Beau-père agresseur: au moins une plainte à la DPJ

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La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a reçu au moins un signalement de maltraitance, il y a une dizaine d'années, en provenance de l'école que l'un des enfants du couple « illégitime », qui fait les manchettes au Saguenay-Lac-Saint-Jean et au Québec, fréquentait. L'auteur de l'observation a même évoqué le recours occasionnel à une cage pour contenir l'enfant.

L'onde de choc provoqué par cet homme, qui a fait cinq enfants à la fille de sa conjointe de fait, a continué à déferler, mercredi, et des langues se sont déliées, notamment dans le milieu de l'éducation et dans la famille immédiate de celui qui a reconnu sa culpabilité à divers crimes d'agressions et d'attouchements sexuels et de voies de fait, lundi, au Palais de justice de Chicoutimi.

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La présidente et directrice générale du CIUSSS, Martine Couture

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La présidente et directrice générale du Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS), Martine Couture, a confirmé qu'une révision se fait à l'interne. Elle refuse de blâmer la DPJ, affirmant que le travail a été réalisé de façon professionnelle.

« On ne peut, à ce stade-ci, présumer d'une déficience au niveau des interventions. La DPJ a été claire dans ses propos. Le travail a été fait », a commenté Mme Couture, lors de son passage au Cercle de presse du Saguenay, où elle était invitée pour faire le point sur les changements dans le réseau de la santé.

Selon une source du milieu de l'enseignement, les intervenants directs auprès de l'enfant en question ont formulé des inquiétudes à la direction de l'école sur son développement ainsi que sur de possibles mauvais traitements physiques, laquelle a remis les informations à la Direction de la protection de la jeunesse et à la Sécurité publique de Saguenay. Ces faits remontent à plus de 10 ans.

Plainte portée

Un individu, qui s'est identifié et qui a expliqué les liens qu'il a entretenus avec le couple, c'est-à-dire l'homme et sa conjointe de fait, se souvient de conversations au cours desquelles la dame a parlé d'un scénario où sa fille pourrait porter l'enfant de son conjoint. À partir de là, a précisé l'interlocuteur, « nous avons coupé les liens avec eux ». Il affirme avoir porté plainte aux autorités après la naissance du premier enfant il y a une vingtaine d'années.

Pour cet ancien membre de l'entourage du couple, il ne fait aucun doute que la mère comprenait bien la situation. Il a aussi soutenu que le père a sévi dans sa propre famille durant sa jeunesse.

Depuis lundi, plusieurs personnes et intervenants régionaux s'interrogent et démontrent une certaine inquiétude face à cette sordide histoire. Les gens ne comprennent pas que l'homme ait pu faire cinq enfants à sa belle-fille sous les yeux de sa mère. Et surtout que personne n'a tenu compte de cette anomalie et n'a réagi plus rapidement.

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Hélène Aubin, du service des communications à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay

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Procédure précise

Questionnée sur la façon de procéder dans les cas de maltraitance, Hélène Aubin, du service des communications à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, confirme qu'une procédure existe dans toutes les organisations scolaires. Elle ne peut confirmer ou infirmer si cette sordide histoire s'est déroulée dans l'une des écoles de son organisation.

« Il existe une politique de dénonciation ou de signalement. Il est obligatoire de faire savoir si un enfant subit des sévices. Dès qu'un membre de notre personnel s'aperçoit qu'un enfant semble maltraité, mal nourri ou encore qu'il subisse des traitements inappropriés, il se doit de faire un signalement à la direction. Cette information est ensuite envoyée à la DPJ ou au service de police. Mais une fois que cela est fait, ce n'est pas à la commission scolaire de retirer un enfant de son milieu familial », explique Hélène Aubin.

Confidentialité

Du côté du CIUSSS, le porte-parole Marc-Antoine Tremblay mentionne: « Tout ce que je peux dire, c'est qu'à l'intérieur du réseau de la santé et des services sociaux, nous sommes toujours en mode amélioration continue. Nous nous demandons chaque jour si ce que nous faisons est fait correctement et s'il y a possibilité de s'améliorer. Et ça, nous le faisons pour tous les dossiers qui sont soumis et non pas uniquement lorsque nous avons une affaire plus particulière. »

Même réponse au ministère de la Protection de la jeunesse. La ministre Lucie Charlebois ne fera pas de commentaires afin de préserver la confidentialité des enfants.

Un dossier clos pour la police de Saguenay

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Bruno Cormier, porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay

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Le service des enquêtes de la Sécurité publique de Saguenay n'entend pas rouvrir, pour le moment, le dossier du beau-père agresseur de Saguenay. Tout a été fait et soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et la décision de déposer ou non des accusations lui appartient.

Interrogé par Le Quotidien sur la possibilité que des éléments soient soumis pour éventuellement accuser la conjointe de l'homme d'une soixantaine d'années, Bruno Cormier, porte-parole de la SPS, confirme que le dossier est clos.

« De notre côté, l'enquête a été menée et complétée. Les éléments de preuve que nos enquêteurs avaient ont été soumis au DPCP et c'est à eux de décider si des accusations sont portées et contre qui », mentionne M. Cormier.

Il faut savoir que le public en général s'interroge sérieusement sur le fait que la conjointe de cet individu, qui a fait cinq enfants à sa belle-fille, n'ait pas été accusée de quoi que ce soit.

Relation à trois

Il a été mentionné au tribunal, devant le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, que cette femme avait pourtant participé à une relation sexuelle à trois personnes, incluant son conjoint (l'agresseur) et sa propre fille.

« Je le répète. De notre côté, le dossier est clos. Toute la preuve a été remise », a ajouté M. Cormier.

Selon les informations obtenues, même si le dossier a été fermé, rien n'empêcherait le DPCP de déposer des accusations contre la conjointe de l'agresseur, même si ce dernier a plaidé coupable à des accusations d'agressions sexuelles, de voies de fait et d'attouchements sexuels. Un rapport présentenciel devrait être remis le 1er juin. Les parties plaideront alors la sentence que l'individu devrait recevoir pour ses actes.

Trio séparé

S'il est impossible de savoir à quel moment les cinq enfants ont été retirés de cette famille, une chose a été confirmée, c'est que l'agresseur a continué de vivre avec sa conjointe et sa belle-fille (la mère des enfants) jusqu'en 2013.

La maman a été sortie de ce milieu après que son fils ait déposé une plainte pour maltraitance de la part du père.

L'agresseur et sa conjointe continuent de partager leur appartement.

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