L'épouse de Jacques Fortin témoigne

Jacques Fortin et son avocat Me Pierre Mazurette... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Jacques Fortin et son avocat Me Pierre Mazurette

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Hélène Girard, l'épouse du conseiller municipal de Saguenay Jacques Fortin, a décidé de rétrocéder à la Ville le terrain du boulevard Renaud, qu'elle avait acheté le 6 septembre 2006, afin d'éviter des frais juridiques de 45 000$ à 50 000$ qu'elle aurait dû défrayer dans l'actuel procès en inhabileté à siéger que subit actuellement son époux.

Il s'agit là de l'un des éléments qui sont ressortis à la première journée d'audience tenue lundi devant le juge Bernard Godbout à la suite de la requête en inhabileté déposée en 2012 en vertu de la Loi sur les élections et référendums (LER) par les citoyens Louis-Philippe Thibault et Daniel Bindley.

Premier témoin à la barre, Mme Girard a expliqué qu'elle et son conjoint ont commencé à s'intéresser au terrain longeant le boulevard Renaud à compter de 2001, moment où un ami leur a fait connaître les lieux. Estimant à l'époque qu'il avait des enfants en trop bas âge pour construire une maison familiale sur les rives du Saguenay, le couple a décidé de reporter la décision d'acquérir le terrain. 

Démarches

En avril 2006, à la suite de visites effectuées sur place, Mme Girard entreprend des démarches auprès du fonctionnaire Lucien Turcotte pour l'acquérir tout en s'engageant à défrayer les coûts pour l'amendement au zonage.

Durant un long interrogatoire, Mme Girard a fondu en larmes lorsqu'elle a expliqué qu'après l'acquisition et la publication dans les médias de la transaction, elle et son époux ont dû faire face à du harcèlement à la suite de la signature d'une pétition à l'été 2007 et les mois suivants. Des actes de vandalisme ont été commis, a témoigné la témoin, puisque cinq poteaux électriques ont été sectionnés à la scie mécanique. 

«On était vus comme des gens qui ont fraudé. Ç'a été difficile. Ça n'a pas lâché depuis. On ne voulait pas le vendre parce qu'on se disait qu'on n'avait rien fait de mal», a témoigné Mme Girard. Les tensions créées dans le couple ont mené à une séparation pendant une année en 2014.

Frais juridiques

Ce n'est qu'en janvier, après avoir consulté Me Claude Gaudreault, qui l'a informée que l'actuel procès pourrait entraîner des frais juridiques variant entre 45 000 et 50 000$, que Mme Girard s'est résolue à rétrocéder le terrain.

Le procès débuté lundi se déroule à un rythme plutôt lent. Dès les premiers moments de l'interrogatoire, les demandeurs Thibault et Bindley, qui se représentent eux-mêmes, ont fait face à de nombreuses objections de la part de Me Pierre Mazurette. Celui-ci a déclaré devant la cour que plusieurs démarches entreprises par les citoyens étaient inutiles ou relevaient d'un «show boucane» et d'une chasse aux sorcières. Selon lui, le procès doit permettre de déterminer si, en vertu de l'article 304 de la LER, M. Fortin avait bénéficié ou non de conditions préférentielles pour l'achat du terrain. 

Le juge Godbout a invité plusieurs fois les demandeurs à faire une preuve en tapant sur un seul clou et d'aller à l'essentiel, selon l'expression utilisée, plutôt que d'étaler leurs démarches à tous les vents.

Le maire consulté

En après-midi, le témoignage de Jacques Fortin a permis d'apprendre que ce dernier a accompagné son épouse dans les démarches d'acquisition et de dézonage du terrain dans le cadre d'un projet de construction familial non sans avoir consulté au préalable le maire Jean Tremblay ainsi que le contentieux représenté par Pierre Brassard. M. Fortin est allé porter lui-même deux lettres signées par son épouse.

M. Fortin a révélé qu'à trois occasions pendant les réunions du conseil, il avait dénoncé son intérêt et abstenu de voter.

Le procès se poursuit aujourd'hui avec les témoignages attendus des fonctionnaires retraités Pierre Brassard et Luc Desbiens, ainsi que de citoyens qui ont déjà démontré de l'intérêt pour l'acquisition du terrain antérieurement à l'acquisition effectuée en 2006.

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