Kevin Tremblay représenterait un trop grand risque

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La Couronne estime que Kevin Tremblay représente un risque pour sa propre sécurité.

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Kevin Tremblay, le barricadé de la rue Hemingway, représente un trop grand risque pour sa propre sécurité pour qu'il puisse être envoyé en thérapie.

Me Sabrina Tremblay, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), estime que le tribunal doit garder l'homme de 33 ans derrière les barreaux dans l'attente des procédures judiciaires.

«Il faut se souvenir que l'accusé a indiqué que la prochaine fois, il ne se manquerait pas, qu'il aurait dû agir pour que les policiers le tirent. Il a réitéré ses intentions le lendemain, à l'hôpital, en demandant à un policier de lui prêter son arme pour qu'il mette fin à ses jours. On voit qu'il a des intentions spécifiques de commettre des actes», a précisé la procureure de la Couronne.

L'individu a subi son enquête de remise en liberté jeudi et vendredi. L'homme a tenu en haleine les autorités policières durant 16 heures les 22 et 23 juillet à Chicoutimi. Il s'était barricadé et avait menacé de s'enlever la vie. Il doit répondre à des accusations d'avoir sciemment proféré des menaces de mort ou des menaces de causer des lésions corporelles aux policiers de Saguenay, d'avoir utilisé une arme à feu de manière négligente, de l'avoir utilisée dans un dessein dangereux, d'avoir braqué une arme à feu sur les agents de la paix, d'avoir été en possession d'armes à feu, d'un bris de condition et d'avoir effacé ou maquillé un numéro de série sur une arme à feu.

Me Tremblay a aussi précisé que l'accusé possède des antécédents de violence, ainsi que des antécédents liés aux armes à feu. Il compte huit peines d'emprisonnement à son actif et a commis pas moins de 26 bris de probation.

«Il avait encore des armes à feu en sa possession au moment de son arrestation, alors qu'il a une ordonnance du tribunal lui interdisant d'en avoir pour la vie. Il ne respecte pas les ordonnances.»

«L'homme a une problématique de consommation de stupéfiants, d'alcool et de médicaments. Il dit qu'il veut aller en thérapie plutôt que de demeurer en prison et qu'il est prêt à aller aux rencontres des narcotiques anonymes et des alcooliques anonymes uniquement s'il est accompagné. Les garanties offertes ne sont pas suffisantes», d'ajouter Me Tremblay.

Cette dernière ne semble pas non plus croire à la sincérité des excuses de l'accusé relativement au doigt d'honneur fait aux photographes de presse au moment de sa comparution devant la Cour du Québec.

«Monsieur a dit qu'il était encore dans les vapeurs à ce moment-là. Pourtant, en page une du Quotidien (preuve déposée) de ce matin (vendredi), on voit encore M. Tremblay faire des doigts d'honneur aux médias. Il n'est pas accusé de ce geste, mais je crois que ça démontre bien son état d'esprit», a relaté la représentante du ministère public.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, rendra sa décision le lundi 1er août.

«C'est sa seule façon de s'en sortir», croit Me Cantin

«Si l'on se fie aux apparences, à ce que l'on voit dans les médias et que le tribunal déciderait de garder Kevin Tremblay en détention, il me serait difficile de contester la décision. Mais en même temps, la décision ne serait pas non plus révisable si le juge envoyait mon client en thérapie. Je crois que M. Tremblay a moins de chance de consommer en thérapie qu'en prison. La thérapie, c'est sa seule façon de s'en sortir.»

Me Charles Cantin a tout tenté pour obtenir une décision favorable du juge Richard P. Daoust dans l'enquête de remise en liberté du barricadé de la rue Hemingway, à Chicoutimi. Il admet que la pente est abrupte pour obtenir gain de cause dans une affaire assez particulière.

Le criminaliste estime offrir des garanties «ultras maximales» pour assurer la sécurité de l'accusé et celle du public.

Il croit que la thérapie fermée de trois à quatre mois et le fait que la grande amie de Tremblay accepte de le prendre sous son aile à la fin de sa thérapie devraient convaincre le tribunal et un public bien informé que sa sortie de prison ne représente pas un danger.

«Je crois que mon client peut bénéficier d'une opportunité. Il voudrait être un citoyen normal, mais n'a pas eu les choses faciles dans sa vie. Ce n'est pas tous les jours qu'un jeune de huit ans trouve de la drogue et la consomme ou qu'il se fait dire par sa mère en état d'ébriété qu'il est un bon à rien et qu'elle aurait dû le noyer dans son urine.»

«Malgré tout, je crois qu'avec une thérapie et un suivi, qu'il peut y avoir une lueur d'espoir», a ajouté Me Cantin.

Le juge Daoust s'est montré inquiet au sujet de la possibilité que l'accusé quitte sa thérapie.

«Que va-t-il faire si les choses ne vont pas bien? Je ne peux occulter le fait qu'il ait dit qu'il ne se manquerait pas la prochaine fois», a questionné le magistrat.

Sur cet aspect, le criminaliste demeure confiant qu'il ne se produise rien.

«Je ne pense pas qu'il voulait mourir tant que ça. S'il avait vraiment voulu, ça serait arrivé lors des événements des 22 et 23 juillet. Lors de son témoignage, vous avez vu le vrai Kevin Tremblay. Malgré quelques petits ratés, il a témoigné comme un homme honnête et crédible», a repris Me Cantin.

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