Un ex-militaire risque six ans de pénitencier pour leurre informatique

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Martin Bourque s'est montré en accord avec la peine de six ans de pénitencier et les 10 années comme délinquant à contrôler.

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L'ex-militaire Martin Bourque pourrait écoper de six années de prison et être déclaré délinquant à contrôler pour une période de 10 autres années.

Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a pris en délibéré la suggestion commune de Me Nicole Ouellet (Couronne) et de Me Sophie Bergeron (défense) dans ce dossier de leurre informatique. Il rendra sa décision vendredi.

Bourque, un individu de 37 ans, a été arrêté en juin 2015 après avoir tenté d'entrer en contact avec des mineures et d'avoir sollicité des relations sexuelles. Ce leurre informatique est survenu moins de deux mois après qu'il soit sorti de prison pour d'autres dossiers de même nature. Il avait alors écopé de 30 mois de pénitencier.

En juin 2015, Bourque a utilisé un ordinateur et s'est créé un profil Facebook pour tenter d'attirer des enfants de moins de 16 ans. Il se faisait passer pour une fille, une jeune mannequin, et il faisait miroiter à ses victimes une magnifique carrière de mannequin international.

En retour, la jeune mannequin, qui était en fait Martin Bourque, demandait des photos osées et en bikini des adolescentes. Pour avoir droit à cette carrière internationale et à la possibilité de gagner beaucoup d'argent, les victimes devaient aussi avoir des relations sexuelles avec Bourque, qui se disait le gérant du mannequin.

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Me Nicole Ouellet, de la Couronne, avait envisagé de faire déclarer Martin Bourque délinquant dangereux, mais s'est ravisée.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Me Sophie Bergeron, l'avocate de la défense, dit avoir misé sur la collaboration de son client dans le règlement du dossier.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Bourque n'a jamais rencontré ses victimes en personne ou ne leur a jamais parlé au téléphone. Tout se faisait par le biais des réseaux sociaux. Pour sa première victime, il avait poussé l'audace à lui donner un rendez-vous à Jonquière. La jeune fille ne s'y est jamais rendue.

Au total, Bourque a fait 13 victimes lors de sa récidive. Il avait été arrêté par les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) à la suite d'une plainte de l'une des victimes. Lors de la perquisition, les agents avaient découvert deux ordinateurs, ce qui était interdit à Bourque.

«Pour votre dossier, il s'agit d'un processus inhabituel. Je sais que vous avez collaboré dans cette affaire et que vous êtes d'accord avec la peine de six années de pénitencier et d'une période de 10 années comme délinquant à contrôler, mais je ne peux pas rendre une décision aussi rapidement. Je vais prendre le temps de lire la jurisprudence et de prendre connaissance du dossier», a exprimé le magistrat.

«Je vais rendre ma décision vendredi. Je veux m'assurer que la suggestion faite est satisfaisante et appropriée», a ajouté le juge.

De la peine de six ans de pénitencier, la Couronne et la défense ont demandé au magistrat de déduire le temps fait préventivement, soit 19,5 mois (13 mois à temps et demi).

Pour les événements de 2010, il avait été arrêté à la base militaire de Trenton, en Ontario. Par contre, les gestes reprochés s'étaient produits dans la région des Laurentides, au Québec. Il avait utilisé le nom de l'animatrice de télévision Geneviève Borne pour approcher ses victimes.

L'accusé collabore et demande une thérapie

Martin Bourque veut s'en sortir. Il souhaite obtenir de l'aide en thérapie afin de ne plus tenter d'avoir des contacts avec des jeunes filles.

Depuis son arrestation jusqu'aux représentations sur la sentence, en passant par le plaidoyer de culpabilité, l'homme de 37 ans a collaboré avec la justice et ses avocats. Son objectif a toujours été de régler le dossier le plus rapidement possible.

«Ce dossier aurait pu prendre encore plusieurs mois avant de se régler, car chaque partie aurait pu faire entendre son expert. Comme il n'y a pas de contestation sur les conclusions du rapport psychologique, sur le fait que M. Bourque devait être déclaré délinquant à contrôler, permet de vous plaider une suggestion commune», a indiqué Me Nicole Ouellet, procureure de la Couronne.

«M. Bourque a toujours voulu collaborer, car il est conscient de ses problématiques. Le fait qu'il soit déclaré éventuellement délinquant à contrôler pour 10 ans lui permettra de poursuivre les acquis qu'il obtiendrait durant sa détention et de le contrôler au terme de sa détention», a soutenu Me Ouellet.

En défense, Me Sophie Bergeron note que son client a effectivement besoin d'un encadrement lorsqu'il sortira du pénitencier.

«Il a toujours vécu dans un cadre très rigide durant son séjour dans l'armée. Et lorsqu'il n'y était pas, il était en prison. Il n'a pas eu droit à une thérapie et n'a pas eu de suivi à sa sortie de prison. Il avait besoin d'aide et en avait demandé, mais il n'en a pas eu. Là il voulait régler le plus vite possible et il accepte d'être délinquant à contrôler pour 10 ans. Cela en dit long sur sa collaboration», de note Me Bergeron.

Elle mentionne que son client est conscient des conséquences de ses gestes envers les victimes, que celles-ci peuvent avoir perdu confiance en leurs interlocuteurs sur Internet.

«Dans la suggestion que nous avons faite, nous avons tenu compte qu'il s'agit d'une récidive et qu'il a recommencé deux mois seulement après avoir repris sa liberté», de conclure Me Bergeron.

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