La prison plutôt que la thérapie pour Cheezo

Jonathan Cheezo est en probation depuis ses 14... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jonathan Cheezo est en probation depuis ses 14 ans.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

« Je ne peux pas me permettre de vous donner une autre chance. » Bien qu'il se soit dit sensible à la détresse et au problème de consommation de Jonathan Cheezo, le juge Jean Hudon a opté pour l'incarcération plutôt que pour la thérapie.

Jonathan Cheezo a une costaude liste d'antécédents judiciaires, surtout en matière de violence, de bris de probation et de conduite avec les facultés affaiblies. L'homme de 33 ans, qui est actuellement incarcéré à Roberval, est frappé d'une probation depuis ses 14 ans. « J'ai eu parfois trois probations à respecter en même temps. Je veux régler mes dossiers. Je ne veux plus être cette personne-là », a imploré Cheezo, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi. 

À l'automne dernier, le juge Jean Hudon avait consenti à envoyer Jonathan Cheezo en thérapie fermée plutôt qu'en prison, lorsqu'il avait comparu pour deux conduites avec les facultés affaiblies, survenues en l'espace de quelques mois.

Après avoir comparu au Palais de justice de Chicoutimi, Cheezo avait pris la route pour une maison de thérapie située à proximité de Sherbrooke. Il s'agissait de la troisième thérapie de l'homme de 33 ans, qui souffre de graves problèmes de consommation d'alcool. Il a arrêté de consommer de la méthamphétamine il y a huit ans et cessé la cocaïne depuis quatre ans. Il a également fait de la détention à plusieurs reprises, entre 2001 et l'an dernier. C'est en connaissant un certain succès que Jonathan Cheezo a terminé sa thérapie de six mois, au début du mois d'avril. Mais en allant passer le week-end chez sa copine à Sheerbooke, l'accusé a vite replongé. 

« Durant les deux dernières semaines de ma thérapie, il a fallu que je me remémore mon passé et ma jeunesse. J'ai vécu de la violence et aussi des agressions. Ça m'a déstabilisé de devoir me souvenir de ça. Je n'aurais pas du sortir cette fin de semaine là. Je le sentais, mais je suis sorti quand même », a affirmé Cheezo, en pleurant. 

Il a finalement rechuté il y a deux semaines, après six mois de sobriété. Il a acheté une caisse de bière et a commencé à boire en compagnie de sa copine. À un moment de la soirée, cette dernière a dû appeler sa mère, puisque Jonathan Cheezo commençait à être agressif. La mère de la jeune femme a rapidement appelé les policiers, qui ont dû intervenir auprès de l'homme. Ce dernier était en bris de conditions puisqu'il ne pouvait pas consommer d'alcool sous ordre de la Cour. Cheezo a résisté à son arrestation, se montrant menaçant et violent envers les agents. 

« Qu'est-ce que tu ferais si je te mangeais la face ? », a demandé l'accusé au policier. « Qu'est-ce que tu veux dire ? », a rétorqué l'agent. « Je vais te mordre le cou et t'arracher la peau et te défigurer avec mes dents », a lancé Jonathan Cheezo, alors qu'il se trouvait à l'arrière de la voiture de patrouille. En sortant, il a donné un coup de genou dans le ventre d'un des agents et a dû être mis en isolement. 

« Je me suis réveillé au poste et je me demandais ce que j'avais encore fait. Lorsque j'entends ce que j'ai dit au policier, je n'en reviens pas. Quand je suis à jeun, je suis un bon gars. Quand je bois, je perds la carte », a affirmé l'homme au juge Hudon, lui demandant de pouvoir retourner en thérapie en attente de procès pour les faits qui lui sont reprochés dans le district de Sherbrooke. 

L'avocat de la Couronne, Me Sébastien Vallée, s'opposait à la remise en liberté de l'individu, affirmant que l'incarcération était nécessaire, en raison des risques de récidive. Après avoir entendu les deux parties, le juge Jean Hudon a penché du côté de la Couronne, précisant qu'il ne pouvait accorder une autre chance à l'accusé. « J'espère que vous allez avoir l'aide dont vous avez besoin, mais je ne peux pas me permettre de vous renvoyer en thérapie », a précisé le juge.

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