La requête en inhabileté contre Me Cantin rejetée

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Le criminaliste Charles Cantin

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Le criminaliste Charles Cantin pourra continuer à défendre les intérêts de Carl Lussier et de Julie Morissette.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a rejeté la requête en inhabileté présentée par Me Mélanie Paré, du ministère public, qui estimait que Me Cantin se trouvait en conflit d'intérêts dans cette affaire, étant donné que le bureau d'avocats de Jonquière avait déjà représenté la présumée victime dans le dossier, Martin Duchesne.

Le couple est accusé de tentative de meurtre sur la personne de M. Duchesne (ex-conjoint de Mme Morissette), d'utilisation d'une arme prohibée, d'enlèvement et de séquestration dans cette histoire.

Lundi, le tribunal a eu à se pencher sur l'apparence de conflit d'intérêts du bureau de Me Cantin dans ces éventuelles procédures. La présumée victime se sent mal à l'aise d'être éventuellement contre-interrogée par le criminaliste de Jonquière étant donné que celui-ci pourrait avoir des informations compromettantes à son endroit.

Lundi, Duchesne a raconté avoir eu des discussions, au cours des dernières années, avec tous les avocats du bureau de Cantin, Bouchard et Boulianne. Chaque fois qu'il a dû se rendre au tribunal, Duchesne voulait communiquer avec Me Boulianne. Mais il n'y est pas parvenu très souvent. Il a plutôt été redirigé à un autre bureau en raison de conflits d'intérêts apparents.

Malgré tout, Martin Duchesne a été représenté par l'avocat Boulianne, lors d'une sentence survenue en septembre 2013.

Le témoin principal dans le dossier de tentative de meurtre a aussi communiqué, le 21 juin, avec Me Boulianne pour lui dire qu'il venait de dénoncer Julie Morissette et Carl Lussier. Il demandait au criminaliste de passer le message dans le milieu criminel qu'il ne s'était pas mis à table et qu'il n'avait pas dénoncé qui que ce soit d'autre. «J'ai contacté Me Boulianne environ 40 minutes avant de faire ma déposition au poste de police. Je lui ai dit que j'avais dénoncé uniquement Julie et Carl pour ce qui m'était arrivé, que je n'avais pas parlé des autres. Je voulais que Me Boulianne passe un message afin de protéger mes enfants et ma famille», a résumé Duchesne, actuellement en prison pour menaces et possession d'une arme à feu dans un dessein dangereux.

Sauf que la vision globale de Duchesne a été quelque peu corrigée par Me Boulianne. «Même si je le connais de nom depuis longtemps, je n'ai représenté M. Duchesne qu'à une reprise. Il n'est jamais venu à mon bureau. Quant à la conversation du 21 juin, elle a eu lieu, mais après que M. Duchesne ait parlé avec la police. Il ne m'a pas appelé lors d'une relation client-avocat, car il savait que je représentais Julie Morissette. Je lui ai dit que je n'étais pas là pour faire ses messages, qu'il devait les faire lui-même», a repris Julien Boulianne, précisant qu'il n'avait pas de numéro de téléphone pour contacter le milieu.

Au final, le juge Daoust peut bien croire que Martin Duchesne aurait voulu être représenté par Me Julien Boulianne au fil des années, mais que ça ne s'est pas vraiment concrétisé, à part une fois.

«Il n'y a pas de connexité entre le dossier actuel et celui de 2013. Quant à la conversation entre MM. Duchesne et Boulianne, elle a eu lieu, mais elle aurait pu être faite avec un journaliste ou un membre du public. Je ne vois pas de lien avocat-client dans ça. Il n'y a donc pas de lien suffisant pour priver M. Lussier d'être représenté par l'avocat de son choix», a conclu le juge Daoust.

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