Valérie Duchesne plaide coupable

Valérie Duchesne... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Valérie Duchesne

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Valérie Duchesne a plaidé coupable à une accusation réduite de voies de fait graves sur son ex-belle-mère, Lyne Tremblay. Elle avait d'abord été accusée de tentative de meurtre après des événements survenus le 3 mars 2015, au 21 Price, à Chicoutimi.

Mercredi matin, le juge Paul Guimond devait entendre l'enquête préliminaire sur l'accusation principale contre Valérie Duchesne, mais la dame de 41 ans a plutôt coupé court au processus judiciaire en reconnaissant les faits. Me Justine Guay-Langevin (défense) et Me Sébastien Vallée (Couronne) ont demandé à remettre le dossier au 15 avril pour les représentations sur sentence.

Duchesne a reconnu sa culpabilité à des voies de fait graves, soit d'avoir voulu blesser, mutiler, défigurer ou d'avoir mis en danger la vie de la victime. Elle a aussi plaidé coupable à une possession de deux comprimés de méthamphétamines et d'avoir brisé un engagement lors de sa thérapie.

Lors des événements, Valérie Duchesne accompagnait un ami qui devait rendre visite à l'une de ses connaissances. L'accusée devait demeurer dans la voiture, mais vers 00h30, elle a décidé d'entrer dans l'immeuble. La quadragénaire s'est promenée sur les étages et a aperçu Lyne Tremblay, celle qu'elle considère comme son ennemie, car elle avait poignardé son père quelques mois auparavant. Elle est redescendue parler à son ami, a pris une machette et est remontée à la chambre de Lyne Tremblay.

L'accusée a voulu lui faire savoir sa façon de penser et la victime a tenté de lui asséner un coup de poing. Duchesne a répliqué en portant des coups avec l'arme tranchante, occasionnant des lacérations au cou et à l'avant-bras et une perforation du poumon.

Un occupant de l'immeuble de chambres a entendu du bruit. Il a ouvert la porte de sa chambre et a vu sa voisine se faire attaquer. Il n'a pas voulu s'en mêler, mais a communiqué avec les policiers.

L'intervention des patrouilleurs a permis de sauver la vie de Lyne Tremblay, qui baignait dans son sang sur le plancher du corridor. Elle était à peine consciente. Conduite à l'hôpital, elle a subi plusieurs opérations et a été placée dans le coma.

Quant à Valérie Duchesne, elle a quitté les lieux du drame. Vers 6h45, elle s'est rendue à une station de radio pour donner une entrevue à l'animateur. Mais celui-ci avait pris soin de communiquer avec les policiers. Ils n'ont eu qu'à arrêter l'accusée à sa sortie d'une voiture de taxi, en face de la station située sur la rue Racine.

«C'est niaiseux, mais j'ai dû prendre quelques bières avant d'appeler à la radio. Je ne regrette rien de ce que j'ai fait. Lyne Tremblay m'a sauté à la gorge et à partir de là, je n'étais comme plus là. Mais je ne regrette pas», a-t-elle avoué.

Son avocate, Me Guay-Langevin, n'a pas voulu excuser les gestes de sa cliente, mais a précisé au juge qu'il y avait un contexte derrière cette attaque, faisant référence au fait que Tremblay avait poignardé son père quelques mois auparavant.

«Il y avait une animosité entre les deux femmes», a-t-elle précisé.

La défense demande un nouveau rapport

Même si Lyne Tremblay a subi des blessures importantes lors de l'attaque à la machette de Valérie Duchesne, l'avocate en défense, Me Justine Guay-Langevin, veut en savoir davantage sur son état de santé actuel.

Devant le juge Guimond, la criminaliste a demandé officiellement un nouveau rapport sur l'état de santé de la victime.

«Mme Tremblay doit aller mieux, car elle est revenue devant le tribunal depuis ces événements pour répondre de diverses accusations», a soutenu Me Guay-Langevin.

En fait, Lyne Tremblay a été accusée en juin 2015, quelques mois après l'attaque du 21 Price, de menaces envers un locataire de l'édifice et de deux bris d'engagement.

Son homologue de la Couronne, Me Sébastien Vallée, laisse voir qu'il faut être prudent sur l'exercice de vouloir culpabiliser la victime dans cette affaire.

«Il s'agit d'une autre situation (accusations de juin). Mme Tremblay a des difficultés et elle doit vivre avec. Mais dans cette histoire, elle demeure la victime d'un crime grave et c'est l'accusée qui devra répondre des conséquences de ses gestes», a répliqué Me Vallée.

Culpabilité

Interrogée sur le fait que sa cliente ait décidé de plaider coupable, Me Guay-Langevin ne cache pas que Valérie Duchesne avait fait quelques déclarations incriminantes à la suite des événements.

«Dès le départ, madame a fait des déclarations à la radio et aux policiers. Elle admettait certains faits, mais qui n'étaient pas conformes à l'accusation déposée.»

«Ainsi, en raison de la preuve au dossier, ma cliente a reconnu sa culpabilité à des voies de fait graves. Ça joue sur la sentence, car la tentative de meurtre est passible de l'emprisonnement à perpétuité, alors que les voies de faits graves sont passibles de 14 ans», note Me Guay-Langevin.

Cette dernière a demandé au juge Paul Guimond de recommander que l'accusée soit détenue à la prison de Québec plutôt qu'à celle de Tanguay, afin de faciliter la préparation des prochaines étapes du processus judiciaire.

Le juge l'a noté, mais a précisé qu'il n'avait aucun pouvoir sur cet aspect.

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