Procès Dany Harvey: le chef Boucher s'explique

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Le chef de la police de Saguenay, Denis Boucher, a été satisfait de savoir que Marc Sénéchal n'avait pas de problème à enquêter sur le policier Dany Harvey (en arrière sur la photo).

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«À trois ou quatre reprises, j'ai demandé à Marc Sénéchal s'il était à l'aise d'enquêter dans le dossier de Dany Harvey étant donné qu'ils étaient tous les deux du service de police de Jonquière. Chaque fois, il m'a répondu qu'il n'y avait pas de problème et qu'il le ferait de manière neutre et objective. J'ai été rassuré.»

Même si des informations venaient à ses oreilles voulant que Marc Sénéchal se trouvait en conflit d'intérêts, jamais le directeur de police de Saguenay, Denis Boucher, n'a songé à lui retirer l'affaire.

Ce dernier a aussi été mis au courant que son directeur à l'éthique avait détruit des notes de ses interrogatoires dans cette histoire, une pratique contraire aux directives.

«Le supérieur de M. Sénéchal l'a rencontré et une enquête administrative a été lancée sur le sujet. Il sera question des notes jetées et du fait que la bande vidéo complète n'a pas été conservée», d'ajouter M. Boucher.

Le chef de police a aussi été interrogé sur un possible conflit avec Dany Harvey en lien avec le manque d'effectifs à La Baie il y a plusieurs années.

«Je me souviens des doléances de M. Harvey et de l'un de ses collègues. Je ne dirais pas qu'il y a eu un conflit, mais plutôt une mésentente en raison de l'acharnement de M. Harvey», a-t-il répondu.

Et sur le fait que le chef a tenu une conférence de presse pour parler des accusations contre l'un des membres du service de police, M. Boucher a dit qu'il voulait faire preuve de transparence.

Me Jean-Marc Fradette a fait remarquer qu'il s'agissait de la première et de la dernière conférence de presse de ce genre du chef de police.

«C'est du cas par cas. C'est un hasard que la première conférence de presse soit tombée sur le dossier de M. Harvey. Pour l'autre cas, survenu par la suite, nous n'avons pas tenu de conférence de presse, car les médias étaient déjà au courant», a conclu M. Boucher.

Dany Harvey discute avec son avocat Me Jean-Marc... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 2.0

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Dany Harvey discute avec son avocat Me Jean-Marc Fradette et son adjointe, Me Mélanie Decoste.

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Le juge Guimond prend la cause en délibéré

Le juge Paul Guimond a pris le dossier du policier Dany Harvey en délibéré au terme de quatre jours de procès. Il aura à déterminer si l'individu est coupable ou non de voies de fait sur un mineur et si un arrêt des procédures est justifié dans cette affaire.

Au cours des plaidoiries, Me Jean-Marc Fradette a prétendu que ce dossier n'aurait jamais dû se rendre à l'étape du dépôt des accusations et encore moins d'en arriver à la tenue d'un procès.

Le criminaliste croit que le directeur à l'éthique, Marc Sénéchal, n'aurait jamais dû accepter de prendre ce dossier en raison du conflit d'intérêts avec Dany Harvey.

«Il y a eu plusieurs manquements dans ce dossier. Il y a eu une accumulation de comportement de la police et de la Couronne qui m'ont amené à demander un arrêt des procédures», a repris Me Fradette.

«Il y a eu du laxisme de la part de M. Sénéchal à ne pas chercher à avoir toute la preuve, notamment avec la vidéo. Ça tombe mal, car c'est le dossier de Dany Harvey. Et ce fut naïf que de demander à quelqu'un s'il est en conflit d'intérêts. C'est même désastreux d'être aussi laxiste pour un chef de police», a-t-il ajouté.

Du côté de la Couronne, Me Amélie Savard demeure convaincue que les témoignages de ceux qui ont vu les gestes posés par Dany Harvey sont crédibles.

«Cela démontre que M. Harvey était en colère et fâché lors des événements et qu'il était en mode panique. Les contraintes physiques qu'il a commises n'étaient pas raisonnables», a-t-elle précisé.

Concernant la requête en arrêt des procédures, Me Michel Bérubé (Couronne) estime qu'elle n'est pas appropriée, car l'enquête a été menée sérieusement avec les témoignages de 20 personnes et que Marc Sénéchal n'a pas été le seul à enquêter sur cette affaire.

Il pouvait difficilement appliquer la non-judiciarisation dans le dossier, étant donné que cinq personnes ont été témoins des voies de fait.

Me Bérubé ne croit pas non plus que la destruction des brouillons du capitaine Sénéchal, qui est une violation de la Charte des droits et libertés, puisse entraîner un arrêt des procédures. Surtout qu'un seul des quatre témoins (brouillons détruits) a été entendu.

En ce qui a trait au conflit d'intérêts allégué, Me Bérubé estime que l'accusé en tire des avantages, car il peut attaquer la crédibilité de Marc Sénéchal.

«Il n'y a aucune preuve d'un possible conflit d'intérêts», dit-il.

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