Soulèvement à la prison de Roberval: des détenus réclamaient plus de privilèges

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La prison de Roberval a été le théâtre du soulèvement de neuf détenus, dans la nuit de samedi à dimanche.

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Les prisonniers qui se sont soulevés, dans la nuit de samedi à dimanche à la prison de Roberval, ont eu le temps de casser des vitres - même extérieures - et du mobilier avant d'être maîtrisés par l'Équipe correctionnelle d'intervention d'urgence. Les détenus se sont rebellés parce qu'ils voulaient avoir plus de privilèges.

Les neuf détenus ont refusé d'obtempérer aux ordres des agents au moment de se diriger vers les cellules. Il s'agit de prévenus en attente de procès ou de sentences. Ils ont menacé le personnel en place, explique le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie.

Le poivre de Cayenne a été nécessaire pour maîtriser les malfrats. L'opération se serait terminée vers 1 h 30 du matin.

«Les détenus veulent plus de visites, plus d'accès au parloir, plus de sorties dans la cour... Plus de privilèges, quoi, affirme M. Lavoie. Le mot privilège spécifie bien que ça ne peut pas leur être donné pour rien. Ce n'est pas un Club Med!»

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Les prisonniers ont réussi à briser des vitres, explique le président du Syndicat, Mathieu Lavoie.

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Aucune évasion

Même s'ils ont réussi à briser au moins une vitre extérieure, les détenus n'ont pas pu s'enfuir. L'Équipe correctionnelle d'intervention d'urgence, l'équivalent de l'anti-émeute des services correctionnels, a réussi à contraindre les détenus, selon les informations transmises par le président du Syndicat, qui a parlé à des membres sur place.

Les agents ont donc empêché un soulèvement additionnel.

«À l'intérieur des murs, on a une clientèle qui n'est quand même pas la crème du Québec. On doit intervenir dans ce contexte», souligne-t-il.

Accusations

Le Syndicat espère maintenant que les prévenus feront face à des accusations en lien avec cet événement.

«On espère qu'il y aura des accusations portées contre les prévenus. On souhaite vraiment des accusations pour montrer aux détenus que ce n'est pas la bonne attitude à adopter. Il y a eu des méfaits.»

Aucun agent n'a été blessé dans l'opération. Il en serait de même des détenus.

Enquête interne

Du côté du ministère de la Sécurité publique, on affirme qu'une enquête interne sera mise en place. La responsable des communications, Alexandra Paré, parle de «désordre» pour qualifier l'événement. «Ce sont des choses qui arrivent à l'occasion. Il y a eu un désordre également dans une prison de Montréal la semaine dernière.»

Le Ministère assure que la sécurité des lieux et des personnes n'est pas compromise.

La Sûreté du Québec a été appelée en renfort, peu avant minuit, afin d'encercler la nouvelle prison. Les policiers n'ont toutefois pas pénétré dans les murs de l'établissement.

Reprendre le contrôle

Mathieu Lavoie soutient que l'on doit « reprendre le contrôle de nos établissements ».

« Cette situation vient conforter notre position qui veut que le balancier penche d'un côté, affirme le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec. Dans les années 80, le balancier penchait plus vers la répression. Maintenant, le pouvoir est de l'autre côté. Il faut ramener ça au centre. »

Le maire veut 15 embauches

Le maire de Roberval, Guy Larouche, se range derrière la position du Syndicat et souhaite lui aussi que 15 agents soient embauchés. L'événement qui s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche « n'est pas sécurisant pour la population, pour les prisonniers et pour les employés de la prison », selon le maire.

« Avec cet événement, je veux qu'on s'assure qu'il y aura encore plus d'agents. Qu'ils y aillent avec 15. Ce n'est pas sécurisant pour la population. Ce qui est rassurant, c'est de voir la rapidité avec laquelle la Sûreté du Québec est venue en appui. C'était très efficace. Ça n'a pas été long avant que ça revienne dans l'ordre. (...) Cet événement soulève beaucoup de questions. Si les gardiens doivent faire beaucoup d'heures supplémentaires, s'ils sont fatigués, c'est clair qu'ils sont moins vigilants. »

Le conseil de ville de Roberval se réunira lundi. « Une lettre sera envoyée au Ministère. Lundi, avec le conseil, on va voir si on va plus loin, décider quels gestes seront posés. Va-t-on adopter une résolution? On va décider lundi. »

Agents embauchés

Les sept nouveaux agents embauchés par le ministère de la Sécurité publique entreront en poste le 15 juillet. Le Syndicat en demandait 15.

« L'embauche a tardé et on voit ce que ça donne. Ça prend des investissements dans l'ensemble du réseau carcéral. Présentement, la question qui se pose est : "Où ce sera la prochaine fois? Dans quelle prison? " » La semaine dernière, un événement similaire s'est produit à Montréal, confirme le Ministère.

Comité de travail

Un comité de travail impliquant le Syndicat et la direction a déjà été mis en place, dès l'ouverture de la prison, pour analyser l'organisation du travail et faire des propositions à cet effet.

Dans un courriel, le Ministère affirme être confiant que l'ajout de sept nouveaux agents améliorera la situation.

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