Un procès devant jury pour Mourez-Bilodeau

Dans la nuit du 1er juillet 2015, le... (Archives Le Quotidien, Laura Lévesque)

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Dans la nuit du 1er juillet 2015, le trio a terrorisé un couple de personnes âgées vivant dans une maison du rang Saint-Joseph, à Notre-Dame-de-Lorette.

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Tommy Mourez-Bilodeau subira son procès devant un jury pour l'invasion de domicile commise à Notre-Dame-de-Lorette le 1er juillet 2015. Le témoignage incriminant de l'un de ses complices, David Gignac, aura joué contre lui, jeudi, au Palais de justice de Roberval.

À la conclusion de l'enquête préliminaire, le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a jugé que les éléments de preuve étaient suffisants pour faire passer le dossier à une autre étape. 

La fête du Canada n'était vieille que de 45 minutes lorsque Mourez-Bilodeau, Gignac et Jérémy Doré se sont pointés à la résidence d'un couple âgé dans la petite localité du nord du Lac-Saint-Jean. 

Armé d'un fusil de calibre .410, chargé et fonctionnel, d'un bâton de baseball et d'une hache, le trio voulait voler de l'argent. Des informations laissaient croire que le couple possédait un coffre-fort rempli d'argent, mais les trois cambrioleurs sont finalement repartis avec la faramineuse somme de... 600 $, qu'ils ont partagée entre eux. 

Si Gignac a plaidé coupable mercredi et que Doré doit le faire sous peu, Mourez-Bilodeau semblait nier son implication dans ce crime qualifié d'odieux, l'un des pires commis ces dernières années, aux dires du juge Michel Boudreault.

Après un résumé des faits de l'enquêteur Jean-Marc Fortin de la Sûreté du Québec, la Couronne, menée par Me Julie Villeneuve, a fait entendre Patrice Gervais-Belley. Lors d'interrogatoires avec les policiers, Gervais-Belley semblait être au courant du cambriolage. Mais au tribunal, il a eu des trous de mémoire, ne se souvenant plus de rien étant donné qu'il était intoxiqué par la drogue. 

Il n'a pas idée pourquoi son arme à feu, qui a servi au braquage, s'est retrouvée dans les mains de ses amis. 

Mourez-Bilodeau esquissait des sourires jusqu'au moment où le juge lui a demandé de cesser.

Mais ce sourire, il l'a perdu en entendant le témoignage de David Gignac. Celui-ci l'a placé sur les lieux du crime.  

« J'ai été mis au courant du plan quelques jours auparavant. On devait faire une passe d'argent. Ce soir-là, Doré et Mourez-Bilodeau sont passés me chercher chez moi. On devait faire le coup dans une maison où il ne devait y avoir personne. Mais en arrivant, on a vu le bonhomme assis à la table de la cuisine. J'ai trouvé ça louche », a admis Gignac.

« J'ai fracassé la fenêtre de la porte avec la hache. Doré a ouvert la porte et nous sommes entrés. Nous avons menacé le bonhomme et demandé où était l'argent. Doré lui a pointé le fusil au visage à trois ou quatre reprises et Mourez-Bilodeau l'a frappé avec son pied. Doré est allé chercher la femme à l'étage et l'a fait descendre. Ils m'ont demandé de les attacher dans une chambre et de casser les jambes de l'homme. Je n'ai pas voulu. Je leur ai fait un clin d'oeil pour dire que je ne leur ferais pas de mal. Ils ne méritaient pas ça », a ajouté David Gignac, qui doit recevoir sa sentence vendredi (il risque un minimum de quatre ans).

Immédiatement après avoir trouvé un maigre 600 $, le trio est reparti. Ils ont volé les deux véhicules des victimes. Ils ont abandonné le camion, en laissant le fusil à l'intérieur, ce qui a permis de découvrir l'invasion de domicile.

Mourez-Bilodeau fait face à des accusations de séquestration, d'introduction par effraction, d'avoir utilisé une arme à feu, de menaces de mort et de voies de fait notamment.

Son avocat est peu surpris

« Je ne suis pas surpris de voir que mon client a été cité à procès. Du moins, pas à la suite du témoignage de M. Gignac. Étant donné que tout ce qu'il lui faut (au juge), c'est une preuve qui pourrait servir à le faire condamner, il l'a cité à procès. »

Me Louis Belliard, l'avocat de Tommy Mourez-Bilodeau, a d'ailleurs rapidement annoncé au magistrat que son client désirait obtenir un procès devant un juge de la Cour supérieure du Québec et 12 jurés. Le dossier sera soumis au terme des assises criminelles, le 15 avril, afin de fixer une date pour la tenue du procès.

« Mon client a choisi de le faire devant juge et jury. Si l'on prend un juge seul, en Cour du Québec, un procès qui pourrait durer une ou deux journées pourrait s'étendre sur trois, quatre ou cinq journées et sur une période de quelques semaines en raison de l'encombrement des rôles. »

« Devant un juge et un jury, on sait que le procès va commencer et se terminer avec notre dossier », indique Me Belliard.

Ce dernier ne craint pas que son client soit désavantagé devant un juge et un jury plutôt que devant un juge seul, étant donné que la nature du crime n'est pas des plus sympathiques aux yeux du public.

« Un juge peut évaluer le côté sympathique ou non d'un crime. L'avantage du jury, ça donne une moyenne de 'monsieur tout le monde' de la manière qu'ils vivent. Ils peuvent évaluer si un comportement semble normal ou non. Est-ce que ça m'indique quelque chose ou pas? Ce sont 12 personnes d'une expérience variée et avec différentes formations pour évaluer si l'accusé et les témoins sont sincères ou s'ils mentent», résume Me Belliard.

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