Procès de «Pellicule»: un coup monté, selon la défense

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Sébastien Tremblay (à droite) ne nie pas avoir flatté la bedaine des enfants, mais n'avait aucune intention sexuelle

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Sébastien Tremblay, l'ancien moniteur « Pellicule » du Lac Pouce, ne nie pas avoir flatté le ventre de quelques enfants, de les avoir collés, mais il rejette les accusations de leur avoir touché le pénis et les fesses. Il estime qu'il s'agit d'une histoire inventée de toutes pièces parce que les jeunes ont voulu se venger.

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La criminaliste Marie-Ève St-Cyr estime que son client a été victime d'un coup monté par des jeunes.

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Du moins, c'est ce qu'a fait valoir l'avocate en défense au dossier, Me Marie-Ève Saint-Cyr, lors des plaidoiries, jeudi.

Tremblay est accusé d'avoir commis des attouchements sexuels et du voyeurisme sur huit jeunes de 11 et 12 ans lors d'un camp d'été en 2013 sur la base de plein air. Pellicule aurait profité de son poste de gardien de nuit pour entrer dans les dortoirs et procéder à certains attouchements.

Me Saint-Cyr a fait ressortir, devant le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, de nombreuses contradictions dans les témoignages des présumées victimes.

Jeunes excités

Les gestes se seraient notamment produits un soir où les jeunes étaient particulièrement excités et ne voulaient pas dormir.

« Trois jeunes disent que Pellicule leur a touché les fesses et le pénis un soir (le 31 juillet) en allant les coucher. Mais par la suite, ils ont dit que c'était arrivé au matin du 1er août. S'ils ont changé leur version, on peut croire qu'ils se sont parlé entre eux entre la première et la deuxième verbalisation des événements », relate la criminaliste.

« Ils se sont inventé une histoire ou du moins celle-ci est devenue plus grosse que prévu. Le mobile, c'est que les enfants n'ont pas apprécié avoir été chicanés la veille parce qu'ils étaient turbulents. Ils avaient taquiné mon client sur son air bizarre et le fait qu'il est homosexuel », ajoute Me Saint-Cyr, qui ne veut pas dire que l'orientation sexuelle de son client soit à l'origine de cette affaire.

Si Sébastien Tremblay avoue avoir flatté le ventre des enfants pour les réconforter, il nie avoir commis des attouchements sexuels.

« Il ne s'est pas aidé dans son témoignage en disant les avoir flattés, mais jamais il n'a eu d'intentions sexuelles. »

« Il le faisait pour détendre les jeunes qui s'ennuyaient durant la semaine. A-t-il utilisé le meilleur moyen? Non. Surtout que les règles du Lac Pouce interdisent des rapprochements avec les enfants. Mon client a enfreint les règles, mais il croyait qu'il devait remplacer les parents durant la surveillance de nuit », poursuit-elle.

Me Saint-Cyr croit que son client devrait être acquitté des accusations d'attouchements sexuels et de voyeurisme étant donné qu'il ne peut être prouvé hors de tout doute raisonnable qu'il puisse avoir posé les gestes et en raison des contradictions des enfants.

Le verdict sera rendu le mercredi 5 octobre.

Me Nicole Ouellet, de la Couronne, croit que... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Me Nicole Ouellet, de la Couronne, croit que Sébastien Tremblay est effectivement entré dans les dortoirs des enfants pour y commettre des attouchements sexuels.

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Pour la Couronne, les enfants sont les seuls à savoir

« La personne qui sait le plus ce qui s'est passé, c'est celle qui l'a vécu (attouchements sexuels). »

Me Nicole Ouellet, procureure de la Couronne, estime que le tribunal doit croire la version des présumées victimes de Sébastien Tremblay (« Pellicule » du Lac Pouce) et qu'il doit être reconnu coupable de huit chefs d'accusation d'attouchements sexuels. Elle a reconnu qu'il pouvait être acquitté d'un chef de voyeurisme, ce qui a été prononcé.

« Le juge doit se demander s'il y a un doute raisonnable dans cette affaire ou si la poursuite a fait une preuve hors de tout doute raisonnable avec les éléments administrés au tribunal. Et je pense que nous y sommes parvenus », a ajouté Me Ouellet.

En fait, la représentante de la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) précise que le juge n'a pas à choisir une version par rapport à une autre. Le tribunal doit se baser sur les faits.

Et Me Ouellet répète que ceux qui savent le plus ce qui a pu se passer dans les dortoirs du centre du Lac Pouce, ce sont les enfants qui ont été victimes de « Pellicule ».

« Oui, il y a des contradictions dans les versions des enfants. Selon la Cour suprême du Canada, les critères à appliquer sur les témoignages des enfants ne sont pas tout à fait les mêmes que pour les adultes. Il n'est pas facile pour un enfant de se retrouver au tribunal. Si les jeunes ont parlé d'événements en soirée et en matinée, ce n'est peut-être pas parce qu'ils se sont mêlés, mais peut-être parce qu'il s'est passé des choses le soir et le matin », a précisé Me Ouellet.

D'autant plus que la Couronne prétend que l'accusé a fait une déclaration sur la chronologie des événements, deux jours après avoir été avisé des accusations, corroborant celle des enfants.

Contradictions

Si la défense a démontré certaines contradictions des enfants pour demander l'acquittement de son client, la Couronne en a fait de même avec les versions de l'accusé.

« Aujourd'hui, dans la plaidoirie, on dit que M. Tremblay est allé dans le dortoir numéro huit le matin du 1er août pour remettre les médicaments aux enfants, car il était important que les enfants les aient. Pourtant durant son témoignage, il a avoué ne pas y être allé, car il s'était fait taquiner la veille par les jeunes et qu'il ne voulait pas y retourner », a soutenu Me Ouellet.

Celle-ci s'est aussi interrogée sur le fait que l'accusé n'a jamais eu d'intention sexuelle et qu'il n'a pas touché aux parties intimes des victimes.

« L'accusé veut faire valoir au juge qu'il n'a pas fait ce qu'on lui reproche, mais que s'il l'a fait, c'est qu'il avait une raison de le faire (flatter le ventre) », ajoute la représentante du DPCP.

Quant à la possibilité d'une entente entre les enfants pour inventer une histoire, Me Ouellet croit que c'est en demander beaucoup à de jeunes enfants et penser qu'ils maintiendront la même version du début à la fin.

Me Nicole Ouellet prétend que « Pellicule » est entré dans la chambre des enfants, qu'il s'est couché dans le lit des jeunes et qu'il leur a touché les fesses et le pénis.

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