.

L'image, devenue rapidement virale, s'était répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

Durant notre passage, un homme a fait une... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Durant notre passage, un homme a fait une courte escapade dans un sentier, avant de quitter les lieux en voiture.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

L'action ne manque pas

(Jonathan Hudon) - Si la sortie de différents élus de Saguenay a ralenti les ardeurs des amateurs d'activités à caractère sexuel au parc de la Colline, l'action n'a pas les mêmes effets à Saint-Jean-Vianney. Pour une deuxième journée de suite, un représentant du Quotidien a pu constater que l'action ne manquait pas sur la route isolée menant à l'ancien village situé entre Shipshaw et Chicoutimi.

Sur l'heure du dîner à Saint-Jean-Vianney, vendredi, plusieurs automobilistes ont été aperçus, en train de flâner aux travers les nombreux embranchements. En moins de 30 minutes, au moins cinq voitures différentes se retrouvaient sur les lieux, si bien qu'il était plutôt ardu d'y circuler.

Le journaliste du Quotidien croyait bien se faire interpeller à un certain moment, lorsqu'un homme d'une trentaine d'années a quitté son automobile, avant de longer celui de notre journaliste et disparaître dans un sentier boisé. Aucun élément n'a permis de constater que l'individu était là avec l'intention d'y commettre des actes répréhensibles. Quelques minutes plus tard, il avait quitté les lieux.

Peu de temps après, Le Quotidien a demandé quelques informations d'usage à un automobiliste qui rôdait dans le secteur, par exemple si tel sentier était accessible en auto, ou encore pour savoir ce qui se trouvait au bout du chemin. L'homme d'un certain âge a répondu à ces deux questions sans hésitation, mais lorsqu'on lui a demandé pour quelle raison il y avait autant de voitures à un seul endroit, il a soufflé qu'il n'en savait rien puisque c'était la première fois qu'il y venait.

Sinon, nous avons pu constater que deux automobilistes s'abordaient à bord de leur voiture respective, sans toutefois ne jamais quitter le siège du conducteur.

Ne pas mélanger orientation et déviance sexuelle

(Patricia Rainville) - Le Service de travail de rue de Chicoutimi assure que les hommes qui s'adonnent à des relations sexuelles en plein air n'ont pas nécessairement de déviance. Les intervenants ont tenu à ramener les pendules à l'heure, surtout à la suite des propos du maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui avait qualifié ces hommes de «désaxés potentiellement dangereux».

«Nous tenons à préciser qu'il est important de dissocier une orientation sexuelle et une déviance sexuelle. Nous devons aussi prendre en compte que les hommes fréquentant ces milieux le font de manière consentante», a affirmé la coordonnatrice du Service de travail de rue de Chicoutimi, Janick Meunier.

«Nous sommes conscients que cette réalité est peu connue et peut s'avérer dérangeante, mais il est important d'éviter que ces gens soient victimes d'actes de nature criminelle», a-t-elle ajouté.

L'effet escompté au parc de la Colline

Le conseiller Marc Pettersen se réjouit de voir que le parc de la Colline semble déserté par les amateurs de sexe en plein air. En effet, les avertissements du conseiller municipal, puis du maire de Saguenay, Jean Tremblay, semblent avoir eu l'effet escompté. Les sentiers du parc étaient complètement déserts, au cours des deux derniers jours.

«J'y suis allé jeudi matin et il n'y avait personne. Même mercredi, je n'ai pas vu d'automobile stationnée. Je pense que ces individus ont compris. Et je pense qu'ils ne reviendront plus», a indiqué le conseiller Pettersen, lors d'un entretien accordé au Quotidien.

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