Carolann Coll mérite-t-elle la peine minimale de cinq ans?

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Carolann Coll a accouché en juillet dernier alors qu'elle avait été libérée le temps de la poursuite des procédures. Après la naissance, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) lui a retiré la garde de son enfant, car on a considéré qu'elle n'était pas en mesure de s'en occuper convenablement.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Est-ce que Carolann Coll pourrait obtenir une sentence inférieure à celle minimale qu'impose un vol qualifié avec une arme prohibée?

Son avocat Louis Belliard considère que cette peine serait abusive vu le degré d'implication de la femme de 19 ans dans la perpétration de trois vols qualifiés; un dans un bar de Trois-Rivières, l'autre dans un dépanneur de Sept-Îles et finalement un dans une banque à Dolbeau-Mistassini.

Hier se tenaient au Palais de justice de Roberval les représentations sur la peine. Il a été possible de connaître les détails entourant cette virée endiablée qui a commencé le 24 décembre à Québec et s'est terminée le 9 janvier à Mistassini avec l'interception du trio de braqueurs. La procureure de la Couronne Claudine Roy a voulu faire avouer à Coralann Coll qu'elle savait dans quels genres de crime elle s'était embarquée. «Pourquoi ne jamais poser de gestes pour tenter d'empêcher les autres de commettre des crimes graves passibles d'une peine minimale de cinq ans?», a-t-elle questionné. «Je n'ai pas parlé parce que je l'aimais», a répondu Coll.

Effectivement, la jeune femme était amoureuse de Bernatchez, un des accusés dans cette affaire. Elle l'a rencontré à sa sortie de prison en novembre 2014. Elle venait alors d'apprendre qu'elle était enceinte de son chum précédent. Elle a accouché en juillet dernier alors qu'elle avait été libérée le temps de la poursuite des procédures. Après la naissance, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) lui a retiré la garde de son enfant, car on a considéré qu'elle n'était pas en mesure de s'en occuper convenablement.

Histoire rocambolesque

Après avoir pensé faire un vol à la Caisse populaire du secteur Mistassini, Dany Bernatchez, Mattieu Cormier et Carolann Coll ont décidé de braquer la Banque nationale située tout près. Tandis que Carolann Coll attendait dans la voiture, les deux hommes, cagoulés, ont menacé la caissière à la pointe d'un .12 tronçonnés. «Je pensais mourir», a témoigné la caissière aux policiers. Une employée a réussi à déclencher l'alarme. Les deux jeunes bandits sont partis avec une somme d'environ 1300$.

Craignant de se faire prendre, ils ont camouflé les billets dans la petite culotte de la jeune femme. Sachant que le poste de police était dans le secteur Dolbeau, les fuyards ont bifurqué vers Saint-Eugène. Au bout d'un rang, ils ont jeté l'arme, une boîte de munitions et deux cartouches, le sac à dos et les cagoules. Ils ont été interceptés quelques minutes plus tard dans un barrage à quelques pas du poste de police.

Le soir précédent, arrivant de la Côte-Nord, le trio avait couché dans l'auto sur le stationnement du Montagnais à Chicoutimi. Mattieu Cormier a fait un vol d'argent dans une voiture pour qu'ils puissent manger et mettre de l'essence.

Ce crime était l'apothéose d'une longue virée qui a débuté le 24 décembre 2014 à Québec. Le trio voulait mettre la main sur 30 000$ et de la cocaïne dans un logement à Québec. Or, Cormier s'est trompé de porte et a été reçu par un gars avec un bâton de baseball. Le trio est retourné à Sept-Îles pour chercher le .12 tronçonné afin de réussir leur gros coup. «Vous saviez qu'être en possession d'une arme prohibée était interdite et vous n'avez rien fait», a questionné la procureure. Bernatchez a décidé d'aller chercher à sa sortie de la prison d'Orsainville, Chistopher Marié, pour qu'il se joigne à eux. Le quatuor a opté, le 1er janvier, de se déplacer à Trois-Rivières. Bernatchez aurait décidé de se rendre au bar l'Alibi et faire un vol. «Je les ai entendus dans la voiture en parler.»

Le lendemain, de retour à Québec, on tente le gros coup dans un appartement de trafiquants. La situation a mal tourné. Des coups de feu ont été tirés. Carolann n'a pas été impliquée directement, car elle est restée à l'hôtel. Déçu de la manière de «travailler» de Mattieu Cormier, Bernatchez le tabasse et le pousse dans la valise de la voiture et roule un bon bout de temps pour le terroriser.

Après quelques jours, comme ils n'ont plus d'argent, Bernachez oblige Cormier à commettre un vol qualifié dans un dépanneur. Coll conduit la voiture. C'est le lendemain que le trio décide de s'enfuir en direction de la région où s'arrêtera cette folle série de délits.

Le 26 juillet prochain, la Couronne et la défense feront leurs observations sur la peine. Louis Belliard veut démontrer que comme sa cliente n'a pas commis les vols elle ne mérite pas une peine minimale de 5 ans.

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Louis Belliard est arrivé en retard de deux heures.

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Me Louis Belliard rappelé à l'ordre

L'avocat Louis Belliard a été réprimandé par le juge Pierre Lortie pour s'être présenté deux heures en retard au tribunal, hier matin.

L'avocat était attendu à 9 h 30 pour les observations sur la peine de Carolann Coll, qui a avoué sa culpabilité dans le braquage d'une banque à Dolbeau-Mistassini et d'autres vols qualifiés ailleurs à Québec.

«C'est très regrettable ce retard. Ça fait des semaines, voire des mois que cette date importante a été retenue. Ce n'était donc pas une surprise pour vous. Quand on s'est rencontré la semaine dernière au Palais de justice de Chicoutimi, je vous ai demandé si votre plan stratégique était prêt pour me le déposer. Je l'ai entendu et je m'attendais à ce que vous soyez prêt ce matin», a-t-il mentionné à l'avocat tout en gardant son calme.

Hier matin, à 9 h 30, quand Pierre Lortie et les procureurs de la Couronne ont appris que Louis Belliard n'était pas encore parti de Chicoutimi, on a senti un très grand mécontentement. On se doutait qu'on manquerait de temps pour compléter les représentations.

Louis Belliard a justifié son retard par des documents à terminer de rédiger afin d'être fin prêt pour les procédures.

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