David Litvak refuse l'étiquette

David Litvak a tenté lundi de démontrer au... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

David Litvak a tenté lundi de démontrer au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, qu'il était sain d'esprit et qu'il savait ce qu'il faisait lorsqu'il s'est attaqué au célébrant Gaston Boulianne, le matin du 28 juin 2015.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

David Litvak préfère plaider coupable à une accusation de voies de fait ou d'avoir déranger un célébrant dans un office religieux que d'être étiquetté comme non criminellement responsables de ses actes.

L'homme de 38 ans a tenté de démontrer au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, qu'il était sain d'esprit et qu'il savait ce qu'il faisait lorsqu'il s'est attaqué au célébrant Gaston Boulianne, le matin du 28 juin 2015, lors de la messe dominicale célébrée à la Cathédrale de Chicoutimi.

Il est plutôt rare que le procureur de la Couronne demande au tribunal de déclarer un individu non criminellement responsable et que celui-ci s'y oppose. Habituellement, c'est plutôt le contraire qui se produit.

Me Sébastien Vallée, du ministère public, croit que Litvak souffre de troubles mentaux et qu'il devrait donc être confié au tribunal administratif du Québec afin que des médecins puissent se pencher sur son cas et évaluent son état mental.

Le matin du 28 juin, Litvak, qui réside à Chicoutimi depuis deux mois pour compléter ses écritures littéraires, passe à côté de l'église et décide d'y entrer. Il voit bien qu'une messe s'y déroule. Sans préméditer son geste, il s'avance vers l'autel et s'approche du célébrant en lui demandant une hostie. Le père Boulianne refuse étant donné qu'elles ne sont pas consacrées. Litvak attrape le célébrant et lui enlève son étole.

Immédiatement, des fidèles interviennent pour maîtriser le personnage et le collent sur un banc en attendant l'arrivée des policiers.

Et c'est à partir de là que le débat sur la responsabilité criminelle prend son envol. Il est au coeur du procès criminel.

Litvak s'oppose donc à être identifié comme une personne non responsable criminellement de ses actes. Il a fait déjà sept mois de prison pour démontrer qu'il est sain d'esprit.

Début de schizophrénie

Selon Me Vallée, le psychiatre Florient Couloudon, qui a examiné Litvak, estime qu'il doit recevoir des soins et prendre une médication afin de venir à bout de son début de schizophrénie et de troubles mentaux.

Le docteur Coulondon précise que Litvak était investi d'une mission religieuse sur terre et qu'il devait défaire la méthode classique de la célébration. Il indique que l'accusé voulait donner une leçon au célébrant sur le fait que le port de l'étole n'était pas justifié. Il le qualifie d'intelligent et cultivé, au mode de vie nomade.

En contrepartie, Me Belliard a exhibé quelques textes que Litvak a publiés sur l'Internet. Des articles sur les élections françaises, la situation politique au Mexique et diverses situations internationales pour démontrer qu'il a des opinions comme bien d'autres.

En interrogatoire, David Litvak a indiqué que le docteur Couloudon n'avait possiblement pas les connaissances pour juger de ses opinions religieuses (Litvak a étudié les sciences des religions) et a ridiculisé ses propos sur le fait qu'il était en mission sur terre.

« Je n'avais aucun but précis en entrant dans l'église. Comme je suis myope et que je n'avais pas mes verres de contact, je ne voyais pas bien ce qui se passait. Mais lorsque je suis arrivé à côté du célébrant, je lui ai enlevé son étole pour lui donner une leçon, sur le fait que ce n'est pas nécessaire de la porter, que c'est de la surconsommation et que l'Église ne remplit pas son rôle », a débité Litvak.

Le verdict sera rendu le 26 février.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer