Abattu après 16 heures de siège

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Simon Simard s'est effondré sur la galerie, après avoir reçu deux balles dans la poitrine. Les agents lui ont demandé de lever les bras et de se coucher au sol, ce qu'il a refusé de faire. Il s'est à nouveau engouffré dans son appartement avant de ressortir avec sa bonbonne. C'est à ce moment que les policiers ont fait feu.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Après 16 heures de siège, Simon Simard, qui s'était barricadé dans son appartement de la rue Saint-Germain à Jonquière, a été tué par les policiers de la Sûreté du Québec, un peu après midi, samedi. Armé d'un dispositif explosif, il a refusé de se rendre, forçant les agents à faire feu à 12h33. Touché par deux balles, le Jonquiérois de 27 ans s'est effondré sur sa galerie.

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Lorsqu'il est sorti une première fois, vers 12h15, Simon Simard n'était pas armé. Les agents lui ont demandé de lever les bras et de se coucher au sol, ce qu'il a refusé de faire. 

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Le bélier mécanique a finalement été utilisé vers midi, afin de défoncer la porte de la résidence. Le camion est muni d'un bras mécanique à l'avant. 

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Son décès a été constaté à l'hôpital de Chicoutimi. Selon les informations disponibles au Bureau des enquêtes indépendantes du Québec, qui a repris le dossier, il a succombé à ses blessures pendant son hospitalisation.

Le jeune homme s'était barricadé dans son appartement peu après 20h, vendredi, après avoir commis un vol de médicaments dans une pharmacie de Jonquière. Armé d'une bonbonne et d'un détonateur, l'individu menaçait de «se faire exploser», ce qui avait forcé l'évacuation d'une dizaine de résidences avoisinantes. La menace était d'autant plus prise au sérieux puisque des informations selon lesquelles le jeune homme était à l'aise avec la fabrication de bombes artisanales circulaient.

C'est vers minuit que l'homme est sorti une première fois sur sa galerie, lorsque les policiers ont voulu lui parler. Il est sorti avec sa bonbonne et un détonateur, affirmant qu'il allait se faire «sauter». Les policiers ont rapidement battu en retraite.

Dès 1h, toujours dans la nuit de vendredi à samedi, les artificiers de la Sûreté du Québec ont été dépêchés sur place, en raison de la menace d'explosion. En matinée, samedi, le périmètre de sécurité avait été élargi et près de 40 policiers étaient postés aux alentours. Le bélier mécanique de la Sûreté du Québec était stationné à proximité, utilisé pour défoncer les portes sans risques de blessures.

Une longue opération a été mise en branle par l'escouade tactique de la SQ. Vers 10h, samedi matin, les agents de l'escouade ont commencé à bouger, s'approchant de la résidence où le jeune homme louait un 11/2 depuis quelques années. Le bélier mécanique s'est également approché avant de se stationner devant la résidence. Un robot a été utilisé pour entrer en communication avec le barricadé et une sirène a longtemps été entendue. Malgré les efforts déployés, le jeune homme refusait de discuter et de se rendre.

Porte défoncée

Vers 12h15, le bélier mécanique s'est dirigé tranquillement vers la maison et la porte a été défoncée à deux reprises. Les agents de l'escouade tactique étaient toujours postés sur la galerie et l'individu est finalement sorti.

«Lève tes mains et couche-toi au sol!», a lancé un policier.

Le jeune homme a refusé de coopérer, levant plutôt les bras en guise de protestation. Il s'est à nouveau engouffré dans son appartement. Quelques minutes plus tard, il est ressorti, mais cette fois-ci avec sa bonbonne sur l'épaule. Il s'est dressé devant les agents, refusant toujours de lâcher son arme.

En une fraction de seconde, les agents ont tiré deux coups de feu, qui ont atteint le jeune homme à la poitrine. Il s'est effondré sur sa galerie.

Les ambulanciers sont arrivés en renfort, procédant aux manoeuvres de réanimation. L'individu a été transporté au centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Le dossier a été transféré au Bureau des enquêtes indépendantes du Québec, étant donné que ce sont des agents de la SQ qui ont fait feu. C'est l'enquête qui déterminera si les agents n'avaient pas d'autre choix que de tirer sur l'homme armé.

Le Bureau des enquêtes indépendantes a été créé afin de lever tout soupçon sur l'indépendance et l'impartialité des enquêtes menées sur des événements impliquant un corps de police. (Avec Laure gagnon-Tremblay)

Le siège aura duré 16 heures, forçant l'évacuation... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Le siège aura duré 16 heures, forçant l'évacuation des résidants de la rue Saint-Germain, à Jonquière.

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Le criminaliste Me Julien Boulianne a tenté de communiquer avec son ancien client, mais en vain. Le cellulaire de Simon Simard était hors fonction.

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L'auteur du dernier vol de médicaments

Simon Simard est bel et bien l'auteur du vol de médicaments commis à la pointe d'un couteau, vendredi soir, à Jonquière. Selon plusieurs personnes rencontrées sur les lieux samedi et qui connaissaient le jeune homme, ce dernier avait une grave problématique de consommation de stupéfiants et de médicaments. Il était également connu des policiers.

Les policiers n'ont toutefois pas pu confirmer si le jeune homme était également l'auteur des deux premiers vols de médicaments, commis plus tôt cette semaine à Jonquière, toujours dans des pharmacies.

Bien que la problématique du jeune résidant de la rue Saint-Germain semblait être connue, les résidants du secteur et le propriétaire de la maison où logeait l'individu n'avaient rien à redire sur lui.

«Il payait son loyer le 1er du mois et je ne le voyais pas souvent», a affirmé le propriétaire, qui a été prié de sortir de chez lui en soirée vendredi, tout comme les autres résidants de la rue Saint-Germain.

«On était aux premières loges durant la nuit. On a vu les policiers entrer puis ressortir en disant que l'homme avait une bombe», a affirmé le voisin d'en face.

Des centaines de curieux se sont déplacés près de la rue Saint-Germain, samedi, lorsque l'information selon laquelle un homme était barricadé et armé d'un dispositif explosif a commencé à circuler. Outre les résidants du secteur, des dizaines de passants se sont arrêtés pour jeter un oeil.

Me Boulianne sur place

Celui qui a déjà représenté Simon Simard, le criminaliste Julien Boulianne, s'est également rendu sur place, après avoir appris que son ancien client cherchait à le contacter. Le criminaliste a également tenté de rentrer en contact avec lui par téléphone, mais sans succès. Le cellulaire du jeune homme était hors fonction.

Selon Me Boulianne, l'individu était un bon jeune homme.

Selon les informations obtenues, l'individu avait été arrêté en 2012, après avoir commis un vol à Jonquière. Il avait voulu prendre la fuite en fonçant sur les policiers avec sa voiture. À l'époque, il avait été accusé de vol simple et d'agression armée.

Les pompiers se tenaient prêts à intervenir, advenant... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 3.0

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Les pompiers se tenaient prêts à intervenir, advenant une explosion.

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Simon Simard, 27 ans, s'était barricadé dans son appartement peu après 20h, vendredi, après avoir commis un vol de médicaments dans une pharmacie de Jonquière. Armé d'une bonbonne et d'un détonateur, l'individu menaçait de «se faire exploser». 

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Médias sociaux

L'opération de la Sûreté du Québec a soulevé l'indignation de nombreux internautes, samedi, sur les médias sociaux. Plusieurs affirmaient que les policiers auraient dû viser une autre partie du corps que la poitrine. Il est toutefois bon de rappeler que les policiers, devant une menace, sont entraînés pour viser et tirer la plus imposante partie du corps, en l'occurrence le torse

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Simon Simard est sorti une première fois avant de rentrer chercher sa bonbonne.

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Troisième événement dans la région

Simon Simard est le troisième à être atteint par les balles des policiers de la région, cette année. Le 18 mars dernier, un homme de 44 ans a été abattu par les policiers de Saguenay, sur la rue J.R. Théberge à Chicoutimi. Menaçant, il avait foncé tout droit sur les agents avant d'être atteint par balles. Il était armé d'un couteau. Le lendemain, les agents de la Sûreté du Québec tiraient sur un homme de 27 ans, à Dolbeau-Mistassini. C'est au terme d'une poursuite policière que le jeune homme avait été abattu. Les enquêtes pour ces deux événements sont toujours en cours.

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