Règlement de comptes: Magnusson et José connaîtront leur sort aujourd'hui

Sandro José, âgé de 22 ans.... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Sandro José, âgé de 22 ans.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Djiezon Magnusson et Sandro José, ces deux individus impliqués dans une histoire de règlement de comptes survenue dimanche, à La Baie, sauront vendredi matin s'ils sont libérés en attente de procès. Le juge Jean Hudon a pris la question en délibéré, alors qu'Éric Tremblay, également coaccusé dans cette affaire de voies de faits graves, a été libéré sous conditions jeudi matin. La victime, battue à coups de bâton de baseball devant sa femme et ses enfants, est toujours hospitalisée.

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Djiezon Magnusson, âgé de 32 ans.

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Éric Tremblay, de Jonquière, a été libéré sous... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 1.1

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Éric Tremblay, de Jonquière, a été libéré sous plusieurs conditions, notamment celle de rester à son domicile entre 20h et 6h du matin.

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L'enquête caution de Magnusson et José, respectivement âgés de 32 et 22 ans, s'est déroulée jeudi en après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi. Alors que la Couronne s'opposait fermement à la remise en liberté des deux hommes, le procureur de la défense, Me Julien Boulianne, a dit offrir des garanties de libération suffisantes pour ne pas miner la confiance du public envers le système judiciaire. Devant la lourdeur du dossier, le juge Jean Hudon a préféré rendre sa décision vendredi matin.

Notons que le quatrième suspect dans cette affaire, Louis Vladimir Bataille, a été transféré dans un centre de détention montréalais pour répondre à une accusation de vol.

Les quatre hommes, dont un seul est originaire de Saguenay (Éric Tremblay), font face à des accusations de voies de faits graves, d'extorsion, d'intimidation et de complot.

Les faits reprochés se sont déroulés en plein après-midi, dimanche dernier à La Baie. Selon les récits entendus en Cour jeudi, Éric Tremblay, au volant de sa Dodge, a fait monter les trois autres hommes sur la rue Saint-Dominique à Jonquière. Magnusson et Bataille arrivaient tout juste de Montréal pour rendre visite, selon leurs dires, à Sandro José, qui étudie au Cégep de Chicoutimi depuis le mois de septembre dernier. Il complète actuellement quelques cours généraux afin de commencer une technique en diététique. Éric Tremblay a dit ne pas connaître les trois autres hommes. On ignore encore pour quelle raison ils se sont retrouvés dans sa voiture.

Quoi qu'il en soit, le quatuor se serait présenté en premier lieu à une résidence du boulevard de la Grande-Baie Nord, en après-midi, afin de rencontrer un premier individu. L'adresse et le nom de cet homme étaient inscrits sur une liste qu'avait en sa possession Djiezon Magnusson lorsqu'il a été arrêté. Cette liste comptait trois noms et trois adresses.

Alors qu'Éric Tremblay attendait au volant de son véhicule stationné, Magnusson, José et Bataille ont frappé à la porte de la première adresse, demandant à parler à un homme. L'homme en question a d'abord affirmé que la personne recherchée n'était pas là, mais il est finalement sorti de la maison pour demander aux trois hommes ce qu'ils voulaient.

«Tu nous dois de l'argent, on a racheté ta dette», aurait lancé l'un des trois hommes. Un échange verbal bruyant s'en est suivi et une voisine a appelé la police.

Le quatuor a ensuite repris la route vers la deuxième adresse de la liste, toujours à La Baie. Là bas, ils ont rencontré la victime au dossier, qui est d'ailleurs toujours hospitalisée. L'homme était dehors et est allé à la rencontre des trois individus. Il y aurait d'abord eu un échange de poignées de mains entre les parties.

«Qu'est-ce que tu as dans tes poches? Est-ce que c'est un pic?», aurait demandé l'un des suspects.

«Non, c'est un tournevis», aurait répondu la victime, avant de montrer l'outil.

Quelques secondes après cet échange verbal, la victime était couchée au sol et ruée de coups de bâton de baseball. La conjointe de la victime est une témoin visuelle de l'événement, sauf pour le moment entre l'histoire du tournevis et les premiers coups portés.

«C'est tout de même curieux que, par hasard, la conjointe n'ait pas vu pour quelle raison la situation a dégénéré. Selon mes clients, la victime se serait ruée sur eux avec son tournevis. Même si le tribunal finit par conclure qu'il y a eu intimidation, ça ne veut pas dire que mes clients n'étaient pas en situation de légitime défense», a fait valoir Me Julien Boulianne.

La victime souffre d'une fracture au bras et d'une plaie ouverte de six pouces, entre autres blessures.

«Mes clients n'ont pas d'antécédents judiciaires ou presque (Magnusson a un antécédent de possession simple de cannabis qui remonte à 2008). Rien ne laisse entendre qu'ils sont liés au crime organisé ou aux gangs de rues», a affirmé Me Boulianne.

« Mon fils est un gars pacifique »

Le père de Sandro José a témoigné au Palais de justice de Chicoutimi, jeudi, promettant de « ramener son fils à Montréal et de l'avoir à l'oeil » s'il est libéré en attente de procès.

Père de huit enfants, l'homme avait fait la route de Montréal pour offrir des garanties à la Cour. « Mon fils est un gars pacifique », a affirmé M. José, offrant une caution de 1000 $, tout en promettant que son fils serait surveillé au domicile familial.

De son côté, Djiezion Magnusson, qui travaille comme représentant de la marque de vêtements P.A.I.D (il a d'ailleurs dit que son travail de représentant était l'une des raisons de son passage dans la région) et comme gestionnaire d'immeubles, a affirmé qu'il était prêt à respecter les conditions de la Cour et à se rapporter au poste de police de Saint-Hubert, où il habite avec sa conjointe et ses trois enfants.

S'ils sont libérés en attente de procès, les deux suspects n'auraient pas le droit de venir au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La Couronne juge les garanties insuffisantes

La procureure de la Couronne, Me Audrey Allard, estime que la confiance du public envers le système de justice serait minée si les deux hommes reprenaient leur liberté. Elle a plaidé la gravité de l'infraction, la préméditation, ainsi que la présence de l'arme du crime ensanglantée retrouvée en la possession des suspects.

Me Audrey Allard a également remis en question le fait que le père de Sandro José pourrait le surveiller continuellement. « C'est un homme qui travaille et qui n'était pas venu rendre visite à son fils depuis qu'il vivait à Saguenay. Je ne crois pas qu'il puisse surveiller son fils 24 heures sur 24 », a indiqué Me Allard.

« La présence de la liste laisse également entendre qu'il y a eu préméditation », a noté la procureure. Elle a ajouté que même si Éric Tremblay avait été libéré en attente de procès, cela ne voulait pas dire qu'il devait en être autant des coaccusés. Elle a plaidé que Tremblay n'avait pas participé aussi activement au délit, car il attendait dans sa voiture.

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