L'homme barricadé à Chicoutimi maîtrisé après 16h de siège

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Les agents étaient postés partout autour de la maison de la mère du barricadé, où se dernier ne pouvait pas se trouver, en raison d'une interdiction de la Cour.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Armé et barricadé chez sa mère durant 16 heures, un homme de 35 ans a été maîtrisé par les agents de l'escouade tactique de la Sûreté du Québec, samedi à 15h10, sur la rue Hemingway, à Chicoutimi.

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L'homme barricadé a tenu les policiers en haleine durant 16 heures.

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L'individu, qui avait une interdiction de la Cour de se trouver à cet endroit et qui possède de nombreux antécédents judiciaires en matière de violence, n'a pas été blessé, mais il a été transporté à l'hôpital pour y être pris en charge.

En matinée, samedi, l'histoire de l'homme abattu de la rue Saint-Germain, à Jonquière, le samedi 9 juillet dernier, semblait se répéter. En effet, depuis 23 heures, vendredi, les agents de l'escouade tactique de la Sûreté du Québec, armé de leur fusil d'assaut, étaient postés autour de la résidence de la rue Hemingway, où l'individu de 35 ans s'était emmuré. Il avait en sa possession deux armes à feu et avait tenu des propos menaçants.

L'homme, qui venait de terminer une peine de prison, s'était rendu chez sa mère en soirée. C'est un peu avant 23h qu'un appel a été fait au 911. On ignore si c'est la dame qui a alerté les policiers.

Les premiers agents sont arrivés sur place quelques minutes plus tard. Un peu après minuit, les agents ont été en mesure de faire sortir la mère de l'homme, qui se trouvait jusque là à l'intérieur avec son fils. Elle a pu sortir de la maison saine et sauve, mais son fils a refusé de coopérer. Après être sorti sur la galerie quelques secondes, il s'est engouffré dans la résidence.

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Les agents ont utilisé le robot de la SQ pour entrer en contact avec l'homme.

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L'escouade tactique de la Sûreté du Québec a pris l'opération en charge.

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Une importante opération a alors été enclenchée. Les agents n'ont pas été en mesure de rentrer en contact avec l'homme de la nuit, surveillant ses gestes à l'aide de caméras infrarouges. Selon ce qu'il a été possible d'apprendre sur les lieux, l'individu se serait cuisiné un plat et serait sorti par-derrière pour se prendre une bière. 

Vers 13h, samedi, les agents ont utilisé le robot de l'escouade tactique, afin d'entrer en contact avec l'homme. Ça faisait maintenant 14 heures qu'il était barricadé. 

Aux alentours de 14h, trois détonations ont été entendues. Alors que plusieurs croyaient qu'il s'agissait de coups de feu, le porte-parole de la Sûreté du Québec, Jean Tremblay, a expliqué qu'il s'agissait de tirs à blanc. «Nous espérons ainsi provoquer une réaction de la part de l'homme», a fait valoir Jean Tremblay. Deux autres tirs ont été entendus quelques minutes plus tard. 

C'est précisément à 15h10 que l'individu a finalement été maîtrisé par les policiers, lorsque ces derniers ont vu une «fenêtre d'opportunité», a indiqué Jean Tremblay. Il n'a pas été possible de savoir si l'individu a été maîtrisé à l'extérieur ou à l'intérieur de la résidence. Les journalistes ne pouvaient pas avoir de contact visuel avec la scène. 

Aucun coup de feu n'a été tiré et l'homme n'a pas résisté à son arrestation. Personne n'a été blessé au cours de l'opération. Les ambulanciers, qui se trouvaient à proximité depuis 23h la veille, ont rapidement pris en charge l'homme de 35 ans. Il a été transporté à l'hôpital pour y recevoir des soins. Il fera également face à des accusations criminelles. 

La mère du jeune homme, qui a passé la nuit et la journée sur place, a sauté dans les bras d'une amie de son fils, lorsque les agents lui ont annoncé la nouvelle.

Une intervention de Francy Ntetu

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En arrivant sur place à 14h30, Francy Ntetu a proposé son aide aux enquêteurs.

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L'intervention du boxeur bien connu dans la région, Francy Ntetu, pourrait avoir joué un rôle dans le dénouement de l'affaire de la rue Hemingway. En effet, le sportif, qui connaît bien celui qui s'est barricadé chez sa mère, a demandé aux enquêteurs que son nom soit mentionné à l'individu en détresse. Il a également lancé un message sur les ondes de RDI et de LCN.

«Je sais qu'il (l'homme barricadé) m'a toujours apprécié et j'aimerais l'aider. Nous nous connaissons depuis qu'on est enfants. Je sais qu'il a eu des problèmes de santé mentale et de consommation et il doit être pris en charge. Lorsqu'il sortait de prison, on se voyait et je sais qu'il était fier de mon parcours. Je pense que mon nom lui sonnera une cloche», a affirmé Francy Ntetu, qui a offert son aide aux enquêteurs en arrivant sur place vers 14h30.

On ignore si les agents ont mentionné le nom de Francy Ntetu à l'homme barricadé, ni si ce dernier a entendu les messages télévisuels de son ami. «Je ne peux pas répondre à cette question pour l'instant», a indiqué le porte-parole de la Sûreté du Québec.

Quoi qu'il en soit, l'homme a finalement été maîtrisé peu de temps après l'arrivée de Ntetu sur place.

Ce dernier a d'ailleurs été soulagé d'apprendre que son ami d'enfance s'en sortait sain et sauf. «C'est certain que j'ai eu peur. C'est le meilleur dénouement qu'on pouvait espérer», a indiqué le pugiliste.

Quinze résidences évacuées vendredi

Une quinzaine de résidences ont été évacuées, vendredi soir, lorsque les policiers ont appris qu'un individu armé et menaçant avait trouvé refuge sur la rue Hemingway. Une vingtaine de voisins ont donc dû patienter plus de 16 heures, à quelques coins de rue de chez eux.

«Ce n'est pas bien drôle, on est pris en otage. Les policiers nous ont dit de quitter rapidement et ils ne sont pas revenus nous voir. On ne sait pas ce qui se passe et on ne sait pas jusqu'à quand on va rester ici», a affirmé un voisin, découragé de la situation.

Une dame, qui subit actuellement des traitements de chimiothérapie, patientait dans son véhicule et déplorait le fait qu'elle ne puisse pas avoir accès à sa résidence, où sa médication se trouvait.

«J'aimerais surtout que les policiers viennent nous voir et nous expliquent un peu la situation», a ajouté la dame.

Questionné à ce sujet par la journaliste du Progrès-Dimanche, le porte-parole de la Sûreté du Québec, Jean Tremblay, a admis qu'il n'existait pas de protocole pour ce genre de situation. Dans les cas de sinistres, par exemple, la Croix-Rouge est appelée sur place.

Mis au fait de la situation, l'agent de la Sécurité publique de Saguenay Jean-François Imbeault s'est rendu auprès des évacués pour connaître leurs inquiétudes. Il a pris en note les interrogations des gens et leur a remis des bouteilles d'eau.

Il leur a également proposé de faire venir un autobus climatisé, mais les évacués ont décliné l'offre.

Dans le blindé de la SQ

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Deux personnes âgées ont été évacuées à bord du camion blindé de la Sûreté du Québec.

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Deux personnes âgées ont été évacuées à bord du camion blindé de la Sûreté du Québec, samedi en avant-midi. Elles ignoraient qu'elles devaient quitter leur demeure de la rue Hemingway.

Alors que tous les résidants de la rue avaient été évacués en soirée vendredi, deux personnes âgées se trouvaient toujours dans leur maison, samedi matin.

Il n'a pas été possible de savoir si elles n'avaient tout simplement pas entendu les policiers sonner et cogner à leur porte vendredi soir. En avant-midi, les policiers se sont aperçus qu'une demeure était toujours habitée et ils ont vite remédié à la situation. Afin que les deux aînés ne risquent pas d'être blessés, ils ont été évacués à bord du camion blindé de la SQ. Ils ont ensuite été pris en charge à bord de l'autobus des enquêteurs et un proche est venu les chercher.

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