Luc Hamel formellement accusé de meurtre

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Luc Hamel est arrivé de la prison de Roberval dans le fourgon cellulaire.

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Le Chicoutimien Luc Hamel est formellement accusé du meurtre au premier degré (prémédité) de Sandra Fortin, une femme de Jonquière âgée de 52 ans. L'individu est aussi accusé d'avoir séquestré sa victime et ancienne fréquentation.

Les accusations sont tombées lundi après-midi au Palais de justice de Chicoutimi devant le juge Jean-Paul Aubin, de la Cour du Québec. Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, a pu remettre une partie de la preuve obtenue dans le dossier.

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Me Jean-Sébastien Lebel

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«L'enquête est toujours en cours et je ne ferai pas de commentaires pour le moment», a mentionné Me Lebel.

Me Pierre Gagnon, l'avocat en défense, a rencontré son client durant plusieurs minutes en matinée et a demandé à reporter le dossier au 30 mars pour la forme.

Lors de sa comparution, Hamel n'est demeuré que quelques minutes dans la boîte des accusés. Il est demeuré impassible, mais semblait tout de même conscient de ce qui se passait. 

L'homme de 57 ans est accusé d'avoir mis fin aux jours d'une ancienne fréquentation, Sandra Fortin, une employée du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA).

Selon les informations qui circulent depuis l'arrestation, vendredi, Hamel se serait rendu au domicile de Mme Fortin, sur la rue de La Prairie, à Jonquière, au cours de la soirée du mercredi 16 mars. Sur place, il l'aurait assassinée en utilisant une arme blanche.

Après avoir commis son acte, il a transporté le corps de la femme de 52 ans dans le coffre de sa voiture et il s'est dirigé vers sa résidence de la rue Rimbaud, à Chicoutimi.

Jeudi soir, près de 24 heures après le drame, la fille de Mme Fortin, inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles depuis plusieurs heures, a communiqué avec les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) pour signaler sa disparition.

De fil en aiguille, obtenant des informations importantes, les agents ont pu se retrouver sur la rue Rimbaud. Ils y ont interrogé l'occupant, Luc Hamel, et ils ont demandé l'aide des enquêteurs. Ceux-ci ont fouillé les lieux. C'est en ouvrant le coffre de la voiture qu'ils ont retrouvé le corps sans vie de Mme Fortin.

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Des connaissances de Luc Hamel se sont rendues au Palais de justice de Chicoutimi. Un homme a confirmé le connaître, mais n'a pas voulu commenter cette macabre histoire.

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Sans emploi

Luc Hamel, sans antécédent judiciaire, n'avait plus de travail depuis un certain temps. 

Après avoir écoulé ses prestations d'assurance-emploi, il s'apprêtait à faire sa demande pour recevoir l'aide de dernier recours, soit l'aide sociale, a-t-on pu apprendre.

Professeur de Tai-chi, Hamel a passé la fin de semaine à la prison provinciale de Roberval. Il est arrivé lundi matin dans le fourgon cellulaire en compagnie de quelques autres détenus.

Après sa très brève comparution, l'individu est retourné au centre de détention de Roberval en attente des prochaines procédures. Le dossier risque de demander du temps aux parties impliquées. 

S'il est reconnu coupable ou plaide coupable à une accusation de meurtre au premier degré, Hamel sera condamné à la prison à vie sans possibilité d'une libération conditionnelle avant 25 ans.

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Me Pierre Gagnon

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« Mon client me paraît très lucide »

Le criminaliste Pierre Gagnon attend d'avoir toute la preuve recueillie contre Luc Hamel avant de se prononcer sur les procédures à venir. Même si les choses ne sont pas très faciles, il croit que son client comprend très bien ce qui se passe.

«Dans les circonstances, ce n'est jamais facile de se retrouver dans cette situation. Malgré tout, mon client me paraît très lucide», a mentionné Me Gagnon.

Ce dernier ne peut s'avancer sur le fil des événements qui se sont produits dans la soirée du mercredi 16 mars au domicile de la victime, sur la rue de La Prairie, à Jonquière.

«Je n'ai pas beaucoup de détails à fournir pour l'instant. C'est dans la salle d'audience que le procureur (Me Jean-Sébastien Lebel) m'a remis une partie de la divulgation de la preuve, car l'enquête doit se poursuivre. Des expertises techniques doivent aussi se compléter au cours des prochains jours. C'est vraiment fragmentaire. Je ne peux donc vous dire ce qui s'est vraiment produit», ajoute Me Gagnon, qui ne s'attend pas à ce que de nouvelles accusations soient déposées contre son client.

Me Gagnon s'attend donc à recevoir la balance de la preuve lors de la prochaine comparution le 30 mars.

Ces informations pourront permettre à la défense d'arrêter une position pour la suite des choses.

«Il sera possible de déterminer si une enquête de remise en liberté sera demandée dans les prochaines semaines et quelle sera l'orientation éventuelle de la défense», dit-il.

Quant aux procédures officielles (outre celles du 30 mars), elles se dérouleront normalement devant un juge de la Cour supérieure du Québec. 

Prémédité et dépressif

Au cours des prochains mois, le débat pourrait se faire autour de la notion du meurtre prémédité et sur le fait que l'accusé pouvait souffrir de dépression, une information qui n'a pu être confirmée.

L'accusation de meurtre au premier degré doit signifier qu'il y a eu préméditation du geste. Selon des informations recueillies, il ne suffit pas qu'une personne se rende au domicile de la victime pour parler de préméditation. 

Il faut un minimum de planification, explique-t-on dans le milieu judiciaire. 

Par contre, s'il est démontré que l'accusé a séquestré sa victime et que celle-ci a été assassinée de façon concomitante (à peu près en même temps), cela entraîne automatiquement une accusation de meurtre au premier degré. 

Quant au fait que Hamel souffrait d'une dépression, cela ne veut pas dire qu'il pourrait se servir de l'article 16 du Code criminel canadien et invoquer les troubles mentaux, comme lors du premier verdict du procès de Guy Turcotte. Des expertises en ce sens devront être effectuées pour véritablement démontrer que l'accusé souffrait d'une problématique particulière au moment du crime.

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