Un bateau coincé sur l'autoroute

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Le bateau-mouche pouvant transporter 150 personnes vaut 1,6 M $. Il mesure 5,78 mètres de haut par 33 mètres de long.

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Un bateau-mouche transporté vers le terminal maritime de Grande-Anse a bloqué la circulation en direction de Chicoutimi pendant plusieurs heures, mardi, sur l'autoroute 70. Il était trop haut pour passer sous le panneau annonçant la sortie du boulevard Saint-Paul.

Le bateau, d'une valeur de 1,6 million$, fabriqué par la compagnie CoupeSag, mesure 33 mètres de long par 5,79 mètres de large et 5,78 mètres de haut, soit seulement quelques pouces de trop pour la signalisation. Transport spécialisé Savard a été engagé pour s'occuper du convoi hors-norme et avait obtenu un permis de la Société de l'assurance automobile du Québec, après approbation du ministère des Transports (MTQ).

Le convoi, accompagné de patrouilles de la Sûreté du Québec et de la Sécurité publique de Saguenay, est parti de l'usine CoupeSag de la rue de la Chute-du-Diable, a emprunté le chemin de la Réserve puis le boulevard du Royaume et est entré sur l'autoroute à partir de la rue Mathias. La circulation était déjà ralentie, puisqu'il devait rouler à 20 km/h. Une camionnette avec une baguette de la même hauteur que le bateau se trouvait à l'avant et a permis de voir que le panneau de la sortie Saint-Paul était problématique. Il était environ 9h45.

«L'important, c'est qu'il n'y a pas eu d'accident ni de blessé. On avait pourtant nos permis de A à Z, tout ça coûte quelques milliers de dollars», confie le contrôleur financier de CoupeSag, Nicolas Pelletier.

Les policiers ont dû bloquer le trafic à partir de la sortie du boulevard du Royaume pour faire reculer le camion jusqu'à un passage dans le terre-plein central. La première solution envisagée était de lui faire emprunter la voie inverse, mais la signalisation était encore plus basse en ce sens. Le temps d'établir un plan de match, l'embouteillage s'est étendu jusqu'à la sortie Saint-Hubert à Jonquière. «Le bateau va rester là tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas un plan logique. C'est plutôt rare comme événement», a déclaré à ce moment le sergent de la Sûreté du Québec, Jean Tremblay.

Vers midi, la circulation a été rétablie sur une voie et se faisait au compte-gouttes. Elle a été coupée une nouvelle fois vers 12h45 afin qu'une grue puisse retirer le panneau. Il est trop tôt pour savoir à qui seront refilés les coûts supplémentaires.

«Notre priorité était vraiment de rouvrir l'autoroute le plus vite possible», accorde l'agente d'information du MTQ, Véronick Lalancette. Cela s'est finalement réalisé vers 14h30. 

Le bateau, qui est pratiquement le jumeau du Fjord Saguenay II des Croisières du Fjord, a atteint le port de Grande-Anse vers 16h30 au lieu de midi, où sa construction sera achevée. Il devrait être encore plus haut, puisqu'une timonerie sera ajoutée sur le dessus. La mise à l'eau, les tests en mer et la livraison devraient avoir lieu d'ici une à trois semaines. D'une capacité d'environ 150 personnes, il a été commandé par un croisiériste ontarien qui opère dans la baie de Géorgie. CoupeSag préfère taire son nom pour l'instant.

«C'est la première fois qu'on réalise ce type de contrat. C'est un beau projet et on espère pouvoir en parler plus quand il va être complété», souligne le directeur des opérations de l'entreprise, Steeve Charest.

Autres ralentissements

À La Baie, le bateau a causé des ralentissements sur l'heure de pointe, en fin d'après-midi, en passant par le rang Saint-Roch, le boulevard Saint-Jean-Baptiste et le chemin de la Grande-Anse, puisque des fils électriques devaient être soulevés. «C'est une procédure normale. Ça n'aurait même pas dérangé si on n'avait pas eu le pépin sur l'autoroute», mentionne M. Charest, qui était bien soulagé que le convoi arrive enfin à bon port.

«On a eu une journée mouvementée. Au moins, il n'y a pas eu de bris.»

La circulation a pu se faire au compte-gouttes... (Photo Le Quotidien, Dominique Gobeil) - image 4.0

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La circulation a pu se faire au compte-gouttes durant l'heure de pointe du midi.

Photo Le Quotidien, Dominique Gobeil

En chiffres

Coût du bateau-mouche

1,6 M $

Hauteur du bateau

5,78 mètres

Dégagement minimal sous la signalisation des autoroutes

5,5 mètres

Temps où la circulation a été perturbée

Environ 4h45 (de 9h45 à 14h30)

Le titulaire du permis est responsable

Selon le ministère des Transports du Québec (MTQ), le titulaire d'un permis de convoi hors-norme est responsable de s'assurer que le poids et les dimensions du chargement sont corrects pour emprunter le parcours établi, explique la porte-parole Véronick Lalancette.

«C'est effectivement l'information qu'on nous a transmise. Les vérifications avaient été faites. Pour les viaducs, c'est facile de vérifier la hauteur, les mesures sont sur le site Internet. Ce n'est pas le cas pour la signalisation sur les autoroutes, et c'est compliqué pour nous de vérifier physiquement de façon sécuritaire», met en relief le responsable des ventes et des convois hors-normes de Transport spécialisé Savard, Marc Tremblay.

Mme Lalancette précise qu'il y a un dégagement minimal de 5,5 mètres sous les panneaux de signalisation des autoroutes. Il était plus élevé à la sortie Saint-Paul, mais c'était tout de même insuffisant de quelques pouces. La chaussée monte légèrement à cet endroit. La porte-parole a référé à la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour plus de détails sur les manières de faire lorsqu'un parcours est établi. 

«Le transporteur doit préciser les dimensions et respecter les documents qu'il a fournis. Peut-être qu'il y a eu une mauvaise transmission ou qu'il n'a pas respecté les exigences du permis. Je ne connais pas les détails du dossier», a répondu la relationniste Audrey Chaput de la SAAQ.

«Je tiens à présenter mes excuses à la population pour les désagréments. De mémoire, c'est une des premières fois que ça nous arrive. Nous faisons énormément de transports hors-normes, de tous types et de toutes sortes de gabarits. On cause toujours des ralentissements, on n'a pas le choix, mais jamais de façon aussi intense», insiste Marc Tremblay.

Le responsable avoue avoir vécu un certain stress. «Mais c'est notre travail de trouver une solution.»

Plusieurs équipes se démenaient sur l'autoroute. Des patrouilles de la Sûreté du Québec et de la Sécurité publique de Saguenay étaient déjà présentes pour escorter le convoi. Les services policiers envoient alors une facture au transporteur pour la mobilisation. «On a eu une excellente collaboration avec eux et le ministère, indique M. Tremblay. On va justement avoir une rencontre pour que ça ne se produise plus.»

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