«M'enlever mes armes, c'est comme me couper un bras»

Le criminaliste Charles Cantin a expliqué les détails... (Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin)

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Le criminaliste Charles Cantin a expliqué les détails de la peine imposée à son client Éric Lapointe pour avoir eu des armes à feu en sa possession alors que ça lui était interdit.

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Éric Lapointe, l'homme qui a tiré sur le Palais de justice de Chicoutimi au tournant des années 2000, aime encore les armes à feu. Même s'il n'a pas le droit d'en avoir, il s'en est tout de même procuré une illégalement. Il passera donc 15 fins de semaine derrière les barreaux (30 jours) et devra effectuer 100 heures de travaux communautaires.

Le Chicoutimien de 53 ans a plaidé coupable, mercredi matin, à une possession d'armes à feu sans posséder les permis nécessaires et de mauvais entreposage d'armes à feu dans son logement de la rue Saint-Ephrem, dans le secteur nord de Chicoutimi.

Le 3 février 2015, les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) sont appelés dans le secteur à la suite d'une plainte de bruit.

À leur arrivée, ils découvrent Éric Lapointe, habillé d'un pantalon de camouflage et en état d'ébriété. Surtout, ils aperçoivent une arme de calibre .12 dans un cadre de porte, une arme qu'il avait l'habitude de cacher en forêt lorsqu'il allait s'y promener. Ils mettent l'homme en état d'arrestation et trouvent trois autres armes dans l'appartement, soit une .22, un 7 mm et une Winchester. Les munitions sont toutes proches. Ces armes appartenaient à son fils et Lapointe devait les nettoyer.

Les agents apprennent que l'homme se trouve sous une interdiction de possession d'armes à feu.

Le client de Me Charles Cantin sait très bien qu'il ne pourra plus jamais avoir d'armes à feu. Il aurait aimé en garder une pour la chasse.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, n'a pas trop aimé que l'accusé se soit retrouvé avec des armes à feu.

« C'est sérieux comme accusations. Je suis inquiet. Des chasseurs, il y en a plusieurs, mais ils entreposent leurs armes à feu correctement », lui a lancé le magistrat.

Éric Lapointe a admis ses torts. Il aurait dû dire non à son fils pour nettoyer ses armes et il n'aurait pas dû s'en procurer une.

« M'enlever mes armes, c'est comme me couper un bras. Je n'irai plus en forêt, car je ne pourrai pas me défendre contre l'attaque d'un animal sauvage », a admis Lapointe.

Le juge Boudreault lui a suggéré de se trouver des amis qui ont le droit d'avoir des armes à feu pour y retourner.

Son avocat a demandé des travaux communautaires pour son client, estimant qu'il n'est pas un homme dangereux, qu'il n'a pas pointé ou utilisé son arme à feu.

Mais du côté de la Couronne, Me Marie-Andrey Chassé ne voit pas les choses du même oeil. L'épisode de 2002, où Lapointe s'est promené en ville en tirant du fusil et en visant notamment les portes du Palais de justice, l'amène à demander six mois d'emprisonnement.

Le juge Boudreault a finalement donné des heures de travaux communautaires pour le mauvais entreposage et 30 jours de prison pour la possession illégale. Il lui interdit aussi de posséder des armes à feu pour le reste de ses jours.

« Je n'en veux plus, car je ne veux plus de trouble avec ça », a conclu Éric Lapointe.

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