L'ex-dg de Mashteuiatsh coupable d'agression sexuelle

Fabien Paul écope d'une peine d'emprisonnement en collectivité... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Fabien Paul écope d'une peine d'emprisonnement en collectivité pour avoir agressé une adolescente dans les années 90.

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Louis Potvin
Le Quotidien

L'ex-directeur général du Conseil de bande de Mashteuiatsh, Fabien Paul, a reconnu sa culpabilité d'avoir agressé sexuellement une adolescente dans les années 90. Il écope d'une peine d'emprisonnement en collectivité de deux ans moins un jour.

Une sentence qui satisfait la victime aujourd'hui âgée dans la trentaine. «C'est une libération! Je vais pouvoir continuer mon cheminement de guérison. J'invite les femmes qui ont subi des agressions de le dénoncer. L'important, c'est de dénoncer même si les gens ne te croient pas. Tu te sens jugée, mais aujourd'hui je suis fière de moi. Je suis moi», a-t-elle commenté à la sortie de la salle d'audience du Palais de justice de Roberval. Son identité ne peut être dévoilée afin de la protéger.

Elle était adolescente lorsque Fabian Paul a eu des relations sexuelles avec elle sur une période de deux ans entre 1996 et 1998. Il était alors professeur et entraîneur de volley-ball à l'école secondaire de Mashteuiatsh. Il était âgé de 32 ans. Les relations ont eu lieu entre autres à la résidence familiale quand la victime gardait.

Fabian Paul serait tombé en amour avec la jeune femme à l'époque parce que sa relation avec sa conjointe n'allait pas bien, a confié son avocat Sébastien Talbot au juge Jean Hudon.

La victime a d'ailleurs tenu à s'adresser au juge pour témoigner de la souffrance qu'ont causée ces abus faits par une personne en situation d'autorité qui disposait d'un important statut dans la communauté. «Maintenant, il n'a plus d'emprise sur moi, c'est sûr qu'il m'a privée de plein de choses, il a volé mon adolescence et a éteint des choses en moi. Après tous ces événements, il a changé ma vie à jamais. Je suis devenue réservée, timide, introvertie, angoissée, anxieuse, dépressive avec peu d'estime de moi. Pendant deux ans, il m'a manipulée, il s'est servi de moi, il m'a demandé de mentir, d'agir en hypocrite. En fait, j'étais sa marionnette. Finalement, c'est lui qui a menti à tout le monde», a-t-elle lancé pendant que son agresseur l'écoutait, impassible.

Fabien Paul devra donc demeurer pendant les huit prochains mois, 24 heures sur 24, à sa résidence de L'Anse-Saint-Jean. Par la suite, il devra y être de 21h à 7h pendant huit mois, puis de 22h à 7h. D'importantes restrictions lui ont été imposées dont celle de ne pouvoir obtenir un emploi où il se retrouverait en autorité sur une personne mineure.

Le juge Jean Hudon a considéré que cette suggestion commune proposée par les procureurs était justifiée dans les circonstances vu que Fabien Paul n'avait pas fait d'autres victimes et n'avait pas commis d'autres délits au cours des 18 années qui séparent les agressions.

Le procureur de la Couronne, Sébastien Vallée, n'a pas réclamé de prison ferme parce que les jurisprudences dans ce genre de cas proposaient des peines en collectivités autour de deux ans.

Loi du silence

La victime a témoigné des difficultés qu'elle a rencontrées pour réussir à dévoiler cette histoire qui a miné son existence. Il n'a pas été facile de dénoncer et de réussir à porter des accusations.

Elle a tenu à déplorer la loi du silence qui règne dans la communauté. «Il fallait que je fasse quelque chose, mais quoi? Lui, un ex-professeur très connu dans la communauté, et plus tard directeur général, et moi, une simple jeune femme. J'ai confié mon secret à deux personnes de confiance pour comprendre ce que j'ai vécu. Aujourd'hui, elles occupent des postes au conseil de bande et elles se sont détournées de moi, elles m'ont rejetée, m'ignorent et m'évitent. Je trouve regrettable de ne pas avoir eu de soutien des représentantes politiques féminines de ma communauté. Elles viennent à la défense des femmes autochtones victimes de violence, mais concrètement, elles ne font rien», a-t-elle mentionné au juge.

Sans l'appui de sa famille, elle n'aurait pas réussi à passer à travers ce long processus. Malgré les difficultés rencontrées, elle encourage les victimes à dénoncer toute forme d'agressions sexuelles.

Vu la position de directeur général de l'accusé, la victime a affirmé que Fabien Paul lui aurait mis des bâtons dans les roues pour obtenir un emploi. Une affirmation réfutée par l'homme de 52 ans.

Ce père de quatre enfants a perdu son emploi depuis les accusations. Il a dû déménager de la communauté. Sa conjointe le supporte dans cette épreuve et ses enfants sont au courant de ses agissements.

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