Me Cantin met des bémols sur les chiens

Me Charles Cantin... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Me Charles Cantin

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les autorités ont le droit d'émettre des billets d'infraction pour des chiens interdits sur leur territoire, mais de là à demander aux propriétaires de les faire euthanasier, il y aurait une marge, croit le criminaliste Charles Cantin.

Un couple de Jonquière, Martin Lemay et Alexandra Duperré-Simard, a reçu une contravention de 149$ parce qu'il possède un chien qui serait interdit par un règlement municipal de Saguenay.

Les responsables de Saguenay ont fait savoir que cette famille de la rue Saint-Dominique avait quelques jours pour se défaire de l'animal, selon ce que Le Quotidien a révélé. Le couple a le choix de remettre l'animal à la SPCA, à une personne vivant dans un endroit où cette race de chien est acceptée ou encore de le faire euthanasier.

«Je ne suis pas convaincu que les autorités peuvent obliger les propriétaires de l'animal à le faire tuer. Cet animal n'a pas attaqué qui que ce soit, n'a pas mordu et n'a pas démontré de signes de dangerosité. Si cela avait été le cas, si le chien avait mis en péril la sécurité des gens, ce serait une autre histoire», croit Me Cantin, dans un premier temps.

«Dans un second temps, les autorités doivent prouver que le chien fait partie des races interdites sur le territoire. Je crois que ça prend un expert pour le déterminer. Tout ça pour dire que l'obligation de se défaire de l'animal n'est pas si claire que ça», ajoute le criminaliste.

application de la réglementation

Les autorités municipales entendent mettre la réglementation en application, mais pas question de courir aux quatre coins de la ville dans l'espoir d'apercevoir un chien interdit.

«Nous ne partons pas à la chasse aux chiens interdits. Nos policiers interviennent uniquement si une plainte est déposée. Ils iront constater la situation et donneront une contravention si cela est nécessaire», explique Jeannot Allard, du bureau des communications de Saguenay.

D'ailleurs, un policier de Saguenay est retourné au domicile du couple de la rue Saint-Dominique, mercredi après-midi.

«Il semblait vouloir vérifier si nous avions toujours l'animal. Nous étions en contact avec notre avocat, Me Charles Cantin. Il nous a dit de ne pas autoriser le policier à entrer et surtout de ne pas le laisser repartir avec notre chien. Nous n'avons pas reçu de nouvelles contraventions pour le moment», a mentionné Mme Duperré-Simard.

Celle-ci a fait enregistrer son chien. Ce serait un mélange de labrador et de boxer.

Diverses réactions sur les réseaux sociaux

Le dossier des chiens interdits, et plus particulièrement des pitbulls, continue de faire jaser. Sur la page Facebook du Quotidien, de nombreux internautes y sont allés de leur opinion.

Certains estiment que toute cette histoire va beaucoup trop loin, alors que d'autres précisent que les policiers ne font qu'appliquer le règlement municipal.

Sandra-Marie Hrycko croit qu'avant d'obliger le propriétaire à se défaire de son animal, la Ville doit faire des vérifications.

« Que fait-on de la présomption d'innocence? Il s'agit d'un chien de races mélangées, alors la ville devrait avoir le fardeau de prouver que ce chien a bel et bien le bagage génétique d'une des races interdites. Ce chien présente aussi les caractéristiques physiques d'un mélange Boxer, Mastiff, Cane Corse ou Rotweiller. Exigez que la ville fasse faire un test d'ADN d'une entreprise fiable! », écrit-elle.

Cette réaction a entraîné divers commentaires à l'effet que c'est au propriétaire de payer les frais pour démontrer que le chien en est un d'une race interdite.

« Nul n'est censé ignorer la loi. Cette famille aurait dû s'informer avant d'acquérir ce chien. La société n'a pas à payer l'erreur commise par cette famille. Reconnaissez que vous avez fait une erreur et assumez-là en vous débarrassant du chien, un point c'est tout », tranche Benoit Menier.

D'autres précisent qu'il n'y a pas de mauvais chiens, que de mauvais propriétaires, que tout dépend de la manière dont le chien est dressé.

Sandra Perron n'arrive pas à croire que des gens peuvent ordonner de faire tuer le chien.

« Je ne peux pas croire qu'il y a des gens qui n'ont pas de coeur au point de dire "va faire euthanasier ton chien point final" c'est inconcevable! Juste de penser ainsi, vous avez un comportement plus agressif que la bête en question! », résume-t-elle. Stéphane Bégin

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer