Litvak est criminellement responsable

David Litvak a été reconnu coupable de voies... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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David Litvak a été reconnu coupable de voies de fait simples sur le célébrant d'une cérémonie religieuse en juin dernier à Chicoutimi.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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David Litvak, celui qui a interrompu une cérémonie religieuse en juin dernier à Chicoutimi, est criminellement responsable de ses actes. Il ne voulait pas être étiqueté comme souffrant de troubles mentaux et a préféré passer huit mois en prison pour le prouver.

À la suite de la décision du juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, l'individu de 41 ans a été reconnu coupable d'avoir gêné un membre du clergé dans la célébration du service divin, d'avoir volontairement troublé une assemblée de personnes réunies pour des offices religieux, de voies de fait simples sur le célébrant et d'entrave au travail des policiers le 28 juin 2015. 

En plus du temps fait depuis sa comparution au lendemain de ses gestes, sa peine sera de passer une dernière journée en prison. Il sera soumis à une probation de deux ans et à un suivi de 12 mois. Il ne peut être en contact avec le célébrant et pourra retourner dans un lieu de culte que s'il en a la permission des responsables.

À la suite des événements de la cathédrale de Chicoutimi, Me Sébastien Vallée, de la Couronne, a soutenu que l'accusé était atteint de troubles mentaux de nature à ne pas engager sa responsabilité. Me Vallée a fourni une expertise du docteur Laurent Coulloudon afin de confirmer sa vision des choses.

Mais Litvak n'a pas vu les choses du même oeil. Il a nié être atteint de troubles mentaux. Il s'est déclaré criminellement responsable et en a obtenu la confirmation avec la contre-expertise du docteur Pierre Gagné.

Dans sa décision de sept pages, le juge Lortie relève que l'accusé s'exprime de façon polie, calme et cohérente. 

«Le fait qu'il ait une haute opinion de lui-même et qu'il tienne des propos étonnants ne permet pas de conclure à une perte de volonté», écrit le magistrat.

Le tribunal mentionne que la preuve démontre que l'accusé était conscient au moment des faits.

«En toute connaissance de cause, il veut lancer un message à la société et exprimer une critique à l'encontre de l'Église. Il répond aux questions des policiers, demande à parler à un avocat et s'informe de l'état du prêtre. Et les gestes posés à l'église et les réponses inusitées données aux policiers peuvent à un certain degré être reliés à la consommation d'alcool», ajoute le juge.

Sur les expertises médicales, le magistrat indique que celle du docteur Gagné tient compte du caractère excentrique de l'accusé, mais que cela ne l'empêche pas d'apprécier la nature et la qualité de ce qu'il faisait. Sur les propos du docteur Coulloudon, il note que l'expertise est fouillée et structurée. Par contre, le courant a mal passé entre eux et l'accusé a vu les rencontres à la fois comme un jeu et une confrontation.

Mais les deux médecins ont souligné l'intelligence et la culture supérieures de Litvak. 

«Ces atouts, combinés à l'excentricité, au narcissisme et à la marginalité, ont pu fausser les données recueillies», a mentionné le juge avant de conclure à la culpabilité de David Litvak.

«Personne ne va vous reprocher de vous exprimer, mais tout réside dans la façon de le faire et sur le fait de respecter la liberté des autres», a ajouté ensuite le juge Pierre Lortie à l'endroit de l'accusé.

De son côté, Me Louis Belliard, qui défendait la cause de Litvak, a indiqué que son client ne se préoccupait pas des huit mois de détention.

«Pour M. Litvak, ce n'est pas le temps qui comptait. C'est bien plus sa réputation sur sa santé mentale qui comptait pour lui», a indiqué Me Belliard.

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