Un accusé a eu peur de la Bible

Même si les églises ne cessent de se vider, la Bible a encore un poids... (Photo 123RF)

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Même si les églises ne cessent de se vider, la Bible a encore un poids important en 2016.

Lundi matin, un individu s'est présenté devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, pour demander un nouveau délai pour la réalisation de ses 50 heures de travaux communautaires, écopées l'automne dernier.

Lorsque le magistrat lui a demandé combien d'heures il avait effectuées jusqu'à maintenant, la réponse a été rapide. Quinze heures. Il dit avoir besoin d'un délai, car son employeur aura besoin de lui plus rapidement que d'habitude et il ne pourra remplir son obligation avant la date prévue en mars. 

Immédiatement, le juge s'est tourné vers Me Nicole Ouellet, de la Couronne, pour connaître son point de vue.

«En premier lieu, j'ai vérifié vendredi au service de probation et on m'a dit que monsieur n'avait fait aucune heure de travaux communautaires jusqu'à présent», a indiqué Me Ouellet.

«Oui les 15 heures, je les ai faites en fin de semaine à la Soupe populaire. C'est possiblement pour ça que ce n'est pas comptabilisé», a rétorqué l'individu.

Flairant sans aucun doute une problématique, le juge Boudreault a demandé à assermenter l'accusé. 

Celui-ci a donc juré sur la Bible de dire la vérité, toute la vérité et juste la vérité.

La même question est revenue. «Combien d'heures avez-vous faites?» C'est là que la réponse a été modifiée.

«Aucune», a répondu l'homme.

Le juge a tenté d'en savoir davantage. 

«Il est assez rare de voir un accusé changer sa version en jugeant sur la Bible une fois qu'il a été assermenté. Vous avez donc fait preuve d'une petite transparence», a lancé le juge Boudreault, en demandant à l'accusé de le convaincre de lui accorder un délai supplémentaire.

L'individu lui a mentionné que son travail était très important pour lui et qu'il lui permettait de se tenir loin du milieu criminalisé. Il a aussi expliqué avoir pris les choses à la légère depuis sa condamnation, car il n'avait pas vraiment le goût de faire les travaux communautaires durant cette période.

«Là j'étais décidé à les faire, mais mon employeur vient de me demander de reprendre plus rapidement le travail. C'est pour ça que j'aurais besoin d'un nouveau délai», a-t-il dit.

Me Ouellet ne s'est pas opposée à un délai supplémentaire, mais elle veut s'assurer que les travaux communautaires seront réalisés.

«Si jamais ce n'est pas fait dans les délais, je vais voir moi-même à être présente au tribunal pour le dossier», a mentionné Me Ouellet.

Le juge Boudreault a finalement accordé un délai jusqu'au 23 juin pour la réalisation des 50 heures. Au-delà de cette date, l'individu s'exposera à une possible peine d'emprisonnement.

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