Six fois moins d'accidents mortels depuis 1973

Il y a aujourd'hui six fois moins d'accidents mortels sur les routes du Québec... (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il y a aujourd'hui six fois moins d'accidents mortels sur les routes du Québec qu'en 1973. Pourtant, le nombre de véhicules en circulation a presque triplé.

«En 1973, il n'y avait pas de ceinture, pas d'appui-tête... Les autos ne se débâtissaient pas, les passagers oui. Aujourd'hui, une auto de F1 arrive à 300km/h, dérape, et le pilote est intact», remarque Gilles Dufour, expert depuis 43 ans à l'école de conduite Tecnic, faisant référence au récent accident au Grand Prix de Formule 1 en Belgique.

En 2015, selon le bilan routier annuel de la Société de l'assurance automobile du Québec, il y a eu 361 décès sur les routes de la province. On en dénombrait 2209 en 1973. À ce moment, il y avait 2 441 515 titulaires de permis au Québec, comparativement à 5 330 564 l'an dernier.

«En 1997, avec 766 décès, on trouvait notre résultat bon. Un décès reste par contre un décès de trop. L'objectif serait de zéro, mais c'est utopique», affirme M. Dufour.

Il y a aujourd'hui six fois moins d'accidents mortels sur les... (Le Quotidien) - image 2.0

Agrandir

Le Quotidien

Il y a aujourd'hui six fois moins d'accidents mortels sur les... (Le Quotidien) - image 2.1

Agrandir

Le Quotidien

Il ne faut pas nécessairement prendre en compte le nombre de véhicules en circulation pour comparer les données, affirme toutefois le professeur de l'École de criminologie et directeur du laboratoire en sécurité routière, Étienne Blais. Leur nombre est passé de 2 265 471 en 1973 à 6 310 810 l'an dernier.

«L'augmentation du nombre de véhicules crée une augmentation du nombre d'accrochages, mais pas nécessairement du nombre d'accidents mortels. Sur la Métropolitaine (à Montréal), par exemple, il y a tellement de véhicules qu'il y a congestion. Les accidents mortels à ce moment sont très rares.»

Il y a d'ailleurs eu 18 accidents mortels au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2015, contre 16 en Outaouais et 29 à Montréal. Les populations de ces régions sont respectivement de 275 000, 385 000 et 1,9 million d'habitants. «Il y a plus de circulation en milieu urbain et moins d'accidents mortels. En campagne, dans une courbe, si tu perds la maîtrise, il n'y a pas de pardon parce que tu arrives plus rapidement», explique Gilles Dufour.

Le Québec a connu son plus petit nombre de décès sur les routes en 2014, avec 322 morts.

«C'est en partie parce que les jeunes ont eu moins d'accidents lors de cette année. Les conducteurs de motocyclettes aussi avaient eu moins d'accidents, il faut le dire, mais les jeunes avaient connu une baisse de 41%. Peu importe les années, le phénomène des jeunes conducteurs ressort», explique Étienne Blais.

Gilles Dufour, expert chez Tecnic, explique que les... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 3.0

Agrandir

Gilles Dufour, expert chez Tecnic, explique que les automobiles ont bien changé au fil des ans

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

De nouvelles mesures demandées

La pose d'antidémarreurs éthylométriques dans tous les véhicules et l'aménagement de plus de «dos d'âne» font partie des solutions qui pourraient permettre d'améliorer encore davantage notre bilan routier, estime le spécialiste en sécurité routière Étienne Blais.

«Récemment, un coroner a proposé de criminaliser les textos au volant, rappelle le professeur de l'École de criminologie de l'Université de Montréal. C'est bien. Maintenant, pourquoi ne pas mettre des éthylomètres dans tous les véhicules? L'alcool au volant est un véritable problème. Les technologies existent pour changer les choses. Aussi, pourquoi ne pas bloquer les véhicules à une certaine vitesse? L'industrie automobile ne serait pas contente, mais il demeure que l'on ne peut pas dépasser certaines vitesses sur nos routes.»

M. Blais est convaincu qu'il y a possibilité de conjuguer la sécurité routière et les intérêts des restaurateurs (pour l'alcool) et de l'industrie automobile «afin d'obtenir de meilleurs résultats».

«Si on veut limiter les excès de vitesse, le plus facile est d'aménager l'environnement en conséquence, en installant par exemple des ''dos d'âne''. Si on installe des limiteurs de vitesse, il n'y a pas moyen de les passer sans ralentir. S'il y avait une véritable volonté politique, c'est en ce sens que l'on irait.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer