Une « farce », dit la famille

André Gagnon, qui avait plaidé coupable à des... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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André Gagnon, qui avait plaidé coupable à des accusations de voies de fait pour des gestes posés envers un individu de 37 ans souffrant d'un handicap mental, «évite les travaux communautaires au prix d'une liberté restreinte pour trois mois».

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L'ancien responsable de la maison l'Estacade de Saguenay, André Gagnon, écope de trois mois de prison en société. La peine est considérée comme juste pour la défense, mais de « véritable farce » pour la mère d'un enfant qui avait déjà été placé sous sa responsabilité.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a rendu la peine à l'homme de 52 ans, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Gagnon avait plaidé coupable à des accusations de voies de fait pour des gestes posés envers un individu de 37 ans souffrant d'un handicap mental et dont l'âge mental est de cinq ans.

Cet ancien responsable d'une ressource pour personnes handicapées a, entre le 1er janvier et le 10 mars 2014, soulevé le plaignant, qui souffrait notamment d'incontinence, par le collet de son chandail et lui a fait sauter une marche dans l'escalier, lui a tiré les cheveux, lui a fait prendre un bain à l'eau froide (parce qu'il s'était échappé dans ses pantalons), a déchiré son chandail parce qu'il avait pris un biscuit sans permission et lui a rempli la bouche d'une rôtie en lui disant de se « bourrer la face ».

L'homme a plaidé coupable devant le tribunal le 11 septembre 2015. Un rapport présentenciel avait été demandé. Ce dernier a été assez positif et le responsable a évalué le risque de récidive à nul, étant donné qu'il n'oeuvre plus dans le domaine.

Le juge Lortie a retenu comme facteur atténuant le plaidoyer de culpabilité, l'absence d'antécédent judiciaire et le rapport présentenciel positif.

« Mais il y a aussi des facteurs aggravants. Il y a eu cinq gestes sur une longue période. Rien ne justifiait ces agressions. Il y a eu abus de confiance et d'autorité sur une personne vulnérable et vous avez trompé la confiance de la famille », a exprimé le magistrat.

Me Audrey Allard, de la Couronne, avait demandé une peine de six mois de prison en société, alors que Me Pierre Gagnon, en défense, suggérait plutôt des travaux communautaires.

« Il évite les travaux communautaires au prix d'une liberté restreinte pour trois mois. Je crois que la peine reflète le fait qu'il n'oeuvre plus dans le même domaine. Je ne peux pas dire que la sentence est clémente. Je la pense plutôt juste », a précisé Me Gagnon.

Une « farce »

Ce point de vue n'a pas été partagé par tout le monde. La mère d'un enfant qui s'est retrouvé sous le joug d'André Gagnon entre 2010 et 2012 n'a pas utilisé les mêmes termes pour qualifier la sentence.

« Pour la peine, j'estime que c'est une véritable farce. Je n'en reviens pas qu'il puisse s'en tirer avec une peine de trois mois en société pour ce qu'il a fait », a indiqué la dame, qui préfère ne pas être identifiée.

« Mon fils s'est retrouvé à sa maison il y a quelques années. Sans raison valable, il a expulsé mon enfant de la résidence sans véritable préavis. Il n'a démontré aucune émotion. Et dire que les responsables du CRDI (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle) ont déjà dit que c'était leur meilleur. Je n'aurais pas voulu connaître les autres », a-t-elle ajouté, la larme à l'oeil.

Autre sentence

Heureusement, le fils de cette mère a pu trouver une ressource véritablement adaptée à ses besoins. La dame n'hésite pas à dire qu'il s'agit de gens exceptionnels.

Pour revenir à André Gagnon, il doit recevoir une autre sentence, le 25 mai, pour une affaire d'agression sexuelle survenue à Roberval sur une autre personne souffrant d'un handicap mental.

Trafic de drogue: Lecours pas assez convaincant

(Stéphane Bégin) - Alex Lecours a tout tenté pour démontrer qu'il n'était pas impliqué dans le trafic de drogue avec son ex-petite amie de coeur, Maxyme Boulianne. Il a essayé de démolir la crédibilité de la jeune femme, mais au final, le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, ne l'a pas cru.

Accusé de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic et du recel d'une somme de 500 $, le jeune homme de 22 ans a donc été reconnu coupable au terme de deux journées de procès au Palais de justice de Chicoutimi.

Le soir du 31 juillet 2014, deux policiers de Saguenay sont intervenus auprès de deux personnes installées dans une voiture sur le stationnement du Dooly's, à Chicoutimi-Nord. Ils ont trouvé suspect que deux voitures soient collées l'une à l'autre en pleine nuit.

Les agents de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) ont découvert du cannabis et de la cocaïne dans la voiture. En poursuivant leur fouille, ils ont trouvé un sac à dos rempli de cannabis (201 grammes) et de méthamphétamines (161 comprimés), en plus de 6,5 grammes de cocaïne sur la console centrale et une somme de 500 $.

Mardi, Maxyme Boulianne a plaidé coupable aux accusations. Un rapport présentenciel a été demandé.

Dans l'après-midi, Mme Boulianne est revenue à la barre pour témoigner contre Alex Lecours. Elle a prétendu que le sac à dos et son contenu appartenaient autant à elle qu'à lui, qu'il faisait le trafic de stupéfiants, qu'il amenait des clients et qu'il touchait sa part des ventes de drogue.

Lors de son témoignage, Lecours, représenté par Me Olivier Théorêt, est venu dire qu'il ne pouvait être un trafiquant, car il passait plusieurs jours par semaine à travailler au reboisement au nord de Dolbeau-Mistassini. Il disait n'avoir rien à cacher et rien à se reprocher.

Là où il a nui à sa cause, c'est en affirmant à Me Audrey Allard, de la Couronne, qu'il n'avait pas vu le sachet de cocaïne sur la console centrale en raison de la noirceur. Pourtant, lorsqu'il a pris le volant de la voiture de son amie, il était environ 16 h 15 un jour de juillet, alors que le soleil est encore très visible.

« Je ne vous crois pas. Vous avez conduit le véhicule de Chicoutimi-Nord à Lac-Kénogami, aller et retour, sans avoir vu la poudre blanche, à l'endroit même où il y avait une liasse de 500 $. Je ne vous crois pas, surtout que vous avez changé votre témoignage après que le ministère public ait mentionné qu'il faisait clair au moment où vous êtes embarqués dans la voiture », a lancé le juge.

« Vous n'avez pas raconté la vérité. Il y a eu de l'aveuglement volontaire de votre part et de l'insouciance. Vous avez banalisé de manière impressionnante la consommation de stupéfiants et la nature de ceux-ci », a ajouté le magistrat.

Ce dernier ajoute que l'accusé n'a jamais nié, ni au moment de l'arrestation ni lors du procès, que le sac à dos ne lui appartenait pas.

Ces éléments ont fait en sorte que le juge Boudreault a rejeté les arguments de la défense et a reconnu Alex Lecours, 22 ans, de Sainte-Rose-du-Nord, coupable des accusations de recel et de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic.

Le dossier a été remis au 9 juin pour les représentations sur la peine.

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