Mathieu Gagnon: 30 mois pour leurre informatique

Mathieu Gagnon pourrait se retrouver au centre de... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Mathieu Gagnon pourrait se retrouver au centre de détention spécialisé pour les délinquants sexuels, à Percé.

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Le juge Pierre Lortie condamne Mathieu Gagnon à 30 mois de détention pour avoir participé à deux événements de leurre informatique auprès de mineures et d'une policière qui s'est fait passer pour une adolescente.

Après une réflexion de quelques heures, le magistrat s'est ainsi rangé derrière la suggestion de Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). En revanche, le juge a retranché sept mois de détention préventive, ce que demandait le criminaliste Me Louis Belliard, qui avait espéré une sentence de 18 mois pour son client.

En novembre 2015 et en février 2016, Gagnon, âgé de 33 ans, a utilisé Internet afin de contacter des jeunes filles pour des fins de gardiennage et en profitait pour demander des services spéciaux en retour d'une rétribution financière.

Le stratagème de Gagnon a vite été dénoncé par les adolescentes et leurs parents. Le fautif a été arrêté une première fois par les policiers.

L'accusé a été remis en liberté quelques jours plus tard, le 26 novembre, sous diverses conditions. Sa mère s'était portée garante et avait accepté de l'accueillir chez elle à Shawinigan. Elle avait fait valoir que son fils ne pourrait utiliser un ordinateur et Internet.

Malgré les précautions prises, l'accusé a commis un bris d'engagement au début du mois de décembre, moins de 10 jours après avoir repris sa liberté.

Et en février 2016, il a été pris au piège par une fausse adolescente de 13 ans (qui était en fait une policière) à faire encore du leurre informatique. Il avait notamment demandé à la jeune fille de faire des photos de son entrejambe et de ses seins.

« Je retiens certains facteurs aggravants comme l'antécédent de menace dont l'accusé ne semble pas avoir retenu la leçon. L'accusation de leurre informatique est passible d'une peine maximale de 14 ans et d'un minimum de 12 mois, qu'il y a deux victimes réelles et une victime virtuelle. Il a visé des personnes vulnérables et il n'a pas reconnu sa problématique », a mentionné le juge.

Celui-ci a aussi retenu des facteurs atténuants comme le plaidoyer de culpabilité, sa collaboration avec un agent de probation et ses problèmes de santé (neurologique).

Le juge croit que l'accusé pourrait se retrouver au centre de détention spécialisé de Percé (délinquant sexuel).

« Le juge a tenu compte des facteurs aggravants pour rendre sa sentence, notamment le fait qu'il était déjà accusé de leurre informatique avant de recommencer. La peine reflète la gravité des actes. Il ne faut pas oublier qu'il a offert des services sexuels à des mineures », indique Me Nicole Ouellet, de la Couronne.

De son côté, Me Belliard n'a pas été surpris de la sentence imposée à son client.

« Je pense que M. Gagnon est récupérable, car il n'avait aucun antécédent. Et il n'avait aucun historique de délinquant », a précisé Me Belliard.

Mathieu Gagnon sera soumis à une probation de 36 mois, sera inscrit au registre des délinquants sexuels à vie, ne pourra approcher un parc public ou avoir un emploi avec des mineurs pour cinq ans et ne pourra avoir de contacts avec les victimes.

Le juge Lortie croit que Gagnon est un client pour le centre de détention spécialisé pour les délinquants sexuels à Percé, mais il ne peut garantir qu'il sera envoyé à cet endroit.

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