Procès de Jean-Christophe Pedneault-Bolduc

Il s'excuse, mais questionne la victime

Jean-Christophe Pedneault-Bolduc a réentendu les propos qu'il avait... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jean-Christophe Pedneault-Bolduc a réentendu les propos qu'il avait tenus sur Facebook et revu la scène de l'accident. Sur la photo, il était précédé de l'experte criminologue de la défense, Marie-Pierre Houde et de sa mère.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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L'individu de 21 ans, qui demeure maintenant à Montréal, a assisté à ce qui devait être les représentations sur sentence pour les événements survenus le 21 août 2014.

Devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, l'accusé a reconnu sa culpabilité aux accusations de conduite dangereuse, de bris de probation et de bris de condition. Il l'avait fait une première fois en 2015, mais avait demandé un retrait de son plaidoyer de culpabilité. Jeudi, il a confirmé au magistrat qu'il plaidait coupable aux événements d'août 2014.

Tout au long de la journée, le juge a été en mesure de voir les images tournées par les caméras de surveillance du commerce de restauration rapide. Il a été possible de voir l'altercation verbale entre Pedneault-Bolduc et Saint-Gelais.

Me Mélanie Renaud, avocate de la défense.... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 3.0

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Me Mélanie Renaud, avocate de la défense.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne.... (Archives Le Quotidien) - image 3.1

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Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne.

Archives Le Quotidien

Propos discriminatoires

La jeune femme a commencé à tenir des propos discriminatoires à l'endroit de l'accusé. Celui-ci s'est vengé en lui lançant le contenu d'un verre de thé glacé au visage. Marie-Kim Saint-Gelais a répliqué en lui administrant un coup de poing à l'épaule, ce qui n'a pas dérangé Pedneault-Bolduc, qui dit en avoir vu d'autres dans sa vie.

Dans les minutes suivantes, les choses ont tourné au vinaigre. L'accusé a quitté le restaurant et a pris le volant de son véhicule. La jeune fille est sortie et a été heurtée. Elle a été projetée dans les airs.

Le tribunal a aussi pris connaissance d'une vidéo publiée sur Facebook par Pedneault-Bolduc, où il dit être tanné de toute cette situation. Il y reconnaît avoir commis une erreur, qu'il n'a jamais voulu frapper la jeune fille.

Mais il se demande aussi si Marie-Kim Saint-Gelais n'a pas une part de responsabilité. Il dit qu'elle se trouvait en état d'ébriété.

«Moi, j'ai fait mes choix et je les regrette. Mais toi, est-ce que tu assumes tes choix de m'écoeurer et de revenir dans le milieu de la rue, face à la voiture?», dit-il.

Experte contestée

Le reste de la journée s'est passé à évaluer la crédibilité de l'experte en criminologie de la défense, Marie-Pierre Houde. Celle-ci est venue contredire une partie du rapport présentenciel du service de la probation, notamment sur les risques de récidive. Mme Houde trouve le rapport incomplet, car la probation aurait dû en apprendre davantage sur l'enfance difficile de l'accusé. Celui-ci n'a pu compter sur la présence de sa mère et a eu un père qui consommait des stupéfiants. Il a aussi été la risée de ses collègues de classe.

Au final, Mme Houde ne croit pas que l'incarcération soit la solution, si l'on veut éviter de mettre un frein aux efforts de Pedneault-Bolduc.

En contre-interrogatoire, Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, a longuement interrogé l'experte sur sa crédibilité et ses compétences. Il s'est demandé si elle était mieux outillée que la probation (nommée par le gouvernement) pour rédiger les rapports et si elle pouvait vraiment faire des recommandations sur la sentence à imposer.

Marie-Kim a eu la peur de sa vie

Marie-Kim St-Gelais avoue avoir eu la peur de... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 5.0

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Marie-Kim St-Gelais avoue avoir eu la peur de sa vie lorsqu'elle a été heurtée par la voiture de Jean-Christophe Pedneault-Bolduc.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Marie-Kim Saint-Gelais espérait vivre la plus belle année de sa vie lorsqu'elle a célébré ses 20 ans. Elle a plutôt eu peur de mourir lorsqu'elle a vu la voiture de Jean-Christophe Pedneault-Bolduc foncer sur elle et la projeter dans les airs sur le stationnement du restaurant McDonald's de Chicoutimi.

Le soir du 20 août 2014, la jeune femme a fêté son anniversaire. Avec des amies, elle s'est retrouvée au restaurant au cours de la nuit.

C'est là qu'elle a aperçu l'accusé, celui qui avait été l'ami de coeur de l'une de ses amies durant quelques années. Le couple était séparé depuis un an, mais Marie-Kim Saint-Gelais en avait encore long à dire à Pedneault-Bolduc.

Ce soir-là, elle l'a insulté avec une remarque désobligeante. La jeune femme l'a d'ailleurs reconnu devant le juge Richard P. Daoust. Sans vouloir confirmer ce qu'elle a dit (remarque à caractère sexuel) et sans vouloir dire que c'était la vérité, elle estimait qu'il était tout de même justifié de le dire.

Une autre tournure

À partir de là, les choses ont pris une autre tournure. Pedneault-Bolduc est revenu vers elle en lui lançant le contenu d'un verre de thé glacé à la figure. Ensuite, la victime s'est levée d'un trait et lui a asséné un coup de poing à l'épaule.

Pedneault-Bolduc est sorti, a embarqué dans sa voiture et est parti en trombe. Au même moment, Marie-Kim Saint-Gelais est sortie, a aperçu le véhicule et a été heurtée.

«J'ai eu peur de mourir ce soir-là. Pour moi, il est évident que le geste était volontaire. Il a voulu volontairement me faire du mal. Je ne comprends pas ce que j'ai pu faire de si grave pour que je me fasse frapper. Après l'accident, j'étais en panique. Je me suis levée, je criais et il y avait du sang partout. Je me suis demandé si j'étais défigurée», a raconté la victime.

«Ensuite, j'ai eu peur d'une récidive de sa part ou de ses amis en raison de leur impulsivité. Je vérifiais cinq ou six fois chaque soir si la porte était verrouillée», a admis Mme Saint-Gelais, confirmant qu'elle n'a jamais subi de menaces par la suite.

Malgré tout ça, elle dit qu'elle ne méritait pas de se faire frapper par une voiture.

«Encore aujourd'hui, j'ai des craintes lorsque je vois une voiture rouge arriver», a-t-elle raconté.

À la suite de l'impact, la jeune femme a subi une coupure à la lèvre supérieure, qui a nécessité six points de suture. Elle a aussi été blessée à la cuisse droite et a eu des ecchymoses au nez et au menton.

Elle n'a pas été en mesure de travailler durant deux mois et a dû annuler sa première session universitaire en marketing.

«Ce fut un long cheminement. Si je viens témoigner, c'est pour avoir une certaine délivrance, pour passer à autre chose et tourner la page.»

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